Calendrier de travail
Gaz à Hulluch. Il fait une chaleur étouffante, et le bruit de la rue est intense, les fenêtres devant rester ouvertes malgré tout. Dans la journée, on vient à plusieurs reprises vérifier si tout est en ordre à la brasserie pour l’installation des officiers allemands. Le couloir, encore encombré, doit être dégagé au plus vite. Le père Dumortier demeure sous la menace constante de voir un casino installé chez lui, projet qui revient avec insistance. A droite, la brasserie Dumont-Dumortier et l’ancienne église de la rue des moulinsA gauche: l’église de Comines France et le beffroi. – Fonds SHCWR On…
On se serait cru à la plage. Dès 6h30 du matin, la maison de la brasserie Dumortier est envahie par l’adjudant-commandant, deux interprètes et cinq soldats. La réquisition est immédiate : la salle à manger, trois chambres et la salle de bain, soit huit grandes pièces au total. Sans attendre, les soldats procèdent à l’aménagement. Les lavabos sont enlevés sur-le-champ, les tables et les chaises déplacées selon les besoins. Des lits arrivent de toutes parts, que chacun doit équiper, ainsi que deux lavabos provenant de l’« Hôtel de la Gare ». Toute la journée se déroule sous la surveillance d’un…
Bombardement sur Comines-France. Dans l’après-midi, vers 15h30, plusieurs obus passent à intervalles d’environ une demi-heure, en direction de Comines France. Le soir, on apprend que cinq d’entre eux sont tombés en ville : dans la cour de la brasserie Froidure, sur la Grand’Place et sous la grande porte de l’« Hôtel des Trois Rois ». Les dégâts sont importants, mais, heureusement, aucune victime n’est à déplorer parmi les habitants. Vue de la rue de la République de gauche à droite, l’église, la mairie et le beffroi. Fonds SHCWR La population est à bout, prise entre les persécutions imposées par l’occupant…
Chaleur suffocante. La chaleur est suffocante aujourd’hui, et il est impossible de profiter du jardin avec les enfants. À Comines, on constate que le vent du nord-est favorise les attaques au gaz menées par les Allemands. Ainsi, vers minuit trente, une nappe de gaz est signalée du côté de Vierstraat, plus précisément à la Hollandseschuur. Les cornes d’alerte retentissent jusqu’à Dickebusch, où l’on fait sonner les cloches de l’église pour prévenir la population. Strombos Horn, Mk II (FEQ 847) First World War period British gas alarm horn. By May 1916, Strombos horns were positioned every quarter of a mile along…
Attaché à un poteau. Le temps est splendide. À partir de ce jour, l’heure allemande est avancée d’une heure, modifiant encore les repères du quotidien. Aux limonaderies, l’activité s’intensifie : depuis quelques jours, on travaille jusqu’à 23 heures. La procession de chariots, déjà observée l’été précédent, reprend, mais cette fois uniquement pour les limonades, la brasserie Dumortier demeurant inactive. À Comines, côté français, les sanctions évoluent. Les contrevenants aux directives allemandes ne sont plus systématiquement emprisonnés. À la place, on les attache à un poteau, parfois pour un ou plusieurs jours, les privant de tout mouvement. Cette pratique se déroule…
Beaucoup de monde à la messe. Messe à 7h30 ; l’assistance est nombreuse. À partir de demain, l’heure belge sera elle aussi avancée d’une heure, entraînant une modification des horaires des offices. Des habitants de Comines France, venus assister à l’enterrement de Mademoiselle Dumortier, décrivent le cimetière belge qu’ils n’avaient plus vu depuis longtemps. Le spectacle est affligeant : croix renversées, monuments disloqués, pierres tombales éventrées. Aux abords, tout l’espace compris entre la route, le canal, la Lys et le cimetière est désormais réquisitionné pour des dépôts de mines et de grenades. On évoque même la construction d’un souterrain partant…
