Calendrier de travail

Dimanche 24 septembre 1916

Toujours aux aguets. Nous avons pu dormir un peu mieux, quoiqu’un aéro soit passé à minuit, jetant des bombes dans le lointain. Heureusement, nous n’avons rien entendu, mais beaucoup de gens passent des nuits blanches et restent constamment aux aguets. Il fait un temps superbe, un véritable été de la Saint-Michel. Mais si les grandes personnes osent un peu sortir, il n’en est pas de même pour les enfants, qu’il faut laisser enfermés. Appel à 15 heures, sans aéros, heureusement. Les vicaires et l’abbé Plovier ne doivent plus se rendre à l’appel en raison de l’heure des vêpres, mais ils…

Lundi 25 septembre 1916

Les Bavarois revenus de la Somme. Temps superbe et aéros toute la journée. Nous arrivera-t-il encore des bombes ou des obus ? Les Bavarois, des 5e et 9e divisions, sont revenus de la Somme et se trouvent maintenant sur le front de Warneton à Deûlémont. Avec l’aimable autorisation de Jean Michel Martin – www.carto1418.fr Vers midi, des aéros lancent des bombes sur Houthem et Mai-Cornet. Puis, vers 17 h 30, alors que des avions ont circulé toute la journée, six aéros arrivent et lancent des bombes sur Comines France et Comines Belgique, notamment du côté du parc des pionniers. Les…

Mardi 26 septembre 1916

Il faut s’attendre à tout. Jour d’adoration Temps superbe et nombreux aéros. Les vêpres n’ont pas lieu : simple salut et petit sermon, car il faut s’attendre à tout. On n’ose même pas sortir le soir, tant il y a à craindre des obus. À Comines-France, retour des Wurtembergeois qui rentrent de la Somme. Ce sont des artilleurs, couverts de boue, chargés de bagages et traînant des caissons percés d’éclats d’obus. Un communiqué allemand signale que deux aviateurs français sont partis bombarder Essen. Du haut du Mont Rouge, on peut distinguer le village de Wijtschate, dont il ne reste plus…

Mercredi 27 septembre 1916

La Munich coule. Le temps est moins beau et tourne à la pluie. Hier est passée de la nouvelle artillerie. Ce matin ont lieu les funérailles du fils Deroo, boucher. C’est lui qui devait avoir le cheval accidenté de la semaine dernière. Maladif, il avait dû s’aliter le lendemain de sa colère contre N… et N… Ces deux derniers sont encore parvenus, par l’intermédiaire du tenancier allemand de « La Paix », à obtenir deux porcs au prix de 4 marks 80 (6 francs) le kilo. Ils les revendent à 12 francs. Quelle exploitation ! Depuis une quinzaine de jours,…

Jeudi 28 septembre 1916

Via la Suisse. Sur le front, c’est le calme complet pendant la journée ; la nuit, quelques petits combats et un bombardement allemand de cinq en cinq minutes, saisissant. Les Alliés vont-ils répondre demain ou plus tard ? D’après des soldats et, semble-t-il, par télégraphie, on aurait appris que Comines serait bombardée la nuit par des aéros. Cela suffit pour que bien des personnes ne sachent plus dormir et restent même levées des nuits entières. Il est certain que, même la nuit, nous ne sommes pas tranquilles. Line Communication Equipment, Duplex Telegraph Set: British (COM 38) This piece of British…

Vendredi 29 septembre 1916

L’artillerie belge se met en évidence Le long de l’Yser, l’artillerie belge pilonne sans interruption les positions allemandes depuis une semaine. La rive droite du fleuve est fortement touchée, notamment les postes d’observation et les batteries. Même scénario le long du canal de Boezinge, où les dégâts sont très importants chez l’ennemi. Le long de la ligne de front, du côté allié, les autorités insistent de plus en plus pour que les parents autorisent la mise en sécurité de leurs enfants, loin des hostilités. Des exceptions sont cependant autorisées. À Comines-France, les Dames de charité lancent l’alarme sur la triste…

