Démonstration du Mark I.

Vu le mauvais temps qui persiste sans interruption depuis le début du mois, les apparitions d’aéroplanes se font rares.
Le canon tonne fréquemment durant la nuit, et cela depuis vingt mois, toujours dans les mêmes directions. La fusillade crépite également, même si certaines nuits se montrent un peu plus calmes.
À Comines France, le conseil municipal se réunit pour entendre la lecture d’une lettre du commandant allemand proposant à la ville de s’entendre avec les localités voisines afin de réunir la somme exigée au titre de la contribution de guerre.
À Comines Belgique, les sanctions se multiplient. Les amendes pleuvent pour absence à l’appel, circulation sans carte d’identité ou encore pour ne pas avoir arrosé la rue avant de la balayer. Les autorités se montrent d’une extrême rigueur : chacun doit porter sa carte d’identité sur lui, même lorsqu’il se tient devant sa propre porte.
Le vicaire de Dickebusch rend visite à plusieurs de ses paroissiens réfugiés à Westoutre, où ils vivent sous des tentes, bénéficiant malgré tout d’un confort relatif au regard des circonstances.
Poperinghe continue de subir de nombreux bombardements en provenance du secteur de Hooghe. Une violente explosion dans une installation de bains communs aurait causé la mort d’une quarantaine d’hommes.
Enfin, en Grande-Bretagne, une étape majeure de la guerre moderne est franchie avec la présentation d’un prototype de char d’assaut, le Mark I, engin inédit appelé à transformer profondément la conduite des opérations sur les champs de bataille.

Sources :
Référence :
- Tome 12 – SHCWR
- Ieper 1916 – 1917
- Journal de guerre
Auteur :
- Dumortier Henry
- Ivan Vanherpe
- Achiel Van Walleghem
