Calendrier de travail
Les récoltes sont compromises. Les nuits alternent entre de violentes canonnades, des fusillades et des rafales de mitrailleuses, puis des périodes de calme relatif. Cette instabilité du front rythme désormais le quotidien des habitants, partagés entre l’espoir d’un répit et la crainte d’une nouvelle offensive. À Comines-France ont lieu les premières communions. Une quarantaine d’enfants se pressent à l’église pour recevoir le sacrement, offrant à la population un rare moment de recueillement et de normalité au milieu des épreuves de la guerre. Les autorités allemandes ordonnent également la réquisition des batteries de cuisine en cuivre. Comme tant d’autres métaux déjà…
Un drapeau allemand. Depuis hier soir, le drapeau allemand flotte à la Commandantur de Comines Belgique, sans que la population n’en connaisse la raison exacte. Parmi les nouvelles relayées par les journaux, l’attention se porte surtout sur la grande offensive russe qui bouleverse le front de l’Est. Depuis dimanche, les Cominois peuvent à nouveau se procurer Le Bien Public au prix de 15 centimes, une distraction bienvenue qui permet de rompre quelque peu la monotonie et l’angoisse du quotidien. Source gallica.bnf.fr / BnF Attaques allemandes au Wieltje et à Wijtschate, où des gaz de combat sont employés et dont les…
Interdit de messe Les habitants du Corentje sont venus à la messe, mais un manquement aux consignes leur vaut une sanction : ils seront privés d’office religieux pendant plusieurs dimanches. Au casino installé chez le père Dumortier, un grand banquet animé par la musique s’est prolongé hier soir jusqu’à 5 heures du matin. Les excès de la fête laissent un triste spectacle : plusieurs soldats, indisposés, ont vomi un peu partout, sur les nappes, dans le couloir et jusque dans la cave. À la brasserie, un « locataire » d’une nuit, installé dans la chambre du lieutenant après avoir participé…
Même les poissons rouges. Dans le jardin de la brasserie Dumortier, c’est un incessant va-et-vient de blessés. Ils sont partout : l’un marche péniblement en boitant, un autre porte le bras en écharpe, un troisième a la tête enveloppée de bandages, tandis que certains semblent indemnes. Leurs paillasses sont étendues sur les pelouses et il n’est plus possible de faire un pas sans croiser ces soldats installés dans tous les recoins du jardin. À la Commandantur, l’adjudant Sievert refuse même de fournir un écriteau pour protéger les cultures, affirmant qu’il ne peut empêcher les soldats de se servir. Chaque jour,…
Démonstration du Mark I. Vu le mauvais temps qui persiste sans interruption depuis le début du mois, les apparitions d’aéroplanes se font rares. Le canon tonne fréquemment durant la nuit, et cela depuis vingt mois, toujours dans les mêmes directions. La fusillade crépite également, même si certaines nuits se montrent un peu plus calmes. À Comines France, le conseil municipal se réunit pour entendre la lecture d’une lettre du commandant allemand proposant à la ville de s’entendre avec les localités voisines afin de réunir la somme exigée au titre de la contribution de guerre. À Comines Belgique, les sanctions se…
Un cabaret est fermé. Dix gendarmes supplémentaires sont arrivés à Comines. On pense qu’ils sont destinés à surveiller les récoltes, mais aussi à mieux encadrer les soldats. Les visites domiciliaires se multiplient également. Le cabaretier de « À l’Alliance » est sévèrement puni pour avoir servi de l’alcool à des militaires : il est condamné à une amende de 300 marks, son établissement est fermé et ses liqueurs sont réquisitionnées. On enterre ce matin l’un de ces malheureux prisonniers russes. Il s’est effondré sans connaissance alors qu’il travaillait à la voie ferrée. Transporté à son cantonnement, il y est décédé.…
Première communion. C’est aujourd’hui la Première Communion à Comines France, une célébration qui apporte, malgré les circonstances, un moment de recueillement et d’espérance à la population. Au Godshuis, les Allemands construisent un impressionnant pont sur la Lys, suffisamment élevé pour permettre le passage des bateaux qui remontent déjà jusque-là. Cet ouvrage témoigne de l’importance stratégique accordée aux voies de communication et de ravitaillement. Pont de Chemin de fer Godhuis – SHCWR Rue des Moulins, les prisons sont agrandies, signe supplémentaire du renforcement des mesures de contrôle et de répression dans les territoires occupés. Les vivres se font de plus en…
