Calendrier de travail
La nouvelle Commandantur fonctionne. Toute la nuit, de lourds coups de canon secouent la ville ; dormir est impossible. Le temps ajoute encore à la misère : dégel, tempête, ciel uniforme et sombre du matin au soir. Peut-être cela dissuadera-t-il les obus de revenir aujourd’hui. La nouvelle Commandantur fonctionne désormais. Les jeunes gens doivent se présenter en Belgique, mais seulement une fois par semaine. Les ouvriers belges, quant à eux, travaillent en Belgique, et l’appel se fait près du Patronage.Demain, un nouveau capitaine doit arriver. La Ville prévoit de faire débiter, demain également, une bête arrivée la semaine dernière. Il…
Bombardements en continu Le canon tonne puissamment durant la nuit ; fusillade et mitrailleuses se mêlent au vacarme. Au matin, le calme revient peu à peu. Le temps est clair mais balayé par un grand vent, et quelques aéros passent au-dessus de la ville. La journée se déroule sans qu’aucun obus ne tombe. Aujourd’hui arrive l’aumônier, le R.P. Rouff, rédemptoriste. Étudiant à Rome autrefois, ce Luxembourgeois parle un français remarquable. La province rédemptoriste du Luxembourg ayant été réunie à celles de Rhénanie et de Westphalie, il lui fallait la naturalisation allemande pour pouvoir y retourner. Il disait avec une pointe…
Le canon allemand a son habitude. Il y a toujours de fortes canonnades sur tout le front. Deux personnes blessées dimanche par les obus sont décédées. Plusieurs familles — Paul Schoutteten, Catteau-Strat, Hassebroucq-Catteau — obtiennent la permission d’évacuer vers Roubaix avec quelques meubles. Vers 14 h, le canon se met à rouler d’une façon effrénée du côté de Messines ; ce grondement ne cesse plus jusqu’au soir. À la tombée de la nuit, comme presque tous les soirs, le canon allemand bombarde par intervalles. Les détonations sont énormes, venant de derrière chez Cousin, à Comines France, et se dirigeant vers…
Joffre prend la tête. A propos de l’explosion d’hier soir, on apprend que c’est la cheminée de la fabrique Hassebroucq qui a été détruite ; on dit que d’autres cheminées sont condamnées, car elles servent de repères aux artilleurs alliés. Aujourd’hui, malgré un temps sombre, des aéronefs viennent inspecter les lieux. L’un d’eux se fait particulièrement remarquer : après avoir survolé l’usine Hassebroucq, il revient en droite ligne en passant au-dessus de la maison Dumortier et, malgré les tirs qui s’abattent dru autour de lui, il avance avec une lenteur inquiétante. Autour de nous, nous recevons quantité de débris provenant…
Par la Suisse. Le temps est à la pluie. Ce matin ont lieu les départs des familles françaises ; il paraît que le spectacle est navrant, avec les chariots et les carioles alignés sur la place. Aujourd’hui s’ouvre la liste des personnes françaises souhaitant évacuer par la Suisse, avec 30 kilos de bagages. Les hommes de 17 à 50 ans n’y sont pas admis. C’est une véritable procession à la mairie et, avant le soir, plus de cinq cents personnes s’y inscrivent. La liste sera clôturée le 8. Pour les Belges, aucune décision n’est encore communiquée ; le bourgmestre entreprend…
Une canonnade infernale. Il fait un temps épouvantable : pluie battante, vent violent, et les eaux envahissent les prés. De l’eau dans les prés – Fonds SHCWR Dans les maisons occupées par les officiers allemands, dès 4 heures, un vacarme incroyable éclate, comme si tout le monde déménageait. Ce ne sont pourtant que les ordonnances qui se lèvent pour allumer les feux et mettre tout en ordre. Les enfants, eux, ne parviennent plus à dormir. Les inscriptions pour la Suisse se poursuivent à un rythme soutenu. On dit que les Bavarois quitteraient bientôt la brasserie Dumortier. Les soldats, en conduisant…
