Le curé d’Ypres, réfugié à Poperinghe, est autorisé à rendre visite à sa paroisse sinistrée. Il raconte son escapade.
Une fois le village de Vlamertinghe dépassé, je me trouve en présence d’un gendarme belge de la garde, qui se joint à notre équipage.
Tout semble silencieux en ville. La veille, aucun tir n’est venu troubler la quiétude de la cité médiévale. Dimanche dernier, cependant, un motocycliste y a été tué.
Avec l’aide de l’avocat Borgnon, j’inspecte les coffres de la banque de Courtrai. Ils sont pratiquement tous ouverts et le sol est jonché de paperasses.
À peine sommes-nous installés qu’une bombe explose dans les ruines de Saint-Martin. Le bombardement se poursuit à intervalles de trois à quatre minutes.
Une fois sortis de la banque, nous ne retrouvons plus ni la voiture, ni le chauffeur, ni le gendarme belge chargé de nous accompagner. Après maintes recherches, le quatuor se reforme finalement en face des murs de la prison.
Nous rendons ensuite une visite de courtoisie au Town-Major, auquel nous remettons le Guide d’Ypres.