Obus sur Warneton et Bas-Warneton. Le canon a roulé assez fortement durant la nuit. Le capitaine logé à la brasserie Dumortier se montre mécontent des modifications apportées à son logement. Il reprend sa chambre initiale et s’installe dans la salle flamande. Un médecin occupe une autre pièce, tandis qu’un lieutenant — adjoint du capitaine — prend place dans la salle à manger. Un quatrième officier doit encore s’installer dans le salon, et une chambre est réservée aux ordonnances, au nombre de quatre ou cinq. Des bains sont pris quotidiennement, signe d’une organisation désormais bien établie. Le jardin reste continuellement occupé…
Agé de 16 ans. L’heure ayant été avancée d’une heure dans tout le pays, le couvre-feu reste néanmoins fixé de 20h à 5h. Il est toutefois permis de demeurer une heure de plus, le soir, devant sa maison ou dans son jardin. Des obus tombent encore sur Warneton et Bas-Warneton, tandis que le ciel est parcouru de nombreux aéroplanes. Après des combats aériens, un avion allié est vu s’embraser et chuter vers Warneton. Depuis Comines France, des témoins distinguent deux occupants anglais à bord. Une clameur s’élève lorsque l’appareil pique vers le sol, laissant derrière lui une traînée de fumée…
Chute d’un avion Ces derniers jours ont été relativement calmes, mais ce soir, le canon gronde avec violence du côté de La Bassée et, plus tard dans la nuit, des fusillades éclatent vers Ypres. Dans la rue de Wervik, le repos devient presque impossible : le passage incessant des lourds camions, amplifié par les carreaux de bois aux fenêtres, résonne dans toute la maison. On signale également la chute d’un avion en direction de Warneton, probablement du côté de la Gaie Perche. Avion abattu – Fonds SHCWR À Armentières, Winston Churchill offre un dîner à ses officiers, lesquels semblent, non…
Construction de baraques. Cette nuit, une grande quantité de bois destinée à des baraquements est déposée dans le jardin de la brasserie Dumortier. Il est prévu d’y construire trois baraques, ce qui suscite une vive inquiétude parmi les habitants : que vont-ils devenir, privés à la fois de leur maison et de leur jardin ? Une plainte est immédiatement rédigée. Dans l’après-midi, une équipe de soldats arrive pour entamer les travaux. À plusieurs reprises, l’adjudant commandant de place vient inspecter les lieux. Malgré les protestations, rien n’y fait : la palissade est abattue, les parterres de légumes détruits. La construction…
Bénédiction papale. Journée calme ; une fine pluie tombe, rendant l’atmosphère maussade. Toute la journée se passe dans l’incertitude : les baraquements seront-ils finalement construits à la brasserie ? Une partie du bois a bien été reprise, mais il en reste encore en grande quantité, maintenant l’inquiétude. À la ferme du Pèlerin, située à la limite de Houthem et de Wijtschate, plus connue sous le nom de ferme Leterme, les Allemands organisent régulièrement des concerts dominicaux pour les officiers en cantonnement. Une vue aérienne laisse apparaître, au centre de la cour, une construction qui ressemble à un kiosque, témoignant d’une…
Réquisition d’un jardin. Il fait particulièrement froid. Les travaux de construction des baraquements commencent à la brasserie Dumortier. Les quatre grands puits disséminés dans le jardin, indispensables au fonctionnement de la brasserie, risquent désormais d’être contaminés par cette proximité. C’est la première fois qu’un jardin privé est ainsi réquisitionné, alors que la maison, la cour et la brasserie sont déjà occupées par les militaires. Il ne reste plus aux propriétaires que la cuisine et quelques chambres à coucher. Les soldats allemands, conscients du désarroi des habitants, les narguent ouvertement. À Comines, côté français, on fait le bilan : depuis le…
On entend siffler « l’internationale » On travaille désormais à l’intérieur même de l’église. Les ouvriers civils qui y sont employés chantent « À bas la calotte » et sifflent L’Internationale, scène troublante dans un lieu autrefois consacré au silence et au recueillement. La maison de la brasserie Dumortier passe presque entièrement sous contrôle allemand. Très tôt ce matin, on vient également réquisitionner la maison du père Dumortier pour y installer un casino destiné à trente officiers, présents six jours avant de repartir douze jours aux tranchées. Tout le rez-de-chaussée, y compris la cuisine et la buanderie, doit être libéré,…