C’est vraiment sinistre. Le temps est assez clair ce matin, mais le froid reste humide et pénétrant. Dans les maisons occupées par les officiers allemands, les ordonnances se lèvent un peu moins tôt, vers 5 h 30. Dès ce moment-là, leurs allées et venues empêchent toute la maison de dormir, surtout les enfants. La journée se déroule calmement, sous une pluie continue. Quelques avions passent et attirent un tir nourri. Le canon tonne presque sans interruption et les obus qui tombent autour de Warneton, Houthem et Ten-Brielen provoquent un vacarme impressionnant. Par prudence, certains civils passent l’après-midi dans les caves.…
Conférence à Chantilly. La nuit est encore marquée par le canon et la fusillade, presque sans interruption. Comme aucun obus n’est tombé ces derniers jours, beaucoup de personnes demandent à être retirées de la liste de départ pour la Suisse ; environ 500 restent inscrites. Un avis annonce que samedi, il faudra présenter le mulet ainsi que tous les chevaux de la commune.On continue à déménager la bière de la brasserie. On s’attend au départ prochain des Bavarois, qui travaillent pourtant encore sur place ; selon les ouvriers, leur départ serait fixé au 12. À Comines France, la ration hebdomadaire…
Des Russes travaillent dans notre région. Les bombardements allemands continuent chaque nuit, accompagnés d’une forte canonnade. Le matin, l’activité ralentit un peu, mais l’après-midi — surtout aujourd’hui — les combats reprennent avec intensité, et des obus tombent entre Ten-Brielen et Comines. Dans la matinée, Henry Dumortier est convoqué au bureau. L’officier-inspecteur lui demande s’il souhaite reprendre lui-même la brasserie ou laisser des soldats continuer à l’exploiter. Après en avoir discuté avec ses associés, il confirme vouloir la reprendre. On lui répond que la brasserie sera rendue dans l’état où elle a été prise, sans préciser de date. Dans le même…
Les prairies sont inondées. La nuit reste agitée. Depuis dimanche, il pleut sans arrêt et les prairies sont inondées ; il s’en faut de peu pour que les maisons le soient aussi. Dès 4 h 30, les ordonnances s’agitent dans les escaliers et les maisons ; le vacarme est incessant. Le canon tire encore très fort toute la journée et, une fois de plus, des obus tombent entre Comines et Ten-Brielen ; les maisons en tremblent. Le soir, les tirs continuent. Les prisonniers russes, employés par les Allemands pour creuser des tranchées, profitent d’une occasion pour s’échapper vers les lignes…
Une seconde contribution. Le canon gronde toujours la nuit, sans surprise. On finit par s’y habituer et l’on respire un peu, puisqu’aucun obus ne tombe plus dans les environs. À la brasserie Dumortier, les soldats démontent leurs foudres, transportés vers la gare : tout indique un départ imminent. Il ne reste sur place qu’un cuisinier et une ordonnance, chargés de préparer les repas d’un capitaine au front depuis la veille et de les porter jusqu’aux tranchées. Le soir, un sous-officier de la Commandantur belge vient interroger Henry Dumortier. Il pose une série de questions très précises : le nom de…
Début des retours de Gallipoli. Toujours de fortes canonnades durant la nuit.Il pleut sans cesse et l’inondation progresse rapidement : les prairies sont désormais sous l’eau. Les soldats qui reviennent des tranchées sont méconnaissables, couverts de boue des pieds à la tête. Les eaux montent à Bas-Warneton – Fonds SHCWR Dans la matinée, Madame Dumont apprend par les Saxons qui brassent chez elle que la brasserie bavaroise s’apprête à quitter Comines.C’est la confusion autour des fûts : on en retrouve mélangés dans presque toutes les brasseries, et les brasseurs tentent de s’entraider du mieux qu’ils peuvent. Le mulet blessé par…
