Vers Courtrai.

Un bataillon du 212e régiment quitte Comines pour Courtrai. Derrière ce déplacement officiellement présenté comme une simple mutation, chacun comprend qu’il s’agit en réalité d’un acheminement vers le front de la Somme, où la grande offensive anglo-française exige sans cesse de nouveaux renforts.
À Comines France, la population manifeste une indignation croissante face aux bombardements britanniques qui frappent régulièrement le centre de la ville. Beaucoup ne comprennent pas pourquoi les tirs alliés continuent de toucher les quartiers habités alors que, sur le site du Hel, les Allemands renforcent ouvertement leurs installations militaires. Deux nouveaux hangars destinés aux avions y sont construits et, ce matin encore, un appareil allemand y a atterri sans être inquiété. Malgré la présence de nombreux ballons captifs et d’avions de reconnaissance alliés dans le secteur, les habitants ont le sentiment que ces objectifs militaires sont ignorés tandis que les obus continuent de tomber sur les zones civiles. Ce ressentiment, largement exprimé parmi la population, traduit avant tout l’incompréhension et la lassitude de ceux qui vivent quotidiennement sous les bombardements.