Grand dîner des officiers. L’installation des officiers se poursuit. Les habitants qui refusent de céder davantage de place sont même menacés d’emprisonnement. Il faut laisser les pièces entièrement libres et vider les meubles de tout ce qui pourrait être jugé nécessaire. Le soir même, un grand dîner d’officiers est organisé, accompagné de musique. Un piano est installé pour l’occasion, donnant à cette soirée un contraste saisissant avec la guerre qui se déroule tout autour. La construction des baraquements en bois a repris cet après-midi. Pendant ce temps, un correspondant de guerre hollandais effectue le trajet de Dunkerque à Poperinge en…
Vive fusillade. La fusillade a été particulièrement vive durant la nuit. Chez le père Dumortier, la musique du casino des officiers se prolonge jusqu’à 2h30 du matin. Les cuisiniers repartent même avec la clé de l’armoire de la cuisine, ajoutant encore au désordre et au sentiment d’envahissement. Il est désormais obligatoire de déclarer tous les objets en caoutchouc. Les tuyaux de la brasserie sont signalés après une inspection rapide. Des hommes viennent les examiner et annoncent qu’ils seront réquisitionnés. Les propriétaires protestent vivement, expliquant qu’ils sont indispensables au fonctionnement de la brasserie. Finalement, ils obtiennent qu’ils restent sur place. Par…
La Mine « Bertha ». Toute la semaine, le temps est resté mauvais et la situation relativement calme. Hier soir et aujourd’hui, de nouvelles troupes sont arrivées, principalement de jeunes recrues, tandis que le 106e régiment saxon a quitté la région durant la nuit. Les maisons sont désormais pleines et des baraquements surgissent partout. Au Godshuis, nombre d’entre eux sont destinés aux chevaux. Une violente explosion secoue Ypres : il s’agit de la mine britannique « Bertha », l’une des opérations de minage destinées à affaiblir les positions allemandes. L’explosion provoque d’importantes destructions et de lourdes pertes dans les lignes ennemies. Le…
Les soldats meurent aussi sans prêtre Le curé Delporte ne peut désormais presque plus aller visiter les malades du Korentje et de Bas-Warneton. À quatre reprises, on lui refuse l’autorisation de se rendre auprès d’un malade déjà administré depuis plusieurs jours. L’un des soldats lui répond froidement que des soldats meurent eux aussi sans prêtre. Le calme semble quelque peu revenu pour l’instant. Le casino des officiers est repeint et tapissé par les soldats eux-mêmes, jusqu’au coffre-fort. Les vingt-cinq officiers qui y séjournaient repartent ce soir vers les tranchées ; il n’en reste plus que six, mais toutes les salles…
Un dîner offert. Le temps demeure incertain et maussade. Près des châteaux Hassebroucq, derrière les réseaux de fils de fer barbelés, une importante masse de béton a été construite, probablement destinée à recevoir une pièce d’artillerie. À Comines France, la population parle beaucoup de la contribution de guerre de 680 000 francs imposée par les autorités allemandes. La menace de prise d’otages en cas de refus de paiement alimente les inquiétudes. Réuni ce matin, le conseil municipal a déclaré qu’il ne se considérait pas compétent pour décider s’il fallait ou non payer cette somme. On évoque également un dîner offert…
Du beurre dans la brasserie. Les mouvements de troupes et de camions automobiles deviennent de plus en plus nombreux, surtout durant la nuit. Les nuits sont également marquées par d’intenses fusillades, même si le canon se fait moins entendre. Une nouvelle affiche rappelle que tous les bons de réquisition doivent être remis à la Kommandantur avant la fin du mois, faute de quoi ils ne seront plus remboursés. À la brasserie, la fabrication de beurre et de fromage se poursuit. Le petit-lait sert à nourrir une vingtaine de cochons placés chez Louis Mahieu par les Allemands. La production de limonades…