Vers Armentières. Le beau temps d’hier et d’avant-hier a favorisé une intense activité aérienne, avec de nombreux aéroplanes et plusieurs combats dans le ciel. Durant la nuit, le roulement du canon se fait particulièrement entendre du côté d’Armentières et de Messines. Aujourd’hui, le temps est lourd et oppressant. Vers 17 heures éclate un formidable orage accompagné de violentes bourrasques, bouleversant à nouveau les conditions météorologiques. À Comines France, une nouvelle ligne de chemin de fer à voie étroite, de type Decauville, est mise en service. Les locomotives, actionnées par des moteurs à combustion, présentent l’avantage de ne pas produire les…
Des déplacements difficiles. Il pleut de nouveau et les récoltes sont désormais compromises. Que faut-il souhaiter ? Davantage de soleil pour les cultures ou de la pluie pour préserver les réserves ? Dieu seul en est juge. L’alimentation reste une préoccupation constante. On parvient à obtenir un peu de viande au Mai-Cornet et, à la mairie, une boîte de viande conservée provenant d’Amérique. On trouve parfois de la morue, du fromage à 5,90 francs le kilogramme ou encore de la pâte de pommes. On annonce également une possible augmentation de la ration de pain. C’est une bonne nouvelle, même si…
Des avions lancent des fusées On se croirait revenu au mois de mars, tant le temps reste froid et capricieux, malgré quelques éclaircies. Vers 16 h 30, profitant d’une amélioration momentanée, plusieurs aéroplanes alliés apparaissent dans le ciel. L’artillerie antiaérienne ouvre immédiatement un feu nourri. Des éclats retombent à proximité de la population tandis que des gerbes de feu s’échappent dans les airs, formant un véritable feu d’artifice qui se transforme aussitôt en nuages blancs, laissant derrière eux de longues traînées jusqu’au sol. Le spectacle est aussi magnifique que saisissant. Déjà, certains se demandent s’il ne s’agit pas de signaux…
Trois ballons captifs Le canon tonne toujours avec force durant la nuit, souvent en un roulement continu. Après tant de mois de guerre, les habitants s’y sont habitués et parviennent malgré tout à trouver le sommeil. THE GERMAN ARMY ON THE WESTERN FRONT: 1916 (Q 45481) A General’s Headquarters at Zandvoorde. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205080349 Vers 20 h 30, de violents tirs antiaériens, partis de très près, attirent l’attention de la population. Les acclamations des soldats laissent rapidement penser qu’un avion ennemi vient d’être abattu. En réalité, ce sont les ballons d’observation allemands de Sainte-Marguerite puis de la…
La nuit en prison. Le temps était sombre hier soir lorsque les avions sont apparus dans le ciel. Trois ballons captifs auraient été abattus, frappés par des projectiles incendiaires lancés par les aéronefs fondant sur leurs cibles. Malgré le danger, de nombreuses personnes sont sorties dans les rues pour assister au spectacle, mais plusieurs ont été arrêtées et ont passé la nuit en prison. THE GERMAN AIR FORCE ON THE WESTERN FRONT, 1914-1918 (Q 53001) A German observation balloon in the air. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205286523 Les observateurs installés dans les ballons ont été blessés. Celui de Sainte-Marguerite…
Des nouveaux ballons. La pluie ne cesse de tomber et le froid persiste. À l’exception des journées des 22 et 23 juin, le mois aura été entièrement mauvais. Les habitants ne se souviennent pas d’avoir connu un mois de juin aussi froid et aussi pluvieux. Les ballons d’observation allemands détruits ces derniers jours ont déjà été remplacés. Les nouveaux sont en place, même s’ils n’ont pas encore pris leur envol. Depuis plusieurs jours, de violents combats d’artillerie se prolongent jusque tard dans la soirée. L’activité aérienne est particulièrement intense et les tirs de l’artillerie britannique viennent désormais éclater à proximité…
.L’observation aérienne se révèle capitale Depuis les toits de Comines, on distingue au loin deux ballons captifs britanniques qui se balancent lentement au gré du vent. Au-dessus de la ville, le seul ballon d’observation allemand ayant survécu aux attaques aériennes des derniers jours bénéficie d’une protection inhabituelle : cinq aéroplanes patrouillent autour de lui. Les Allemands ont manifestement renforcé leurs mesures de défense après les pertes récemment subies. Les artilleurs belges en position au sud-ouest d’Ypres affirment que les réserves de munitions atteignent désormais près de 100 000 obus, signe des préparatifs d’opérations d’envergure sur le front. Sur le front…