Mort pour la Belgique. Cette nuit, la canonnade a été particulièrement violente ; c’est terrible à entendre. Hier soir, des officiers se sont rendus chez Van der Mersch. Après avoir réclamé les clefs de ses magasins, ils ont mis sous séquestre tout ce qui s’y trouvait : les marchandises de Van der Mersch ainsi que les céréales appartenant à plusieurs fermiers. À Comines France, toutes les bêtes à cornes sont réquisitionnées. L’autorité allemande prévoit d’installer une étable à l’usine Schindeler, où les enfants de moins de trois ans et les personnes malades pourront obtenir un litre de lait par jour.On…
Impôt sur la bière. Le temps est un peu meilleur ; il pluvine par intervalles. La nuit, le canon tonne toujours très fort, mais ce matin, c’est le calme. On doit désormais déclarer le nombre d’hectolitres de bière produits. Un nouvel impôt sera établi sur la bière et sur les épiciers ; l’autorité allemande songeait d’abord à taxer cabaretiers et brasseurs, mais finalement seul le brasseur sera imposé. Aéros dans la matinée. L’après-midi, le canon gronde de nouveau ; les éclatements d’obus vers Houthem sont terribles et font trembler les maisons. Le camion Dumont décharge pour la brasserie un wagon…
Réouverture des classes La pluie cesse enfin et l’eau atteint son niveau le plus haut ; les potagers sont inondés. Depuis 1894, elle n’avait jamais monté aussi haut. Le canon gronde durant la nuit comme toujours. Ce matin, de fortes explosions de grenades à main éclatent près du canal, avec un fracas épouvantable. Le temps est clair, des aéros circulent.Hier soir, un capitaine est parti au feu et, pour la première fois, son cuisinier — qui parle très bien le français — ainsi que ses ordonnances doivent l’y accompagner. Les classes rouvrent, mais les Allemands ne rendent toujours pas les…
Les vaches françaises réquisitionnées C’est toujours la même situation : combats de jour comme de nuit, avec une accalmie relative le matin et le soir, avant une reprise vers 21 h. Les soldats qui rentrent des tranchées sont couverts de boue, sales et épuisés. À Comines France, toutes les vaches françaises réquisitionnées sont installées chez Schindeler ; les fermiers ont dû les y conduire eux-mêmes. On en compte environ deux cent cinquante. Chaque matin, le lait est vendu aux enfants et aux malades, à raison d’un litre par personne, mais cette quantité n’est pas toujours atteinte. En Belgique, dimanche dernier,…
Fournir un œuf. Avec l’aide de civils, on continue à fortifier les caves. Chez Pajot, la couche de béton arrive à hauteur des châssis, de plain-pied avec le sol. Chez Ferrant, on procède de la même manière et, aujourd’hui, les travaux commencent « À la Fontaine ». On s’interroge sur le sort qui est réservé à Comines. À Comines France, tout propriétaire de poules est tenu de fournir un œuf par cinq poules chaque semaine. En Belgique, il n’est plus permis de faire vider les citernes sans prévenir la Commandantur deux jours à l’avance. Les ouvriers chargés de ce travail…
Pas un homme n’a été admis. Le départ des évacués pour la Suisse a lieu ce matin à 3 h. Ils passent la nuit à la mairie, sous la direction d’Achille Lambin, afin de vérifier les bagages. À 3 h, ils partent à pied sous sa conduite vers Wervicq, accompagnés de trois chariots pour les bagages et les enfants. À Wervicq, ils prennent le train pour Lille, Valenciennes, etc. Les évacués sont tous indigents, à l’exception de Madame Froidure-Schoutteten et de ses enfants. Aucun homme n’est admis. NDLR : Ce chariot est à Wervik mais on peut facilement imaginer la…
La garde impériale part. La nuit est calme ; on n’entend que la fusillade. La Garde impériale, présente ici depuis environ un mois, quitte les lieux et est remplacée par d’autres troupes. Un convoi de quatre à cinq cents Russes passe ; ils viennent travailler dans la région. On dit qu’ils vont creuser des tranchées vers Comines France et Linselles. Route de Warneton, près du canal, des mines sont placées ; la situation devient de plus en plus impressionnante. La journée se déroule dans le calme. Consolidation des fonds des tranchées – Fonds SHCWR Sources : Référence : Tome 12…
