La nuit en prison.

Le temps était sombre hier soir lorsque les avions sont apparus dans le ciel. Trois ballons captifs auraient été abattus, frappés par des projectiles incendiaires lancés par les aéronefs fondant sur leurs cibles. Malgré le danger, de nombreuses personnes sont sorties dans les rues pour assister au spectacle, mais plusieurs ont été arrêtées et ont passé la nuit en prison.

Les observateurs installés dans les ballons ont été blessés. Celui de Sainte-Marguerite aurait tenté de descendre en s’agrippant aux cordages de sa nacelle, mais l’explosion l’aurait précipité au sol. On annonce ce soir qu’il n’aurait pas survécu.
Depuis ce matin, la population est gagnée par une étrange exaltation mêlée d’étonnement admiratif devant la hardiesse des aviateurs alliés. On raconte que quatre « baudruches » ont brûlé. Selon les récits qui circulent, un pilote se serait jeté de sa nacelle avant que le ballon n’explose, tandis qu’un second ballon aurait pris feu alors qu’il touchait presque le sol.
Comme souvent, les récits prennent des proportions considérables. Certains affirment même que l’attaque aurait concerné toute une portion du front et que pas moins de dix-sept ballons auraient été détruits.