Alerte aux gaz à Comines Une forte odeur de gaz se répand sur Comines. Les habitants ferment portes et fenêtres, lorsque celles-ci sont encore pourvues de vitres. L’air devient rapidement irrespirable. Que dire alors de ceux qui vivent en première ligne, directement exposés à ces attaques chimiques ? À Comines-France, un nouveau drame frappe la population civile. Le fils de la veuve Clotaire Desprez, âgé de 17 ans, tombe dans la Lys alors qu’il travaille sur un pont avec son escouade. Selon les témoignages, ni les civils ni les soldats présents ne se seraient véritablement empressés de lui porter secours.…
Obligé de renvoyer les enfants de l’école De 8 h 30 à 10 h 30, Comines-France est violemment bombardée. Les enfants doivent être renvoyés précipitamment de l’école et plusieurs parents, affolés, viennent les chercher eux-mêmes. Des soldats montent au clocher pour observer les environs. La veille, vers 20 h 30, une intense préparation d’artillerie avait déjà débuté entre Wijtschate et Hooge. Vers 23 h, une forte odeur de gaz envahit les habitations. Dans les rues flotte un véritable brouillard, provoquant une vive inquiétude parmi la population. Il est impossible de déterminer s’il s’agit de gaz allemands, dont le vent aurait…
Des bombes sur le Godshuis. Le canon tonne avec intensité. Il paraît qu’une grande offensive anglaise est désormais engagée sur tout le front violemment bombardé la veille. Les combats prennent une ampleur considérable. À Comines France, l’émotion reste vive après le bombardement de la veille. Le fils Catteau, fermier et garçon-boucher, grièvement blessé, succombe à ses blessures à l’ambulance de Bousbecque. Les funérailles des huit victimes civiles sont fixées au lendemain à 8 heures. Rue de la république juillet 1916 – Fonds SHCWR À Lille, une bombe est tombée sur l’église Saint-Sauveur, rappelant que les villes de l’arrière ne sont…
Les funérailles des victimes de samedi. Les deux Comines se retrouvent réunies pour les funérailles des victimes du bombardement de samedi. C’est un spectacle particulièrement poignant. Les cercueils quittent les maisons les uns après les autres, accompagnés par le clergé qui les rassemble dans une église devenue bien trop petite pour accueillir la foule. À l’Évangile, Monsieur le Doyen prononce une allocution d’une grande émotion : « Les obus n’étaient pas destinés à ces innocents et, pendant que nos braves soldats, faisant chaque jour le sacrifice de leur vie, combattent vaillamment pour la patrie, la guerre meurtrière atteint ceux qui,…
Cinquante ouvriers supplémentaires. La nuit est marquée par quelques tirs d’artillerie et des coups de feu qui, dans l’obscurité, ressemblent à ceux dirigés contre les avions. Le souvenir du bombardement de la veille reste dans tous les esprits. Le sommeil est léger et inquiet, mais la nuit se déroule finalement sans nouvel incident. Dans la journée, la Commandantur annonce la réquisition de cinquante ouvriers supplémentaires, qu’elle choisira elle-même parmi toutes les catégories de la population. Désormais, les appels ont lieu près du canal, derrière la Commandantur, sur une vaste esplanade nouvellement aménagée de gros gravier et de pierres. Sous une…
On ne vit plus. Malgré le temps pluvieux, des aéros viennent parfois survoler la région, volant bas. Depuis les bombardements, l’angoisse est permanente : on ne vit plus, on guette. De nouveaux ouvriers sont envoyés au travail ; ils s’occupent de travaux agricoles du côté d’Houthem. À l’appel de ce jour, concernant les hommes âgés de 40 à 50 ans, aucun ouvrier n’est finalement recruté. On apprend que dès lundi prochain, jour d’appel des jeunes, une bonne cinquantaine d’hommes sera prise, afin d’atteindre un total de cent requis. Ce jour est marqué par la renaissance du journal satirique fançais LE…
Les avions bombardent Comines France. Dès le matin, des avions alliés larguent plusieurs bombes sur Comines-France, dans le secteur des Quatre-Chemins. Deux shrapnels allemands, tirés contre les appareils, éclatent également aux Trois Ballots, sans faire de victimes. Vers 17 heures, cinq avions alliés survolent la région en direction de Wervik et Menin, où ils larguent leurs bombes avant de revenir par Ten-Brielen. L’activité aérienne demeure intense et les combats se succèdent sans relâche. Les principales actions se déroulent désormais de nuit. En moyenne, une nuit sur trois est marquée par de violentes canonnades, auxquelles les habitants finissent, malgré eux, par…