Un calme. Le calme tranche avec les semaines précédentes. À Comines France, la rumeur court que les États-Unis seraient entrés en guerre contre l’Allemagne. Le communiqué allemand du 6 décembre fait état de l’éclatement d’une mine du côté de Frelinghien. Les Anglais répliquent et détruisent une tranchée sur une longueur de vingt-cinq yards. L’idée de l’emploi systématique des mines s’impose peu à peu ; elle avait déjà été mise en œuvre du côté d’Arras. Vue aérienne de Frelinghien – Fonds SHCWR Sources : Référence : Tome 12 – SHCWR La Guerre Auteur : Dumortier Henry Bernard Vernier Lieu : Comines…
La bonne qualité de leur “respirators”. Nous sommes réveillés dès 4 h par une forte attaque des Alliés, qui se prolonge jusqu’à 7 h 30. Vers 8 h 30, de violentes explosions font tout trembler ; il s’agit, semble-t-il, d’essais de grenades à main, désormais plus proches, vers le canal. Des aéros circulent. Vers 16 h, des obus sifflent et vont tomber sur Ten-Brielen ; ce sont probablement de gros calibres, tant l’explosion est violente. La brasserie Dumortier est calme aujourd’hui ; des départs ont eu lieu durant la nuit. Le capitaine, le cuisinier et les ordonnances sont rentrés hier…
Bombardements sur Comines – France Le canon tonne fortement, de nuit comme de jour. Le jardin de la brasserie Dumortier est saccagé. On enlève les quelques sapins encore intacts ; ceux dont le sommet avait été coupé l’an dernier sont arrachés à la base. D’autres arbustes sont également abattus. Dans la rue, on ne voit passer que des sapins, destinés aux fêtes de Noël. Le jardin est dans un état lamentable. Le bourgmestre ne peut se rendre à Courtrai. Il passe sa commande par l’intermédiaire du délégué de Wervicq et, après une démarche auprès de la division de Wervicq, il…
Accompagné d’un hussard de la mort Dès 8 h, Henry Dumortier se rend à la Kommandantur pour y remettre la lettre suivante :« Monsieur le Commandant de place, après sept mois d’occupation, le IIᵉ Corps d’armée bavarois quitte notre brasserie. Sauf avis contraire de votre part, nous comptons disposer de notre établissement après leur départ. Recevez, Monsieur, nos salutations distinguées… »Le Commandant étant en congé, la lettre lui est transmise. Dans la matinée, le curé Jean-Baptiste Delporte est envoyé à Bas-Warneton pour administrer Monsieur le curé Louis Platel, gravement malade. Il est accompagné d’un hussard de la mort faisant fonction…
Des civils se servent. Il pleut et les eaux montent de nouveau. Deulémont inondations 1915 – Fonds SHCWR Le canon gronde toujours la nuit. L’inspecteur ne se présente pas au bureau de la brasserie Dumortier. Il n’y a plus personne pour diriger les ouvriers civils. Le caporal et les derniers soldats ont quitté la cour à minuit, dans beaucoup de tapage. Ce matin, les civils ne savent que faire. Il ne reste que quatre soldats brasseurs, qui étaient partis puis sont revenus loger à l’estaminet « À la Brasserie ».À midi, les civils quittent les lieux pour le reste de…
Agé de 70 ans. Le temps est épouvantable : pluie et vent, une courte éclaircie vers midi, puis quelques aéros. Il doit se dérouler une attaque violente sur tout le front, car le canon ne cesse pas et se fait entendre toute la journée, avec une accalmie seulement vers le soir. Le secrétaire du bureau de la brasserie Dumortier annonce que l’officier est parti pour douze jours en Allemagne. Il s’étonne que nous n’en ayons pas été informés. L’officier doit ensuite revenir à Comines pour quelques jours, puis tous quitteront les lieux en remettant la brasserie à la Commandantur. Un…