En réparant son toit. Un avion belge est abattu au-dessus d’Ouderdom près de Poperinghe. L’appareil compte un mort et un blessé parmi son équipage. La France et le Royaume-Uni signent les accords secrets Accords Sykes-Picot, qui prévoient le partage du Proche-Orient en zones d’influence après la défaite attendue de l’Empire ottoman. Victime civile : Henri Rotsaert, né à La Chapelle-d’Armentières le 6 janvier 1854, décède aujourd’hui à 15 h à l’hôpital Sainte-Élisabeth, section « Onze-Lieve-Vrouw Haghebaarthoek », à Poperinge, à l’âge de 62 ans. Grièvement blessé par un éclat d’obus alors qu’il réparait son toit, il avait été transporté à…
Victime civile Deman Achille. À la mairie de Comines France, on présente une maquette du futur monument aux morts allemands qui doit être érigé dans le cimetière de la ville. À Hill 60, des bruits suspects attirent l’attention des spécialistes britanniques chargés de l’écoute souterraine. Incapables d’en déterminer précisément l’origine, ils décident de faire exploser un camouflet. Les vérifications menées après l’explosion confirment qu’il s’agissait bien d’une tentative d’intrusion ennemie, située à une trentaine de mètres au-dessus des positions alliées. Sans cette intervention préventive, les pertes auraient pu atteindre près de deux cents officiers et soldats. Victime civile : Achille…
Alerte aux gaz à Kemmel et Dranoutre Au cours de la nuit, les Allemands lancent une violente attaque en direction de Kemmel et de Dranouter. L’artillerie belge positionnée à Dickebusch riposte dans l’après-midi à l’aide de deux canons. THE BRITISH ARMY ON THE WESTERN FRONT, 1914-1918 (Q 602) A 12 inch heavy howitzer of the Royal Garrison Artillery on a railway mounting in action. Gun shown firing. Photograph probably taken in May 1916. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205072090 Dans les territoires non occupés, l’arrivée de gendarmes belges accompagnés d’inspecteurs de la Sûreté suscite étonnement et interrogations parmi la population.…
Trois salles de casino. Depuis deux jours, le temps est magnifique, mais chacun doit toujours être rentré pour 20 h à l’heure allemande, soit 18 h selon l’ancienne heure belge. À Comines France, la population bénéficie d’une demi-heure supplémentaire et peut rester dehors jusqu’à 20h30 heure allemande. Les combats connaissent un certain calme depuis quelques jours, du moins en apparence, car l’occupation continue de peser lourdement sur la vie quotidienne. L’adjudant de la Kommandantur est omniprésent et multiplie les inspections. Dans le jardin de la brasserie Dumortier, les baraquements touchent à leur fin. Un jardinier allemand réaménage même les lieux…
Aux Trois Ballots. Des sirops sont enfin arrivés, permettant la reprise de la fabrication des limonades. Vers 13h30, quatre obus passent au-dessus de la ville avant d’aller tomber aux Trois Ballots, dans les champs ainsi que dans le jardin Cailloux. Rue de la Chaîne, cette rue se trouvait pratiquement dans le prolongement de la rue des Trois Ballots – Fonds SHCWR Les artilleurs belges détachés auprès des Anglais au sud-ouest d’Ypres sont désormais ravitaillés par l’intendance britannique. Leurs rations, un peu moins abondantes que celles des soldats anglais, restent néanmoins suffisantes : pain et fromage le matin, viande de bœuf…
Deux femmes tuées. Temps splendide depuis plusieurs jours, favorisant une intense activité aérienne. Les combats dans le ciel se multiplient et, vendredi, un avion allemand est tombé du côté du Godshuis, près des casernes. Quel supplice pourtant de bénéficier d’un si beau temps sans pouvoir se déplacer librement. Dans l’après-midi, l’adjudant de la Kommandantur revient inspecter la maison de la brasserie Dumortier avec toute sa suite. Il fait inventorier la baignoire, visite les caves de la brasserie ainsi que les baraquements du jardin, puis passe à plusieurs reprises dans les maisons voisines, sans donner la moindre explication. Les officiers et…
