De plus en plus intrépide.

La pluie continue de tomber sans discontinuer. Malgré ce mauvais temps, les avions poursuivent leurs missions avec une audace remarquable. Les ballons captifs reprennent également leur place dans le ciel, mais avec davantage de prudence qu’auparavant. Désormais, des avions de chasse assurent leur protection en patrouillant au-dessus d’eux. En soirée, deux bombes sont larguées : l’une tombe aux Casernes, l’autre dans la direction de Wervicq.
À Comines France, une réunion mouvementée du conseil municipal est consacrée à l’épineuse question de la contribution de guerre exigée par les autorités allemandes. Les élus cherchent un compromis similaire à celui adopté dans d’autres villes occupées, proposant de limiter le versement à 250 000 francs, correspondant à la part de l’État dans les impôts, payables sous forme de bons communaux.
Dans la partie de la Belgique restée libre, les soldats participent aux travaux agricoles en aidant les cultivateurs à rentrer les foins, illustrant la mobilisation de toutes les ressources disponibles au service de l’effort de guerre.
Les autorités allemandes accentuent leur pression sur Comines France en utilisant les laissez-passer comme moyen de coercition. Elles préviennent que tant que la ville ne manifestera pas davantage de bonne volonté pour s’acquitter de la contribution de guerre, les autorisations permettant de se rendre à Lille seront suspendues.
Au cimetière militaire, la première section réservée à la 45e division allemande révèle l’ampleur des pertes subies ces derniers mois. Les croix portent très souvent la même mention : « Mort à Messines ». Ce simple constat rappelle le prix humain considérable payé lors des combats autour de cette localité devenue l’un des secteurs les plus meurtriers du front des Flandres.

