Calendrier de travail

Samedi 5 août 1916

Fête de la bière à Houthem . À Houthem, les autorités allemandes organisent une fête de la bière à la ferme Ruppertsbau, dénomination allemande donnée à une exploitation agricole1. Cette manifestation illustre la volonté des troupes d’occupation de maintenir des moments de détente à l’arrière du front, malgré la proximité des combats. Sur le front de la Somme, la bataille de Pozières se poursuit. La 4ᵉ division australienne relève la 2ᵉ division, durement éprouvée par les combats des jours précédents. Sources : Référence : Tome 7 – SHCWR Auteur : Henri Bourgeois Lieu : Houthem

Dimanche 6 août 1916

les Allemands ont tirésur Poperinghe et Armentières. Le temps est relativement beau. Dès le matin et tout au long de la journée, les gendarmes avertissent la population qu’il n’est pas prudent de sortir, craignant un bombardement en représailles aux tirs allemands dirigés vers Poperinghe et Armentières. La matinée se déroule normalement, mais l’après-midi, la plupart des habitants n’osent plus s’aventurer en ville. Finalement, la journée s’achève sans qu’aucun obus ne tombe sur Comines. Vers 20 h, une importante activité aérienne anime le ciel. Des avions apparaissent dans plusieurs directions et laissent derrière eux de longues gerbes de feu, semblables à…

Lundi 7 août 1916

Incendie vers Zandvoorde. A Comines, pas une goutte de pluie depuis cinq semaines. Au loin, on peut distinguer au moins cinq ballons captifs anglais qui surveillent le front depuis Hollebeke jusqu’à la Lys. THE BATTLE OF THE SOMME, JULY-NOVEMBER 1916 (Q 11868) Air mechanics bringing up a ‘nurse’ balloon to fill the big observation balloon with gas. Near Meaulte, on the Bray-Albert road, 7 August 1916. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205247419NDLR : Image d’illustration de manœuvre d’un ballon d’observation Un incendie s’est déclaré du côté de Zandvoorde dans les moissons, provoqué par les combats aériens de la veille au…

Mardi 8 août 1916

Avions sur Comines Dès 7 heures du matin, plusieurs avions survolent Comines. Ils ne larguent cependant aucune bombe. Depuis quelques jours, civils et soldats travaillent au grand pont afin de le transformer en pont-levis. Au petit pont, les maisons voisines de celle de Jean d’Ennetières sont démolies pour permettre l’agrandissement de l’ouvrage ou l’aménagement d’un quai ; nul ne connaît encore la destination exacte des travaux. Ponts Comines – Fonds SHCWR Les civils remplacent de plus en plus les soldats dans les chantiers imposés par l’occupant. Certains sont envoyés à Warneton et jusqu’au Pont-Rouge pour travailler aux voies ferrées et…

Mercredi 9 août 1916

Rien ne pousse dans les jardins. Sans faire excessivement chaud, il fait beau, mais la pluie devient indispensable. Depuis cinq semaines, nous n’avons pas eu une goutte d’eau et, depuis lors, il a surtout fait du vent ; rien ne pousse dans les jardins. THE GERMAN ARMY ON THE WESTERN FRONT: 1916 (Q 45446) Troops passing the convent in Tenbrielen. Ypres area. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205080344 Le soir, des aéros laissent tomber des bombes un peu partout dans la campagne, du côté de la Carotte. Est-ce le ballon qui se trouve dans les environs que l’on cherche à…

Jeudi 10 août 1916

Ramper pour ne pas être vu. De grandes difficultés surgissent pour les ouvriers qui vont travailler à Warneton et Hollebeke. Parfois, ils doivent ramper pour ne pas être vus des Alliés et, lorsque les obus arrivent, ce qui est fréquent, ils doivent se sauver. La Ville fait des réclamations à ce sujet, ainsi qu’au sujet des travaux militaires, notamment les voies ferrées. La population de Comines France est gratifiée de viande de cheval. Cela change du menu habituel : légumes et lard à peine fumé. À Dikkebusch, les canonniers belges tirent sur Wijtschate et Voormezele depuis la prairie du bourgmestre.…

Vendredi 11 août 1916

Les jours diminuent. Après cinq semaines de sécheresse, voici enfin la pluie. Les jours diminuent, ce qui n’est guère réjouissant, surtout qu’il semble que nous soyons partis pour passer l’hiver, le troisième de l’occupation. Les soldats nous parlent depuis longtemps de la fin de la guerre pour le 17 août, tant la misère est grande, mais on ne compte guère là-dessus. L’amende de 1 000 marks infligée aux ouvriers le 7 août est réduite de moitié ; c’est la Ville qui paie. À partir de cette semaine, les salaires des ouvriers seront payés en grande partie par les Allemands ;…