Il fait lourd. Le temps est extrêmement chaud et l’atmosphère lourde. Dans l’après-midi éclate un violent orage. Les enfants, peu habitués à entendre autre chose que le fracas de la guerre, croient d’abord à un bombardement ; certains veulent absolument se réfugier dans les caves. La foudre tombe cependant sans provoquer de dégâts, notamment chez Jules Van der Mersch et près de la gare. Après cette chaleur étouffante, l’orage apporte un peu de fraîcheur. Le jardin d’agrément de la brasserie Dumortier continue d’être réaménagé par un soldat allemand. Les baraquements sont désormais terminés et l’un d’eux est occupé depuis hier.…
Arroser les rues. Ce matin encore, les Allemands viennent demander des explications au sujet des puits et des canalisations d’eau de la brasserie Dumortier. Toutes ces informations sont soigneusement consignées dans des rapports, preuve de l’intérêt grandissant porté aux installations de la brasserie. Il y a quelques jours, un grand foudre a été réquisitionné pour l’arrosage des rues. Les autorités avaient même d’abord envisagé d’utiliser un immense foudre de vingt-cinq hectolitres. Durant la nuit, on a entendu de nombreuses fusillades ainsi que des tirs de mitrailleuses. Le canon, lui, se tait presque complètement ; seuls résonnent désormais les exercices de…
Nombreux avions. Nombreux avions dans le ciel aujourd’hui et plusieurs combats aériens sous un temps magnifique. Les vivres se font toujours plus rares : il n’y a pratiquement plus de viande, le café atteint 10 francs et le sucre cristallisé 4 francs. La bière, brassée avec des produits de mauvaise qualité, laisse fort à désirer. Quelques civils se sont arrangés pour aller chercher de la bière à Wervik pour certains cabaretiers. À la brasserie militaire Froidure, on recommence toutefois à brasser pour les soldats. Dans l’après-midi, l’interprète de la Kommandantur se rend à la brasserie Dumortier pour annoncer que le…
Les poules doivent être livrées. À Comines France, des fils de famille sont désormais appelés pour aller travailler. Le jeune Verhaeghe, de Comines France, est convoqué devant le commandant de la place, assisté d’Oestreicher et du maire Ducarin. Il est condamné et doit choisir entre une amende de 750 marks ou quatorze jours de prison sévère. Finalement, il est incarcéré durant deux jours dans la prison du beffroi pour avoir refusé d’obéir à une réquisition de travail, déclarant qu’il ne pouvait moralement pas travailler pour l’ennemi de son pays. Cette décision provoque l’indignation du parti opposé au maire. D’autres condamnations…
Il faut faire queue. Depuis quelque temps, le calme règne relativement dans la région. Mais on s’observe… THE AUSTRALIAN IMPERIAL FORCE ON THE WESTERN FRONT, 1916-1918. (Q 580) Troops of the 2nd Australian Division in a front line trench at Croix du Bac, near Armentieres, May 1916. One of the them is using a trench periscope. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205193857 D’après plusieurs soldats, des troupes africaines seraient arrivées au front depuis quelques jours. Ce matin, des ouvriers viennent examiner les puits de la brasserie Dumortier. Ceux-ci doivent être nettoyés afin de pouvoir à nouveau servir à la fabrication…
Circuler au-delà des barrières La nuit dernière, les combats ont repris avec une certaine intensité et le canon s’est fait entendre par intermittence. La Ville a dû fournir cinquante ouvriers supplémentaires ; il paraît qu’ils sont destinés aux travaux des champs. Depuis hier, il est permis de circuler au-delà des barrières dans le territoire dépendant de la Kommandantur de Comines. La situation demeure toutefois étrange : il est interdit de se rendre au Corentje, où se trouve une autre Kommandantur, ainsi qu’aux Cinq-Chemins qui en dépendent, mais il est autorisé d’emprunter le chemin de la Carotte et de revenir par…