Les vivres sont hors de prix. La nuit est calme. Il pleut toujours et les eaux montent rapidement. Les vivres sont hors de prix : le beurre atteint 8,50 francs, les œufs se vendent à 7 sous (à Lille, 15 sous), la viande à 5,50 francs le kilo. De plus, l’écart entre les bons de ville et les marks ou la monnaie belge et française augmente encore et atteint jusqu’à 25 %.Beaucoup de commerçants refusent désormais les bons de ville, plutôt que d’appliquer deux tarifs selon le mode de paiement. La boucherie communale, qui fonctionne aujourd’hui, refuse les bons de…
Toujours le même tra-la-la Les fêtes de Noël sont célébrées avec tout le tra-la-la de l’année précédente, mais le cœur n’y est pas.Noël se vit dans la peine et l’inquiétude. Par intervalles, le canon gronde encore, rappel constant que la guerre ne connaît ni trêve ni silence sacré. Certains ont néanmoins réussi à se procurer quelques coquilles pour les enfants. Malgré tout, on a fait passer le petit Jésus. Au matin, la joie des enfants éclate au réveil, fragile éclair de bonheur dans un quotidien assombri. La chapelle ne désemplit pas durant toute la journée. La foule s’y presse, cherchant…
La sainte communion pour Mr le Curé Certes, ces jours de fête apportent une relative accalmie, mais le canon continue de gronder par intermittence, rappel constant de la guerre toute proche. Ayant appris que l’état de Monsieur le Curé de Bas-Warneton s’était aggravé, je demandai au R.P. Rouff, qui devait dire la messe à Bas-Warneton, de consacrer une sainte espèce afin de pouvoir porter la communion au malade. Il accepta avec empressement, pour la grande consolation de Monsieur Platel. Celui-ci avait reçu l’extrême-onction la veille, administrée par le vicaire de Comines-France, lequel n’avait pas apporté le Saint-Sacrement, ignorant que le…
Un bruit formidable La journée est relativement calme. Le presbytère, restauré tant bien que mal, est redevenu plus ou moins habitable dans l’après-midi.La soirée est belle. Il faut rappeler qu’au mois de septembre, les Allemands avaient violé le cimetière de la rue de Warneton en y creusant une grande cave destinée au stockage de munitions, transportées jusque-là à l’aide de véhicules de la Croix-Rouge. Une personne revenant de la messe affirma avoir assisté à la scène. À cette époque, des journaux allemands mentionnaient que les Alliés agissaient de la même manière ailleurs. Par la suite, aucune nouvelle munition ne fut…
Encore deux de plus Dès 6 h, on court chercher le vitrier et l’on prend pleinement la mesure des dégâts. Au clair de lune, le spectacle est navrant : les toits sont dégarnis, et toutes les rues, y compris celles de Comines France mais surtout en Belgique, sont jonchées de débris de toutes sortes. On visite quelques maisons : elles sont très fortement endommagées, c’est inénarrable. Le cimetière, visible depuis le pont du canal, est très abîmé : le mur de façade est détruit, les monuments funéraires sont projetés en morceaux de tous côtés. À l’endroit de l’explosion, d’après témoins,…
Une seule bombe par avion Depuis 22 h hier soir et jusque tard dans la nuit, un formidable duel d’artillerie se déroule vers Warneton-France. Les détonations paraissent si proches qu’il est impossible de dormir. À bout de forces après les événements de la nuit précédente, on finit par sombrer dans un sommeil court et agité. Les enfants toussent beaucoup. Le docteur Vouters n’hésite pas à diagnostiquer la coqueluche. Vers 12 h 30, la cabaretière de « À la Fontaine » annonce l’arrivée d’une quinzaine d’aéroplanes alliés. Peu après 13 h, on en compte jusqu’à dix-huit au-dessus de Comines — certaines…