Vers Courtrai. Un bataillon du 212e régiment quitte Comines pour Courtrai. Derrière ce déplacement officiellement présenté comme une simple mutation, chacun comprend qu’il s’agit en réalité d’un acheminement vers le front de la Somme, où la grande offensive anglo-française exige sans cesse de nouveaux renforts. À Comines France, la population manifeste une indignation croissante face aux bombardements britanniques qui frappent régulièrement le centre de la ville. Beaucoup ne comprennent pas pourquoi les tirs alliés continuent de toucher les quartiers habités alors que, sur le site du Hel, les Allemands renforcent ouvertement leurs installations militaires. Deux nouveaux hangars destinés aux avions…
De plus en plus intrépide. La pluie continue de tomber sans discontinuer. Malgré ce mauvais temps, les avions poursuivent leurs missions avec une audace remarquable. Les ballons captifs reprennent également leur place dans le ciel, mais avec davantage de prudence qu’auparavant. Désormais, des avions de chasse assurent leur protection en patrouillant au-dessus d’eux. En soirée, deux bombes sont larguées : l’une tombe aux Casernes, l’autre dans la direction de Wervicq. À Comines France, une réunion mouvementée du conseil municipal est consacrée à l’épineuse question de la contribution de guerre exigée par les autorités allemandes. Les élus cherchent un compromis similaire…
Description de Ploegsteert. C’est le premier jour qu’il fait beau depuis bien longtemps. À Comines, ce jour marque l’anniversaire de la ducasse. Mais la fête n’a plus rien de celle d’autrefois. La situation est même plus pénible que l’année précédente : les économies s’épuisent, les vivres se raréfient et la viande est devenue un luxe. En dehors d’un morceau de cheval obtenu de temps à autre, les habitants passent souvent quinze jours sans viande, se contentant inlassablement de lard. Le pilote et cartographe britannique Keith Anderson, dans son ouvrage Letters to Helen, laisse un témoignage saisissant de son passage dans…
Maladies de la peau. Ce matin, la messe célébrée à l’intention des paroissiens défunts rassemble une foule nombreuse. La chapelle étant devenue trop exiguë, l’office est célébré dans l’école. Malgré les privations et les inquiétudes de la guerre, chacun a revêtu ses habits du dimanche, témoignant de l’importance que conserve cette cérémonie dans la vie de la communauté. Dans les jardins, les fruits commencent à mûrir, mais ils attirent aussitôt les convoitises. Les enfants viennent y chaparder, ajoutant aux difficultés de familles qui peinent déjà à préserver le peu de nourriture dont elles disposent. Le lazaret installé dans le jardin…
Pour vérifier sa récolte de tabac. À Comines, les femmes inscrites aux visites sanitaires obligatoires auprès du médecin militaire allemand continuent de s’y rendre chaque lundi. Pour certaines, cette obligation semble presque devenir une sortie mondaine : elles s’y présentent coiffées et vêtues de leurs plus beaux habits. Quatre d’entre elles viennent d’être envoyées à l’hôpital de Tourcoing pour y recevoir un traitement contre une maladie vénérienne. Dans une société profondément marquée par les valeurs morales de l’époque, cette nouvelle suscite de vifs commentaires et un profond sentiment de honte parmi les habitants. Le temps demeure anormalement froid pour la…
36 obus La nuit est marquée par de nombreux tirs d’artillerie allemands, principalement des obus de bombardement. En journée, le front paraît relativement plus calme, mais cette impression est brutalement démentie en début de soirée. Vers 18 h 15, alors que plusieurs habitants sont réunis à l’estaminet « La Fontaine », une formidable explosion secoue tout le quartier. Les premiers obus tombent sans même avoir été entendus siffler, tant ils éclatent à proximité. La panique est immédiate : soldats et civils se précipitent vers les caves. Une douzaine d’obus s’abattent ensuite à intervalles réguliers. À la brasserie Dumortier, un obus…
Les gendarmes circulent. La nuit est pratiquement blanche. Après le bombardement de la veille, l’artillerie allemande répond avec vigueur et le vacarme des canons empêche tout repos. Aux secousses de la nuit s’ajoutent les effets de la tension nerveuse : les habitants sont pris de sueurs, puis de frissons, sans savoir s’il s’agit de la fièvre ou simplement de l’épuisement. Dès l’aube, on parcourt les rues pour mesurer les dégâts. Partout, les habitants s’activent à réparer portes, fenêtres et toitures. Comme souvent depuis le début de la guerre, la ville s’efforce de retrouver une apparence de normalité avant la tombée…