On se contente de peu. Profitant du beau temps, certains habitants se promènent jusqu’aux abords de Ten-Brielen. Comines et Ten-Brielen sont désormais entourés de baraquements militaires, mais au milieu de cette occupation massive, les travaux agricoles continuent activement. Les fermiers affirment que « le bon Dieu est avec eux », car les semailles sont magnifiques malgré l’absence d’engrais et de fumier. La culture du tabac est toutefois interdite cette année et plusieurs cultivateurs ont déjà été condamnés à de fortes amendes — jusqu’à 500 francs — pour avoir osé en planter. La circulation dans les environs reste très surveillée. Les…
La nuit davantage que le jour. La nuit, le canon se fait davantage entendre que durant le jour ; s’y ajoutent les crépitements des mitrailleuses et des fusils. Au casino installé chez Dumortier, un grand banquet réunissant cinquante officiers doit avoir lieu ce soir. Dès le matin, une quinzaine de soldats s’activent aux préparatifs. On apporte dans la cour un immense comptoir d’estaminet destiné à servir de buffet. Champagne et provisions abondent ; rien ne semble manquer pour cette réception fastueuse contrastant durement avec les privations de la population. Ce matin, on découvre au milieu des fleurs du jardin Dumortier…
Utilisation du canon de 155. Toute la nuit, musique, chants et cris résonnent au casino installé chez Dumortier père ; le vacarme dure jusqu’à quatre heures du matin, l’empêchant totalement de dormir. Au lever du jour, on découvre des vomissements dans tous les coins de la maison. Plus de cinquante bouteilles de champagne auraient été vidées au cours de la soirée. À Comines France, les fils Vandewynckèle ainsi que Lambin, maçon, sont condamnés à 750 marks d’amende ou quatorze jours de prison pour avoir refusé de travailler. Antoine Verhaeghe reçoit quant à lui quatre semaines de prison supplémentaires pour un…
Le blocus résiste. Les combats continuent à se dérouler principalement durant la nuit, tandis que les journées restent relativement calmes. Pour mesurer ce qu’est devenue l’occupation, il suffit d’examiner la situation de la brasserie Dumortier, dont chaque espace a progressivement été absorbé par les besoins militaires allemands. Dans la maison, le salon sert de chambre au docteur, la salle à manger est occupée par le lieutenant et le bureau est devenu un bureau militaire. La salle flamande est momentanément libre. À l’étage, trois chambres sont réquisitionnées : une pour quatre ordonnances et deux pour le capitaine, l’une servant de chambre…
Un ballon captif est incendié Ascension Pendant la nuit, entre 2 et 3 heures, on entend chanter : « Weg met de papen » (« À bas les curés »). On parle beaucoup de paix. Les soldats prétendent que la fin n’est plus très loin; les journaux eux-mêmes laissent entendre la même chose. Serait-ce vrai ? Nous avons peine à le croire, tant il paraît difficile d’imaginer comment l’on pourrait sortir d’une telle situation. Et quel avenir nous attendra ? Il n’y a plus d’illusion à se faire pour nos maisons : en dehors de Comines et de Wervicq, elles…
Transpercé à la baïonnette. Le temps est assez beau et, lorsqu’il en est ainsi, nous voyons fréquemment passer des escadrilles de sept avions et davantage. Il est toujours prudent de se mettre à l’abri lorsque ces formations apparaissent dans le ciel. Ce matin, les autorités allemandes viennent réquisitionner la baignoire de la brasserie Dumortier. Une protestation est aussitôt adressée à la Commandantur, les propriétaires faisant valoir qu’il s’agit d’un meuble qui doit être payé. Il leur est répondu qu’il suffit d’en fixer la valeur afin qu’un bon de réquisition soit établi. L’objet est estimé à 160 francs. Nous apprenons aujourd’hui…