Vers Wervicq, violentcombat d’artillerie. La matinée est plus calme. Impossible d’obtenir des hommes de métier. Les uns, comme le couvreur, sont retenus par la Commandantur ; les autres sont complètement débordés. Beaucoup s’improvisent couvreurs d’occasion. Heureusement, il ne pleut pas. Les ordonnances vont et viennent, mais ces jours-ci ils restent davantage dans leur chambre. Le capitaine part aujourd’hui aux tranchées, mais cette fois le cuisinier demeure sur place. Dans le jardin d’Henry Dumortier, on retrouve une tige de fer provenant de la grille du cimetière, projetée par l’explosion : elle mesure 0,85 mètre et pèse 5,250 kg. Dans l’après-midi, des…
Dernière journée de l’année. Il y a eu une violente canonnade durant la nuit, vers Deûlémont.À 6 heures du matin, une forte détonation retentit : c’est une explosion à Bousbecque, du même genre que celle de Comines, mais de moindre ampleur. Bousbecque – Fond SHCWR Les couvreurs d’occasion remettent en place tuiles, carreaux et planches. Il était temps, car vers midi la pluie revient et le vent se lève.Dans l’après-midi, un violent combat d’artillerie se développe vers Warneton ; les obus éclatent en faisant tout trembler. C’est la dernière journée de l’année. Elle est triste, marquée par le vent qui…
Fête à la Soldatenheim Les Allemands fêtent toute la nuit dans leur Soldatenheim, installé au couvent des Sœurs de Notre-Dame. À 23 h (minuit, heure allemande), les salves commencent : coups de fusil, de révolver, qui se poursuivent durant près d’une heure.Les ordonnances, qui célèbrent le réveillon avec quatre camarades dans leur chambre, rejoignent les soldats rassemblés dans la cour de la brasserie Dumortier et tirent également. Les balles sifflent ; on se demande s’il n’y a aucun danger. Les enfants sont saisis par le bruit. Le reste de la nuit se déroule dans un vacarme incessant. C’est le premier…
Couvre feu Dès 8 heures, malgré un temps sombre et bas, quatre aéros survolent la région et inspectent les lieux en tous sens. Leur présence rappelle que le danger ne vient plus seulement du sol, mais aussi du ciel. La Ville et les particuliers ne peuvent désormais plus disposer des chevaux du voiturier Wyffels sans une autorisation expresse de la Commandantur. Les restrictions se resserrent encore un peu plus sur la vie quotidienne. La Ville décide de faire expertiser les dégâts subis par les particuliers lors de l’explosion du 27 décembre 1915. Partout, on tente d’évaluer l’ampleur des destructions, alors…
Le ravitaillement devient difficile. Le bourgmestre ne peut plus se rendre à Courtrai ; le ravitaillement devient de plus en plus difficile.Les ordonnances ne vont plus aux tranchées avec le capitaine. À la brasserie Dumortier, la situation reste inchangée : la brasserie est inoccupée. Les civils et les quatre Bavarois encore présents fabriquent des limonades. On allume parfois le feu au générateur afin d’obtenir de la vapeur pour le lavage des bouteilles ; pour cela, un wagon de charbon a été amené. La brasserie Van Elslande reçoit cet après-midi la visite des Allemands. Ceux-ci réquisitionnent le malt et ordonnent la…
Combats en Champagne. On profite de l’enterrement de la belle-mère d’Henri Lemay pour se rendre au cimetière. Les abords sont délabrés : il n’y a plus d’arbres à l’entrée, plus de mur — ou plutôt il n’en subsiste qu’un pan, que des soldats achèvent de démolir. À l’endroit de l’explosion, un trou béant s’ouvre encore. Une forte odeur de cadavres arrive par bouffées. Dès l’entrée, le cimetière offre un spectacle navrant. Les pierres des monuments forment un fouillis extraordinaire. Les tombes sont ébranlées, beaucoup sont ouvertes et, pour certaines, les cercueils sont visibles. Il paraît que des corps sont sortis…