Samedi 12 août 1916

Six avions. Les difficultés continuent entre la Ville et la Commandantur au sujet du travail des ouvriers. La Ville doit indiquer jusqu’où les ouvriers peuvent aller travailler ; les limites seraient le Pont Mallet et Houthem. Houthem avant 1914 – Fonds SHCWR À Comines France, on affiche que le restant de la contribution, soit 27 000 marks sur 550 000, doit être réglé au plus tard le 20 courant. On affiche aussi, comme en Belgique d’ailleurs, que lorsqu’un incendie se déclarera dans les moissons, il faudra le concours de tous pour l’enrayer ; celui qui ne s’y prêterait pas serait…

Dimanche 13 août 1916

La préparation des bains. Il paraît qu’un habitant est allé à la recherche de marks à Wervicq pour le compte d’Austreig. Le fils de cet habitant a pour emploi la préparation des bains pour les officiers, à la brasserie Dumont. Il semblerait qu’un soldat allemand, se rendant au feu, se serait jeté dans la Lys, entraînant avec lui deux de ses compagnons d’infortune qui tentaient de le sauver. Cela se serait passé à hauteur du pont Bonaparte. Soldats allemands sur la Lys – Fonds SHCWR En Belgique non occupée, interdiction de récolter les pommes de terre avant le 15 septembre.…

Lundi 14 août 1916

On démonte la brasserie. À 7 h, six soldats sont arrivés à la brasserie Dumortier pour démonter les cuivres (chaudières, tuyaux, robinets, etc.), sous prétexte que l’établissement est en non-activité. Le travail de démolition et de découpe des chaudières et des tuyaux commence aussitôt. Quelle besogne ! Le travail de toute une vie qu’il faut voir détruire ! Henry Dumortier tente de faire remarquer : que, le 19 mai 1915, le IIe corps d’armée bavarois a pris possession de l’usine, alors que celle-ci était en pleine activité à cette date et que toutes les matières premières ont été réquisitionnées, moyennant…

Mardi 15 août 1916

Pas d’appel à Comines France. Temps maussade, avec des pluies fréquentes. C’est l’Assomption, mais rien ne nous engage vraiment à nous réjouir. À Comines Belgique, tout le monde doit travailler et l’appel des classes aura lieu comme les autres mardis, sans tenir compte de la fête. À Comines France, il n’en est pas de même : ceux qui le désirent sont libres de cesser le travail aujourd’hui. Il n’y a pas d’appel et, le soir, l’heure de sortie est prolongée d’une demi-heure. À la brasserie, on poursuit le démontage et la destruction des cuivres. Après les deux chaudières et la…

Mercredi 16 août 1916

Réquisition à la Brasserie Omer Dumortier. Lors de l’appel d’aujourd’hui, concernant les hommes âgés de 40 à 50 ans, dix volontaires sont demandés. Personne ne se présente. Quatre ouvriers reçoivent chacun une amende de 30 marks. Vers 13 h 30, quelques bombes sont larguées par des avions du côté de Ten-Brielen. Parmi les civils employés à la limonaderie, qui ont beaucoup de temps libre et discutent fréquemment avec les servantes, l’un d’eux s’est épris de l’une d’entre elles. Les conversations entre eux deviennent suffisamment fréquentes pour que les patrons doivent leur faire quelques remarques. En temps de paix, il aurait…

Jeudi 17 août 1916

Déclarer les tissus. Hier soir, deux nouvelles compagnies sont arrivées. Ce matin, du mobilier de salon est enlevé dans différentes maisons, notamment chez Longcamp, le receveur, et chez Devos, afin d’aménager un salon de lecture protestant chez les Sœurs d’Orléans. La réquisition est effectuée par un pasteur accompagné de l’adjudant. Le lazaret allemand, installé au Couvent de la rue de Wervicq, chez les soeurs d’Orléans. – Fonds SHCWR Comme aumônier catholique, il n’y en a qu’un qui vient régulièrement de Wervicq, et c’est tout. Cette après-midi, un orage accompagné d’une ondée épouvantable s’abat sur la ville. Les obus d’hier soir…

Vendredi 18 août 1916

Quesnoy bombardé. Depuis quelque temps, le pain est devenu très mauvais, non pas tant par son goût que par son odeur, qui est aigre, et surtout par son aspect. Les cas d’entérite se multiplient, parfois jusqu’aux saignements, y compris chez les enfants. Ce sont, pour la plupart, les farines qui ont été échauffées. Le docteur Vouters conseille de supprimer le pain, mais par quoi le remplacer ? Lui-même le remplace par des pommes de terre, mais encore faut-il en avoir. Que d’estomacs délabrés après la guerre ! Quelle calamité ! À la Coopérative, on a enfoui dans les prés des…