Réquisition de baignoire. La nuit est marquée par de violents combats d’artillerie du côté de Hooge. Après une accalmie momentanée, le bombardement reprend de plus belle vers 1 h 30 du matin, provoquant même une alerte dans les baraquements voisins. Vers 6 heures, neuf avions traversent le ciel de Comines. Ils auraient bombardé Menin. À midi, une nouvelle formation de sept appareils apparaît. L’un d’eux est touché par la défense adverse, mais semble néanmoins parvenir à regagner les lignes alliées en direction de Gheluvelt. Henry Dumortier refuse d’accepter l’indemnisation dérisoire de quarante marks accordée pour la baignoire réquisitionnée. Puisqu’on refuse…
Le Corentje, fait partie d’une autre commandanture Encore une nuit terrible. Le canon tonne sans relâche et les détonations se succèdent durant une grande partie de la nuit. Le temps est froid et venteux. Dans l’après-midi, Georges d’Ennetières est ramené de Courtrai sous escorte militaire. Après son retour d’Allemagne, il avait été retenu trois mois dans cette ville et vient de purger huit jours de prison pour avoir falsifié son passeport et franchi les limites qui lui étaient imposées. Désormais, il fait l’objet d’une surveillance étroite. Depuis le jeudi de l’Ascension, les habitants du Corentje ne peuvent plus venir librement…
Direction de Hooge-Gheluvelt. La nuit a de nouveau été terrible. Les combats d’artillerie font toujours rage dans la direction de Hooge et de Gheluvelt. Depuis près de dix-huit mois, c’est dans ce même secteur que les habitants voient le ciel s’embraser presque chaque nuit. Une question revient sans cesse : quand donc cela finira-t-il ? À leur demande, les fils Verhaeghe et Vandewynckele sont autorisés à sortir de prison pour reprendre le travail. Les conditions de détention étaient devenues si pénibles qu’ils ont préféré céder plutôt que de poursuivre leur résistance. Les journaux évoquent abondamment les initiatives de paix attribuées…
Attaque de Hooge. La nuit ressemble aux précédentes : le canon gronde presque sans interruption et de nombreux blessés transitent par l’arrière-front. Les habitants assistent, impuissants, à ce va-et-vient incessant qui rappelle le prix humain des combats. Comme chaque semaine, on procède à l’appel des hommes. Dès 7 heures du matin, les Allemands déclenchent un bombardement d’une violence exceptionnelle sur Hill 62 et le Mont Sorrel. Pendant des heures, l’artillerie pilonne sans relâche les positions canadiennes. À 14 heures, quatre mines sont simultanément mises à feu sous les lignes alliées, anéantissant presque entièrement six pelotons du 28e Bataillon canadien. La…
Très froid. Le temps est très froid depuis quelques jours; un pardessus n’est pas de trop. La nuit a été un peu moins marquée par le canon, mais la fusillade reste nourrie. Une alerte a encore été donnée dans les baraques construites dans le jardin de la brasserie Dumortier. Les officiers sont rentrés depuis samedi soir. Tous prennent quotidiennement leur bain et ont même emporté la clé de la salle de bains. Hier, ils ont également détérioré l’appareil chauffe-bain qui ne fonctionne désormais plus. Le capitaine se promène fréquemment en manches de chemise dans le couloir de l’étage. Au jardin,…
Avec de grandes pertes. Nuit plus calme. On ne sait encore que peu de choses des combats de ces derniers jours, sinon que les Allemands auraient progressé du côté de Hooge, mais au prix de pertes très importantes. À Comines-France, une nouvelle affiche interdit désormais de voyager avec plus de vingt marks sur soi. Cette mesure vise à empêcher les habitants de transférer leur argent en Belgique, notamment dans les établissements bancaires. À la brasserie Dumortier, plusieurs officiers viennent inspecter les installations. Il est question de démonter la machine à vapeur et de la remplacer par un moteur électrique destiné…
Un doigt cassé. Nuit assez calme, mais le froid demeure particulièrement vif. Vers 10 heures, alors qu’ils tirent sur un avion allié, trois shrapnels allemands éclatent au-dessus de la ville. L’un d’eux retombe chez Madame François Froidure où une jeune fille est blessée à la main, avec un doigt fracturé. Une autre personne est atteinte à l’épaule. Une fois encore, la population civile paie le prix d’une guerre qui se déroule pourtant dans les airs. AERIAL PHOTOGRAPHY ON THE WESTERN FRONT DURING THE FIRST WORLD WAR (Q 27633) A rare air to air photograph showing a Royal Flying Corps BE.2C…