Les détonations quifont tout trembler. Quelques aéros survolent la région aujourd’hui. Un grand mouvement de troupes se déroule toute la nuit, avec arrivées et départs incessants. Vers midi, le canon recommence comme la veille ; les détonations sont violentes et font tout trembler. Le curé de Bas-Warneton décède. Vers 15 h, une affiche est apposée à la Commandantur : les civils ne peuvent plus sortir entre 17 h et 8 h du matin (heure allemande). À Comines France et à Wervicq, la retraite reste fixée à 19 h. Cette mesure ne s’applique donc qu’à Comines Belgique et au Godshuis, sans…
De véritables forteresses. C’est le calme ces jours-ci dans la matinée ; l’après-midi, il y a des duels d’artillerie et, la nuit, la canonnade reprend. Les caves construites en ville sont de véritables forteresses, s’élevant à plus de 1,50 m hors de terre ; on continue à en édifier de nouvelles, rue de la Gare et au café « Sainte-Anne ». Le carillon recommence à faire entendre ses airs d’avant-guerre, mais il ne s’agit que d’essais, car ce sont surtout des airs connus en ce moment qui viennent tinter à nos oreilles. À la brasserie et au bureau, les soldats…
Funérailles de Monsieur Louis Platel Funérailles de Monsieur Louis Platel, curé de Bas-Warneton et ancien vicaire de Comines. Il n’y a qu’une messe, sans office des morts. Le commandant de place de Bas-Warneton assiste au service. À Comines France, des perquisitions ont lieu dans certaines demeures cossues à la recherche d’appareils de téléphonie, avec ou sans fil, ainsi que de pigeons. MINISTRY OF INFORMATION FIRST WORLD WAR OFFICIAL COLLECTION (Q 12213) Pigeon Service. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205247743 En Angleterre, le service militaire obligatoire est instauré. Sources : Référence : Tome 2 – SHCWR Tome 12 – SHCWR La…
Une carte postale. NOTTEAU Louis, Désiré, né à Ploegsteert le 16 aout 1892 . Soldat au 2ème Chasseurs à pied, matricule 3093. Il décèdera à Ploegsteert le 19 mai 1920 à 9 h. 30 à 27 ans 9 mois. Témoignage d’Omer Verbeke : Louis fut fait prisonnier au début 1915 et envoyé au camp de Soltau, près de Hanovre, en Allemagne. Il est revenu à la fin de la guerre, malade, suite aux privations. Il n’a plus jamais recouvré la santé. Soltau à environ 650 km de sa terre natale du Ploegsteert.Soltau est situé en Allemagne, au coeur du triangle…
Décès de Carton Paul. À 4 h, attaque d’artillerie vers le Hooge ; fort roulement de canon pendant une heure. Calme dans la matinée, puis duel d’artillerie durant le reste de la journée. On ne s’habitue pas à devoir être rentré pour 16 h. Les gendarmes sont très difficiles et arrêtent puis relâchent de nombreuses personnes se rendant à l’église avant 7 h. Les passeports en cours ne sont plus valables avant 7 h et après 16 h ; il faut un passeport spécial pour circuler en dehors de ces heures et on ne l’accorde qu’avec beaucoup de difficulté. Mort…
Le curé dort à la cave Le canon tonne terriblement toute la nuit. Dès 5 h 30, certains quittent leur maison ; il faut être prêts pour 7 h. Nous ignorons quand nous les reverrons. Le camion est chargé, mais il n’emporte que peu de choses : malles, caisses, lit, pianola…À 7 h, tous se présentent à la Commandantur pour vérification, avant le départ vers Tourcoing où ils arrivent à bon port vers 11 h. Certaines maisons se retrouvent vides et doivent être occupées par des évacués de Warneton, peu enthousiastes, car les meubles ont souvent été mis à l’abri…
Explosion à Lille À Comines France arrivent de petites voitures russes, basses et en forme de V, aux petites roues peintes de couleurs vives. Les troupes françaises déployées à Boesinghe se retirent en direction de Verdun et sont remplacées par les Anglais. Dans la nuit, rue Nationale à Lille, l’explosion de la casemate dite des « Dix-huit Ponts », située entre les portes de Douai et de Valenciennes, souffle 738 maisons et 21 usines. L’accident fait environ une centaine de morts et plus de 400 blessés. Le général Haig remplace le maréchal French comme commandant suprême des forces britanniques en…