Samedi 19 août 1916

Tout nus. Henry Dumortier refait un inventaire détaillé de tous les cuivres de la brasserie afin d’en établir une nouvelle déclaration. Il précise une nouvelle fois qu’un ressortissant d’un pays neutre est directement concerné par l’affaire. Qui ne tente rien n’a rien… En Belgique, on affiche aujourd’hui un nouvel avis interdisant la circulation, sans motif bien déterminé, de toute personne, quel que soit son sexe ou son rang, dans les rues, les chemins et les champs. Cette mesure vise principalement les flâneurs et les oisifs qui ont refusé de travailler. On affiche également que les personnes qui hébergent des officiers…

Dimanche 20 aout 1916

Le Corentje est puni Le Corentje est puni pour trois semaines à la suite de l’enterrement d’Henri Knockaert, décédé au Corentje le 17 août 1915. Les participants sont sans doute rentrés trop tard. Installation des pioniers allemand Compagnie 322 au Corentje. – Fonds SHCWR Une nouvelle affiche précise que, pour sortir de chez soi entre 21 h et 6 h, il faut désormais avoir un motif valable. C’est déjà mieux qu’auparavant, car les prêtres peuvent ainsi se rendre auprès des malades, même en pleine nuit si nécessaire. Les soldats des baraques ont empoisonné les poissons. Malades, ceux-ci remontent tous à…

Lundi 21 août 1916

Une caisse de grenades. Les Allemands ont de nouveau bombardé toute la nuit. Mais, fait qui ne s’était pas remarqué auparavant, nous percevons désormais l’éclatement des obus longtemps après leur sifflement. Ce matin, une caisse de grenades explose près du canal. Nous croyons aussitôt à un obus et nous voilà tous à la cave. Que d’émotions ! Cylindrical Stick Grenade (Stielhandgranate) (MUN 2035) German First World War hand grenade of the friction-igniter type. Several types of the famous ‘Stielhandgranate’ (‘stick grenade’) were produced during the war including a percussion version, as well as the Automatic Lighting Time Stick Grenade. Known…

Mardi 22 août 1916

Les italiens en Grèce. L’adjudant Sievert est parti en congé ; à l’appel, c’est son remplaçant qui nous compte. Toute la journée, les Allemands procèdent à des essais d’artillerie comme nous n’en avons encore jamais entendu. Les maisons sont ébranlées au point que des carreaux se brisent. À chaque détonation, nous croyons à un obus. Le vicaire de Dickebusch se rend à Poperinghe. Il en profite pour rendre visite à l’hôpital de campagne situé près du lieu-dit « De Leene ». Il se montre admiratif devant l’organisation de ce centre de soins militaire, installé à proximité de la voie ferrée…

Mercredi 23 août 1916

Un nouvel avion. Le calme est complet. Les soldats sont peu nombreux et, hormis certains mouvements de compagnies se rendant au front ou au bain, il arrive que l’on ne se croie presque plus en temps de guerre tant les rues sont désertes. Quel contraste avec ce qu’était Comines il y a encore un an ! Les numéros des régiments sont désormais supprimés et remplacés par des lettres sur les inscriptions des uniformes, tandis que de petites bandes de couleur apparaissent sur les épaulettes. Ainsi, le 213e est désigné par « WD » et le 215e par « BO ».…

Jeudi 24 août 1916

Regard d’un Cominois Perché dans la toiture de la maison où il est hébergé, le jeune Alphonse Bernier, fils de Madame Hassebroucq, est un témoin privilégié de la campagne environnante. Il observe avec attention les mouvements des aéroplanes. Il note les caractéristiques de chaque appareil et parvient à les reconnaître, qu’ils soient allemands, britanniques ou français. Son journal fait également référence aux différentes unités allemandes qui circulent et stationnent en ville. Cette fois, il est intrigué par la disparition soudaine des insignes régimentaires portés sur les épaulettes des soldats et des officiers. Les quartiers occupés par les différents régiments stationnés…

Vendredi 25 août 1916

Réquisition du cuivre Pour la première fois, l’occupant réquisitionne le cuivre. Aussitôt, chacun s’empresse de mettre à l’abri ce qu’il peut. C’est d’ailleurs le conseil que nous donne un ordonnance, Auguste Groze, de l’Ostpreußen. Lui-même affirme avoir caché de nombreux objets chez lui avant de quitter sa région, car là-bas aussi, les Allemands procédaient à des réquisitions. À la brasserie Dumortier, sont notamment réquisitionnés : une chaudière à lessive d’environ 150 litres ; un entonnoir en étain ; un plateau de balance pèse-bébé ; des barres d’escalier en fer avec revêtement en cuivre ; des tringles de brise-bise ; un…

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