On orne les baraques. Le canon a grondé de plus belle durant toute la nuit, principalement dans la direction de Zillebeke et de Hooge, où les combats continuent avec acharnement. À l’approche de la Pentecôte, les soldats se préparent à célébrer la fête à leur manière. Les jardins sont dépouillés d’une partie de leur verdure afin d’orner les baraquements et les logements militaires. Les boulangers de la région reçoivent l’ordre de confectionner des gâteaux pour les troupes ; la farine, les œufs et le beurre sont fournis par l’autorité allemande. À Poperinghe, la gare demeure le théâtre d’une activité incessante.…
Pentecôte bien triste. La nuit a de nouveau été marquée par une violente canonnade, aussi intense que celle de la veille. La fête de la Pentecôte se déroule dans une atmosphère bien morose. La pluie tombe, le froid persiste et les difficultés d’approvisionnement deviennent de plus en plus préoccupantes. Faute de trouver de la viande ou des produits de base, beaucoup de familles doivent se contenter de saucisson, de fromage et, lorsqu’elles ont la chance d’en disposer, d’un lapin. Pour le dessert, quelques fraises sauvées du maraudage, car soldats comme enfants n’hésitent plus à se servir dans les jardins et…
Entre Saint-Eloi et Hooge. Nuit un peu plus calme. Le temps est encore plus froid et plus maussade que la veille. La pluie tombe sans interruption et, depuis une quinzaine de jours, il faut à nouveau porter le pardessus. La température n’est guère plus élevée qu’au mois de mars, ce qui accentue encore la morosité ambiante. Dans l’après-midi débute, entre Saint-Éloi et Hooge, une attaque d’une violence exceptionnelle. Le fracas de l’artillerie va crescendo au fil des heures et se prolonge durant toute la soirée ainsi que pendant la nuit. Une fois de plus, le secteur d’Ypres est le théâtre…
Le pain n’est pas bon. Il a été pratiquement impossible de dormir. Toute la nuit, le canon a tonné sans relâche et, ce matin encore, le bombardement se poursuit. Ce n’est que vers 10 heures que son intensité semble quelque peu diminuer. La pluie continue de tomber. Quel temps détestable ! Ajouté aux événements que nous vivons, il n’y a vraiment rien qui puisse égayer les esprits. Hier soir, un commencement d’incendie s’est déclaré à l’usine Villard, sans que l’on sache encore précisément l’étendue des dégâts. Le pain est de qualité médiocre et contient une proportion importante de son. La…
Contribution de guerre. Nuit plus calme. Hier, les notables de Comines-France, représentants de la bourgeoisie et du commerce local, ont reçu une convocation pour une réunion obligatoire consacrée à la contribution de guerre. Une proclamation du commandant de place doit y être lue. L’annonce suscite bien des inquiétudes et chacun s’interroge sur les nouvelles exigences qui pourraient être imposées à la population. La réunion est fixée à jeudi. Au casino installé chez le père Dumortier, un grand banquet a réuni les officiers. Les festivités se sont prolongées jusqu’au petit matin. Les habitants de Comines sont désormais invités à se faire…
On craint beaucoup l’espionnage. L’obtention d’un passeport devient de plus en plus difficile. Les autorisations ne sont accordées que pour des motifs jugés essentiels, les autorités craignant constamment l’espionnage et les passages d’informations vers l’ennemi. À Comines France se tient aujourd’hui la réunion annoncée des notables, en présence du commandant de place et de son secrétaire. Celui-ci donne lecture d’une proclamation rappelant que la question de la contribution de guerre n’aurait pas été examinée avec suffisamment de diligence par le conseil communal. Il est également fait remarquer que certains habitants disposent encore d’économies ou de dépôts bancaires. En conséquence, si…