Départ du dernier bateau allié. Le temps est clair et l’on constate un léger gel. Dès 7 h 30, plusieurs aéros apparaissent ; il faut rapidement se mettre à couvert, car des éclats de shrapnel retombent tout autour. Les sanctions pleuvent : amendes et emprisonnements frappent ceux qui circulent sans passeport, les ouvriers récalcitrants, les transporteurs de pommes de terre ou encore les cabaretiers ayant servi à boire en dehors des heures autorisées. À Comines France, une nouvelle vague de perquisitions dans toutes les maisons vise à saisir pigeons et appareils téléphoniques. Des soldats allemands rentrent des tranchées affectés par…
Quesnoy et Deûlémont bombardés. À la brasserie Dumortier, les soldats ont obturé les châssis avec des planches et quelques carreaux récupérés à la serre. L’intérieur est désormais très sombre et offre un spectacle attristant. Le travail se limite toujours à la fabrication de limonades. On dit qu’on attend encore du malt pour pouvoir brasser, mais il devient très difficile d’en obtenir et l’on craint qu’il n’y en ait bientôt plus. La brasserie est ainsi inactive depuis près de deux mois. Même trois fûts vides provenant d’une autre brasserie, que le garde avait fait porter chez Dumortier, doivent être rendus par…
Un char en projet. Après une matinée assez calme, hormis les explosions de grenades à main qui recommencent ces jours-ci, le canon gronde tout l’après-midi et les obus tombent vers Warneton, faisant tout trembler. Lorsqu’ils éclatent, ils donnent l’impression d’une déchirure brutale. Ruines place de Warneton – Fonds SHCWR Les vivres se raréfient : le beurre est introuvable, le sucre cristallisé atteint un franc la livre et le café devient difficile à obtenir. Seul le charbon reste accessible. Le bourgmestre obtient de moins en moins l’autorisation de se rendre le lundi à Courtrai pour le ravitaillement par le Comité hispano-américain.…
Lutter contre le froid Il fait un brouillard très froid. Les maisons abîmées sont glaciales ; il manque partout des carreaux et il faut déjà lutter durement contre le froid. Heureusement, Dieu semble vouloir nous épargner : jusqu’à présent, l’hiver n’est pas trop rude. Que serait-ce s’il en était autrement ? La coqueluche ne fait que croître. Vers 9 h, un sous-officier visite sans prévenir la cave Dumortier. Il se fait montrer la maison et déclare que la cave va être fortifiée comme ailleurs : 1,50 m à 2 m de béton. Malgré les réclamations formulées par les habitants, les…
Quinze obus sur Lille. D’après les officiers, une quinzaine d’obus seraient tombés à Lille la nuit dernière entre 22 h et minuit. À Deûlémont, où les projectiles pleuvent quotidiennement, les habitants reçoivent l’autorisation d’évacuer. Le canon se fait entendre dans la journée. Soldats allemands dans des ruines à Deulemont – Fonds SHCWR Le soir, à partir de 21 h, les Allemands bombardent comme la veille. L’officier britannique Francis Buckley décrit son arrivée à Hill 60. Débarqué à Rouen, il rejoint Poperinge par train via Hazebrouck. Après un court repos au camp de l’Ouderdom, il gagne les tranchées situées près du…
Un combat d’artillerie acharné. Très tôt, des aéros apparaissent au-dessus de la ville; on ne tire guère sur eux. Vers 9 h, un combat d’artillerie acharné commence. À la brasserie Dumortier, les civils nettoient et lavent les fûts. On apporte du malt provenant de la brasserie Dumont où le travail doit être arrêté, afin de pouvoir recommencer ici. Voilà près de deux mois que la brasserie est inactive. Dans l’après-midi, le sous-officier revient également pour la cave et prévient que, faute de réponse, il commencera les travaux dès demain. Il devient presque impossible de s’y opposer. En France et en…
