Des déplacements difficiles.

Il pleut de nouveau et les récoltes sont désormais compromises. Que faut-il souhaiter ? Davantage de soleil pour les cultures ou de la pluie pour préserver les réserves ? Dieu seul en est juge.

L’alimentation reste une préoccupation constante. On parvient à obtenir un peu de viande au Mai-Cornet et, à la mairie, une boîte de viande conservée provenant d’Amérique. On trouve parfois de la morue, du fromage à 5,90 francs le kilogramme ou encore de la pâte de pommes. On annonce également une possible augmentation de la ration de pain. C’est une bonne nouvelle, même si ce pain contient désormais une proportion excessive de son et perd en qualité.

photograph (Q 33668) Food arriving at the London Docks. Unloading and stocking cases of corned beef. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205299099

L’obtention des passeports est devenue extrêmement difficile, tant en France qu’en Belgique. Une personne n’a pu assister aux funérailles de sa mère à Deûlémont. Le brigadier des douanes Dewitte, quant à lui, s’est vu refuser l’autorisation de rendre visite à son vieux père mourant à Lauwe et apprend, de surcroît, que son frère y est décédé quinze jours plus tôt.

Une même inquiétude habite désormais tous les esprits : comment nous retrouverons-nous après la guerre ? Combien auront changé, vieilli, été marqués par ces épreuves ? Ici même, on voit les traits se creuser et les forces décliner.

Dans l’oisiveté forcée de l’occupation, les soucis de l’avenir ne cessent de grandir. L’inquiétude porte autant sur l’industrie que sur les propriétés et les moyens d’existence. Il ne reste plus qu’à espérer que Dieu viendra en aide aux familles éprouvées, afin que le choc de cette guerre ne soit pas trop brutal et que les enfants n’aient pas à supporter tout le poids de cette ruine.

Selon le journal néérlandais « De Nederlander » les Canadiens ont repris le terrain perdu à Hooghe.

Sources :

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