Du carton bitumé à la place.

Le bourgmestre de Comines se voit refuser l’autorisation de se rendre à Courtrai. Son passeport est pourtant prêt, mais la Commandantur en interdit finalement l’usage. La veille, il avait osé protester lorsque les autorités allemandes étaient venues réquisitionner sa chambre, un geste qui lui vaut manifestement cette mesure de rétorsion.

Jules Van Der Meersch – Bourgmestre de Comines 1912-1919 – Fonds SHCWR

Le commandant de place étant en congé, c’est son adjudant qui assure l’intérim. Les réquisitions de logements se poursuivent sans ménagement. Monsieur et Madame Jean d’Ennetières sont contraints d’abandonner leur chambre pour s’installer au rez-de-chaussée, une illustration supplémentaire des contraintes imposées quotidiennement aux habitants.

À la brasserie Dumortier, les Allemands poursuivent leurs aménagements. Les tuiles d’un petit hangar sont démontées afin de réparer d’autres bâtiments plus endommagés. Elles sont remplacées par du carton bitumé, comme cela a déjà été fait sur les toitures de l’écurie et du magasin. Civils et soldats allemands, notamment des charpentiers, travaillent ensemble à ces réparations.

Des nouvelles rassurantes parviennent concernant Pierre Lannoy, blessé lors du récent bombardement. Son père, autorisé à lui rendre visite samedi, apprend que son état est jugé satisfaisant. L’éclat d’obus s’est toutefois logé dans la plèvre et le poumon, ce qui laisse présager une longue convalescence.

À Comines France, un incendie détruit entièrement le patronage. La chapelle ainsi que les salles situées en dessous sont réduites en cendres, privant la paroisse d’un important lieu de rassemblement.

Sur le front de la Somme, la bataille de la crête de Bazentin entre dans sa phase finale. Après leurs succès du 14 juillet, les troupes britanniques consolident les positions conquises, tandis que les combats gagnent en intensité autour de Pozières et du bois Delville. Les affrontements, particulièrement meurtriers, annoncent une nouvelle phase de l’offensive alliée, où chaque village et chaque bosquet seront disputés au prix de lourdes pertes.

Sources :
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