Pour vérifier sa récolte de tabac.

À Comines, les femmes inscrites aux visites sanitaires obligatoires auprès du médecin militaire allemand continuent de s’y rendre chaque lundi. Pour certaines, cette obligation semble presque devenir une sortie mondaine : elles s’y présentent coiffées et vêtues de leurs plus beaux habits. Quatre d’entre elles viennent d’être envoyées à l’hôpital de Tourcoing pour y recevoir un traitement contre une maladie vénérienne. Dans une société profondément marquée par les valeurs morales de l’époque, cette nouvelle suscite de vifs commentaires et un profond sentiment de honte parmi les habitants.
Le temps demeure anormalement froid pour la saison. Le pardessus reste de rigueur et les averses se succèdent. Si cette météo compromet les récoltes, beaucoup s’en accommodent néanmoins, estimant qu’elle limite les sorties aériennes et réduit ainsi le risque de bombardements.
Sur le front d’Ypres, les Britanniques avaient préparé une attaque au gaz, mais l’opération est annulée en raison de vents défavorables, qui risquaient de rabattre les gaz sur leurs propres lignes.
À Poperinge, un aumônier britannique rapporte l’arrivée prochaine de 500 000 soldats destinés à renforcer les armées anglaises. Cette immense force est déjà surnommée par certains la « deuxième armée de Kitchener », symbole de l’effort militaire considérable engagé par le Royaume-Uni.

and positioned in the [missing] right half, in yellow. All are set against a black background and held within a yellow
border.
image: a head and shoulders photographic portrait of Lord Kitchener.
text: [missing text – LORD KITCHENER SAYS:-
‘MEN, MATERIALS AND MONEY ARE THE IMMED… Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/1425
À Verdun, après trois jours de bombardements d’une intensité exceptionnelle, près de 40 000 soldats allemands, parmi lesquels les unités de l’Alpenkorps, lancent un assaut contre le fort de Souville, ultime verrou protégeant la ville. L’attaque échoue. Cet échec marque un tournant majeur de la bataille de Verdun et met fin aux dernières grandes ambitions offensives allemandes dans ce secteur.
Victime civile :
BOUDRY Émile, né à Ploegsteert le 8 juillet 1861, entrepreneur de tabac, est tué aujourd’hui à 9 heures au Petit-Pont, à l’âge de 55 ans. Sa famille s’était réfugiée à Steenwerck, mais Émile était revenu avec deux de ses enfants afin de constater l’état de la récolte de tabac chez un fermier (actuelle ferme Castrique). Pris sous un bombardement, il est tué sur le coup. Ses deux enfants sont blessés. Sa fille Marie succombera plus tard à ses blessures à Laourte-sur-Rhône, tandis que son fils Marcel survivra.