Samedi 30 septembre 1916

Trois heures de bombardements Depuis Voormezele jusqu’à la frontière française, l’artillerie anglaise se déchaîne pendant trois heures, puis entreprend un raid au cours duquel des prisonniers allemands sont ramenés. THE BRITISH ARMY ON THE WESTERN FRONT, 1914-1918. (Q 548) German shell bursting near Chateau Segard, Voormezeele, 30th April 1916. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205072043 À Comines-France, on subit le bombardement et on décrit la scène : le spectacle est extraordinaire. Des éclairs dansent précipitamment, par douzaines, de tous côtés. On n’entend qu’une espèce de sourd rugissement, comme celui de la mer, mais c’est bien le canon. On se demande…

Dimanche 1 octobre 1916

Changement d’heure Le ciel a été en feu toute la nuit ; les projecteurs antiaériens fonctionnent sans arrêt. L’heure n’ayant pas encore été modifiée en Belgique, les offices ont lieu aux heures habituelles. Les Allemands disent la messe à l’église, qui est vidée et que l’aumônier a fait arranger. À 15 h, depuis l’intérieur de la cure, on entend les soldats réciter le rosaire. C’est vraiment imposant et touchant. Dans la journée, on affiche qu’à partir de ce jour, l’heure est retardée d’une heure. La sortie des habitants et l’ouverture des estaminets peuvent désormais se faire entre 5 h du…

Lundi 2 octobre 1916

Evacuations du Corentje. Il pleut toute la journée, donc pas d’aéros, sauf ce matin vers 6 h. Ce que l’on craint pour ces jours-ci, ce sont les obus, car chaque nuit, les Allemands bombardent. Le bourgmestre peut aller à Courtrai pour la dernière fois afin de régler les comptes. Pour les évacuations du Corentje, il y a eu confusion. Une quinzaine de personnes s’étaient fait inscrire, mais cela ne peut concerner, paraît-il, que les Français habitant le Corentje. Nous espérons quand même un peu, car les imaginations travaillaient ! Ferme au Corentje – Fonds SHCWR À Comines-France, plus aucun œuf…

Mardi 3 octobre 1916

Travail obligatoire. Toujours de la pluie. Depuis plus de quinze jours, pas un morceau de viande n’a été livré à Comines. Du lard américain, on se fatigue ; heureusement que l’on peut encore faire des frites avec le saindoux. Ce matin, on a offert, dans une maison, deux poulets pour 45 francs. Certains trouvent des jambons à 120 et 125 francs les 10 kg. Avec la saison des marrons, les gamins saccagent le jardin et il n’y a pas moyen d’y remédier, même en portant plainte à la Ville. Instauration d’un service du travail obligatoire en Belgique. Le journal hollandais…

Mercredi 4 octobre 1916

Couvre feu Le temps s’est remis au beau et la nuit est éclairée d’un clair de lune surprenant. Parfois passent des aéros mais, grâce à Dieu, le sommeil aidant, nous ne les entendons pas toujours. Rien de particulier, sauf une attaque au gaz durant la nuit. Même dans les chambres, l’odeur est très prononcée. À partir de cet après-midi, il n’est plus permis aux civils d’être hors de leur maison que de 6 h du matin à 20 h, Comines étant entièrement plongée dans l’obscurité. C’est à ne pas s’y retrouver ! Sans avertissement, le commandant de place vient à…

Jeudi 5 octobre 1916

Cerfs-volants dans le ciel. Un nouveau type d’engin survole le ciel cominois. Depuis hier, deux cerfs-volants parfaitement immobiles se distinguent dans le ciel bleu. Ce jeudi, il n’y en a plus qu’un seul. Il présente la forme de deux boules blanches, brillantes au soleil. THE FRENCH AVIATION INDUSTRY DURING THE FIRST WORLD WAR (Q 58222) Two observation balloons and trial ballonet at Saint-Cyr-l’École, 1 February 1916. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205218807 Les soldats et les officiers admirent le spectacle et la population cominoise, intriguée, se demande si ces objets volants remplaceront les baudruches. Sur le front de l’Ouest, les…