Comines – France bombardé Fête nationale française. À Comines France, rien ne rappelle véritablement le 14 Juillet. Seules quelques personnes vêtues de leurs habits du dimanche témoignent discrètement de cette journée symbolique, dans une ville où l’occupation allemande étouffe toute manifestation patriotique. La question de la contribution de guerre revient au premier plan. Les autorités allemandes exigent désormais son paiement intégral : quatre cinquièmes en bons de ville et un cinquième en valeurs bancaires. Le maire se rend à Lille afin de négocier l’emprunt nécessaire pour couvrir les bons communaux, tandis que le cinquième restant doit être trouvé auprès des…
Des chien dressés. Après les bombardements des nuits précédentes, la population demeure dans une inquiétude permanente. Chacun redoute une nouvelle attaque et reste à l’écoute du moindre bruit. Le mauvais temps limite les activités aériennes, mais dès qu’une éclaircie apparaît, les avions reprennent aussitôt leurs missions au-dessus de la région. Dans les prairies de Comines, un spectacle inhabituel attire l’attention depuis plusieurs jours : des chiens militaires allemands sont entraînés du matin au soir, au milieu des cris de leurs dresseurs. Cette unité cynophile prépare des animaux destinés à retrouver les blessés dans le no man’s land. Les essais, qui…
Sans obus. La journée se déroule sans bombardement, mais la population n’ose plus s’attarder dehors. Depuis les attaques des jours précédents, chacun vit dans la crainte qu’un nouveau déluge d’obus ne s’abatte sur la ville. Les promenades sont écourtées. « Quelles inquiétudes, mon Dieu ! » résume le sentiment général. À Comines France, un conseiller municipal de Quesnoy, son épouse et leur fils sont arrêtés et emprisonnés. Le motif paraît dérisoire : une baïonnette datant de 1812, conservée comme souvenir, ainsi qu’un canon de fusil et quelques cartouches abandonnés par d’anciens logeurs allemands ont été découverts à leur domicile. À…
Du carton bitumé à la place. Le bourgmestre de Comines se voit refuser l’autorisation de se rendre à Courtrai. Son passeport est pourtant prêt, mais la Commandantur en interdit finalement l’usage. La veille, il avait osé protester lorsque les autorités allemandes étaient venues réquisitionner sa chambre, un geste qui lui vaut manifestement cette mesure de rétorsion. Jules Van Der Meersch – Bourgmestre de Comines 1912-1919 – Fonds SHCWR Le commandant de place étant en congé, c’est son adjudant qui assure l’intérim. Les réquisitions de logements se poursuivent sans ménagement. Monsieur et Madame Jean d’Ennetières sont contraints d’abandonner leur chambre pour…
Six obus En ce jour de Saint-Arnould, patron des brasseurs, les prières prennent une résonance toute particulière à la brasserie Dumortier. Les habitants ne demandent pas tant la préservation de leurs biens matériels, dont ils savent le sort désormais incertain, que la protection de leurs proches et la possibilité d’un avenir. Une profonde inquiétude pèse sur le devenir des entreprises et du commerce. Saint Arnoulds, patron des brasseurs. Domaine public Commons Wikimedia « Cette guerre ruinera l’Europe entière et sur quelles bases serons-nous indemnisés, nous qui depuis bientôt deux ans souffrons en silence les plus horribles tourments ? » Les…
Comines Belgique est bombardé Les obus tombés la veille au soir se sont abattus aux abords du canal et du cimetière, rappelant une fois encore combien les bombardements se rapprochent de la ville. À Comines France, la contribution de guerre a finalement été versée en partie. Le cinquième exigé en espèces a été récolté en marks par les conseillers municipaux, qui sont allés de maison en maison solliciter les habitants. Nul ne connaît toutefois le montant exact ainsi recueilli. Le temps demeure maussade. Quelques éclaircies apparaissent bien çà et là, mais la chaleur estivale se fait attendre. Les habitants s’en…
