Maladies de la peau.

Ce matin, la messe célébrée à l’intention des paroissiens défunts rassemble une foule nombreuse. La chapelle étant devenue trop exiguë, l’office est célébré dans l’école. Malgré les privations et les inquiétudes de la guerre, chacun a revêtu ses habits du dimanche, témoignant de l’importance que conserve cette cérémonie dans la vie de la communauté.
Dans les jardins, les fruits commencent à mûrir, mais ils attirent aussitôt les convoitises. Les enfants viennent y chaparder, ajoutant aux difficultés de familles qui peinent déjà à préserver le peu de nourriture dont elles disposent.
Le lazaret installé dans le jardin de la brasserie Dumortier accueille désormais trente à quarante soldats allemands, légèrement blessés ou en convalescence, souffrant notamment de maladies de peau. Leur présence permanente inquiète les habitants, qui redoutent les risques de contagion. Quelques civils viennent également y consulter les médecins militaires, faute d’autres ressources médicales.

Sur le front de la Somme, la bataille prend une ampleur dramatique. Dix jours après le déclenchement de l’offensive, les pertes britanniques atteignent déjà près de 100 000 hommes, tués, blessés ou disparus. L’espoir d’une percée rapide a laissé place à une guerre d’usure d’une violence inouïe, dont les conséquences se font sentir bien au-delà du champ de bataille.