Vendredi 6 octobre 1916

Fait comme une souris À Comines-France, le jeune Alphonse Vernier fête aujourd’hui ses 19 ans. Habitant Marquise, dans le Pas-de-Calais, il était arrivé à Comines le 25 septembre 1914, accompagné de sa maman, Magdeleine Lambin-Hassebroucq, âgée de 40 ans, pour rendre visite à sa grand-mère Julie. Brusquement, les deux visiteurs se retrouvent piégés par l’arrivée des troupes allemandes et demeureront coincés à Comines pour le restant de la guerre. Magdeleine Lambin-Hassebroucq et Alphonse Sa maman et lui-même relateront quotidiennement les événements dans un journal. Monsieur Bernard Vernier en fera plus tard la synthèse dans un ouvrage intitulé La Guerre –…

Samedi 7 octobre 1916

Alerte aux gaz Depuis deux ou trois jours, une odeur caractéristique s’est emparée de l’atmosphère cominoise. Le vent d’ouest amène les effluves des tirs de gaz sur le front. Anglais ou Allemands, on ne le sait pas. Toujours est-il que les bruits de bombardements entendus les nuits précédentes révèlent maintenant ces émanations nauséabondes. THE GAS WARFARE ON THE WESTERN FRONT, 1915-1918 (Q 669) A gas sentry ringing an alarm at Fleurbaix, 15 miles south of Ypres, June 1916. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205193128 Les habitants en souffrent, mais les cultures également. Les jardins de Comines portent les traces de…

Dimanche 8 octobre 1916

Première odeur de gaz Sans que les propriétaires de la brasserie Dumortier aient été prévenus, on a réclamé au domestique la clé du dernier magasin qui restait et on l’a aussitôt vidé de tout le matériel qu’il contenait. Dans une protestation adressée à l’autorité militaire, le propriétaire fait alors savoir : « N’ayant plus aucun local où remiser ces matériaux, nous tenons à vous avertir que nous rendons l’autorité militaire seule responsable de tout ce qui aurait pu ou pourrait disparaître de notre brasserie. Nous protestons aussi contre l’emploi qui est fait de ce local. Les pièces d’artillerie et les…

Lundi 9 octobre 1916

Des cerf-volants. Henry Dumortier écrit à la Commandantur pour réclamer les fûts partis pour Carvin l’an dernier. Il sait, par les Bavarois revenus dans la région de Quesnoy, Deûlémont et Warneton, qu’il en traîne encore partout à Carvin. Il évoque également, dans sa lettre, la situation résultant de l’enlèvement des cuivres, sous prétexte que la brasserie était inactive, alors que les Bavarois les lui avaient enlevés lorsqu’elle était en pleine activité. Il proteste encore contre l’utilisation du magasin comme hangar pour des pièces d’artillerie. Il réclame également le rétablissement de la palissade du jardin, cette ouverture ne servant désormais plus…

Mardi 10 octobre 1916

Petite visite à Ypres Le curé d’Ypres, réfugié à Poperinghe, est autorisé à rendre visite à sa paroisse sinistrée. Il raconte son escapade. Une fois le village de Vlamertinghe dépassé, je me trouve en présence d’un gendarme belge de la garde, qui se joint à notre équipage. Tout semble silencieux en ville. La veille, aucun tir n’est venu troubler la quiétude de la cité médiévale. Dimanche dernier, cependant, un motocycliste y a été tué. Avec l’aide de l’avocat Borgnon, j’inspecte les coffres de la banque de Courtrai. Ils sont pratiquement tous ouverts et le sol est jonché de paperasses. À…

Mercredi 11 octobre 1916

L’Armée belge recrute. tous azimuths En zone non occupée, tout jeune homme mobilisable est recherché par les recruteurs. À Reninghelst, tous les hommes de moins de 30 ans doivent se présenter ce jour au Conseil de milice à Watou. On n’est vraiment pas trop regardant : un unijambiste, tailleur de profession, est déclaré apte au service militaire. Un homme décrit comme simple d’esprit, originaire de l’Ouderdom, est également incorporé dans la cavalerie. Sur 100 recrues, seuls trois jeunes hommes sont déclarés inaptes. NDLR : Petit moment de détente de la troupe belge à 3 min 04 sec. Sources : Référence…

1 2 3 4 … 13 14 15 16 17
Défiler vers le haut