Un avortement tactique. La nuit est relativement calme, offrant enfin quelques heures de répit à une population épuisée par les bombardements des jours précédents. Au matin, les anciens parcourent la ville pour constater les dégâts. Le spectacle est profondément décourageant : maison après maison, jardin après jardin, ils voient disparaître le fruit de toute une vie de travail. Cette lente destruction du patrimoine familial pèse autant sur les esprits que les privations ou les bombardements. Toute la journée, chacun redoute une reprise des tirs d’artillerie. Finalement, aucun obus ne tombe et l’on respire un peu. Mais vers 20 h 30,…
Service Obligatoire. Fête nationale belge. Dans les territoires occupés, la journée se déroule dans une grande discrétion. Toute réunion publique est interdite par les autorités allemandes, empêchant la population de célébrer officiellement cette fête nationale. Fête Nationale Belge – Grand Concert (Art.IWM PST 6797) whole: the title is positioned across the top edge, with the subtitle in the upper third and the text occupying theremainder, all in black. All set against a white background, and held within a red, yellow and black border.image: text only.text: FÊTE NATIONALE BELGEVendredi 21 Juillet 1916, à 3h. 30Au THEATRE DE VERDURE, du Jardin des…
En pompant de l’eau. Le temps reste incertain et, fait suffisamment rare pour être souligné, un calme presque complet règne sur le front. Après plusieurs semaines marquées par des bombardements incessants, cette accalmie offre un bref répit aux populations éprouvées. À Comines, le 17ᵉ bataillon de chasseurs quitte la ville et ses environs en direction de Courtrai. Les soldats défilent, musique en tête, avant de prendre la route vers leur nouvelle affectation. À Comines France, le paysage change peu à peu. Les rues deviennent de plus en plus désertes, les autorités allemandes ne considérant plus la ville comme un secteur…
Une terrible bataille des australiens. À la sortie des offices religieux, un gendarme est chargé de faire circuler rapidement les fidèles. Les rassemblements sont étroitement surveillés par les autorités d’occupation, qui veillent à ce que la population ne stationne pas sur la voie publique. Eglise Comines – Belgique – Fonds SHCWR À Comines, l’alimentation en gaz est désormais coupée. Les habitants sont plongés dans une obscurité presque totale dès la tombée de la nuit. Cette privation d’éclairage renforce encore le sentiment d’insécurité dans une ville où chacun redoute les bombardements et les alertes nocturnes. Près de Poperinge, au Couthof (La…
La moisson est commencée. Le bourgmestre se voit une nouvelle fois refuser l’autorisation de se rendre à Courtrai. Les autorités allemandes justifient leur décision en affirmant que les vivres sont malgré tout parvenus à Comines la semaine précédente. Le bourgmestre rétorque que seules les farines ont été livrées et que de nombreuses autres denrées doivent être achetées sur place. Il rappelle également qu’il lui faut pouvoir transporter les fonds destinés aux secours de la population, notamment ceux liés aux « bons jaunes ». Face à cette situation critique, l’administration communale tente d’adresser, par l’intermédiaire de la Commandantur, une véritable lettre…
Encore l’appel. Toute la population redoute l’appel de ce jour. Les tensions entre l’administration communale et les autorités allemandes, notamment au sujet des déplacements vers Courtrai, laissent craindre un durcissement des réquisitions de main-d’œuvre. Avant 5 heures du matin, l’adjudant Sievert arrive sur les lieux accompagné du secrétaire de la Commandantur, de l’interprète, du sous-officier chargé de l’appel, de deux gendarmes et de trois sentinelles qui barrent toutes les issues. Le dispositif rappelle celui des précédentes convocations et ne laisse guère d’espoir à ceux qui souhaiteraient s’y soustraire. Comme lors des appels précédents, chaque homme est appelé nominalement avant de…
Restauration de la chapelle Les autorités allemandes entreprennent la restauration de la chapelle du couvent des Sœurs d’Orléans, située rue de Wervik. Après avoir servi de lazaret, le bâtiment est dans un état de grande dégradation. Les travaux ont pour objectif de transformer la chapelle en lieu de culte protestant, illustrant la réaffectation de nombreux édifices religieux durant l’occupation. Commence également aujourd’hui la neuvaine de Sainte-Anne, qui attire une affluence exceptionnelle. Malgré les privations, les bombardements et les restrictions, les habitants trouvent dans la pratique religieuse un réconfort et un soutien moral indispensables. Les autorités annoncent par ailleurs le remplacement…
