Calendrier de travail
Fête de la bière à Houthem . À Houthem, les autorités allemandes organisent une fête de la bière à la ferme Ruppertsbau, dénomination allemande donnée à une exploitation agricole1. Cette manifestation illustre la volonté des troupes d’occupation de maintenir des moments de détente à l’arrière du front, malgré la proximité des combats. Sur le front de la Somme, la bataille de Pozières se poursuit. La 4ᵉ division australienne relève la 2ᵉ division, durement éprouvée par les combats des jours précédents. Sources : Référence : Tome 7 – SHCWR Auteur : Henri Bourgeois Lieu : Houthem
les Allemands ont tirésur Poperinghe et Armentières. Le temps est relativement beau. Dès le matin et tout au long de la journée, les gendarmes avertissent la population qu’il n’est pas prudent de sortir, craignant un bombardement en représailles aux tirs allemands dirigés vers Poperinghe et Armentières. La matinée se déroule normalement, mais l’après-midi, la plupart des habitants n’osent plus s’aventurer en ville. Finalement, la journée s’achève sans qu’aucun obus ne tombe sur Comines. Vers 20 h, une importante activité aérienne anime le ciel. Des avions apparaissent dans plusieurs directions et laissent derrière eux de longues gerbes de feu, semblables à…
Incendie vers Zandvoorde. A Comines, pas une goutte de pluie depuis cinq semaines. Au loin, on peut distinguer au moins cinq ballons captifs anglais qui surveillent le front depuis Hollebeke jusqu’à la Lys. THE BATTLE OF THE SOMME, JULY-NOVEMBER 1916 (Q 11868) Air mechanics bringing up a ‘nurse’ balloon to fill the big observation balloon with gas. Near Meaulte, on the Bray-Albert road, 7 August 1916. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205247419NDLR : Image d’illustration de manœuvre d’un ballon d’observation Un incendie s’est déclaré du côté de Zandvoorde dans les moissons, provoqué par les combats aériens de la veille au…
Avions sur Comines Dès 7 heures du matin, plusieurs avions survolent Comines. Ils ne larguent cependant aucune bombe. Depuis quelques jours, civils et soldats travaillent au grand pont afin de le transformer en pont-levis. Au petit pont, les maisons voisines de celle de Jean d’Ennetières sont démolies pour permettre l’agrandissement de l’ouvrage ou l’aménagement d’un quai ; nul ne connaît encore la destination exacte des travaux. Ponts Comines – Fonds SHCWR Les civils remplacent de plus en plus les soldats dans les chantiers imposés par l’occupant. Certains sont envoyés à Warneton et jusqu’au Pont-Rouge pour travailler aux voies ferrées et…
Rien ne pousse dans les jardins. Sans faire excessivement chaud, il fait beau, mais la pluie devient indispensable. Depuis cinq semaines, nous n’avons pas eu une goutte d’eau et, depuis lors, il a surtout fait du vent ; rien ne pousse dans les jardins. THE GERMAN ARMY ON THE WESTERN FRONT: 1916 (Q 45446) Troops passing the convent in Tenbrielen. Ypres area. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205080344 Le soir, des aéros laissent tomber des bombes un peu partout dans la campagne, du côté de la Carotte. Est-ce le ballon qui se trouve dans les environs que l’on cherche à…
Ramper pour ne pas être vu. De grandes difficultés surgissent pour les ouvriers qui vont travailler à Warneton et Hollebeke. Parfois, ils doivent ramper pour ne pas être vus des Alliés et, lorsque les obus arrivent, ce qui est fréquent, ils doivent se sauver. La Ville fait des réclamations à ce sujet, ainsi qu’au sujet des travaux militaires, notamment les voies ferrées. La population de Comines France est gratifiée de viande de cheval. Cela change du menu habituel : légumes et lard à peine fumé. À Dikkebusch, les canonniers belges tirent sur Wijtschate et Voormezele depuis la prairie du bourgmestre.…
Les jours diminuent. Après cinq semaines de sécheresse, voici enfin la pluie. Les jours diminuent, ce qui n’est guère réjouissant, surtout qu’il semble que nous soyons partis pour passer l’hiver, le troisième de l’occupation. Les soldats nous parlent depuis longtemps de la fin de la guerre pour le 17 août, tant la misère est grande, mais on ne compte guère là-dessus. L’amende de 1 000 marks infligée aux ouvriers le 7 août est réduite de moitié ; c’est la Ville qui paie. À partir de cette semaine, les salaires des ouvriers seront payés en grande partie par les Allemands ;…
Six avions. Les difficultés continuent entre la Ville et la Commandantur au sujet du travail des ouvriers. La Ville doit indiquer jusqu’où les ouvriers peuvent aller travailler ; les limites seraient le Pont Mallet et Houthem. Houthem avant 1914 – Fonds SHCWR À Comines France, on affiche que le restant de la contribution, soit 27 000 marks sur 550 000, doit être réglé au plus tard le 20 courant. On affiche aussi, comme en Belgique d’ailleurs, que lorsqu’un incendie se déclarera dans les moissons, il faudra le concours de tous pour l’enrayer ; celui qui ne s’y prêterait pas serait…
La préparation des bains. Il paraît qu’un habitant est allé à la recherche de marks à Wervicq pour le compte d’Austreig. Le fils de cet habitant a pour emploi la préparation des bains pour les officiers, à la brasserie Dumont. Il semblerait qu’un soldat allemand, se rendant au feu, se serait jeté dans la Lys, entraînant avec lui deux de ses compagnons d’infortune qui tentaient de le sauver. Cela se serait passé à hauteur du pont Bonaparte. Soldats allemands sur la Lys – Fonds SHCWR En Belgique non occupée, interdiction de récolter les pommes de terre avant le 15 septembre.…
On démonte la brasserie. À 7 h, six soldats sont arrivés à la brasserie Dumortier pour démonter les cuivres (chaudières, tuyaux, robinets, etc.), sous prétexte que l’établissement est en non-activité. Le travail de démolition et de découpe des chaudières et des tuyaux commence aussitôt. Quelle besogne ! Le travail de toute une vie qu’il faut voir détruire ! Henry Dumortier tente de faire remarquer : que, le 19 mai 1915, le IIe corps d’armée bavarois a pris possession de l’usine, alors que celle-ci était en pleine activité à cette date et que toutes les matières premières ont été réquisitionnées, moyennant…
Pas d’appel à Comines France. Temps maussade, avec des pluies fréquentes. C’est l’Assomption, mais rien ne nous engage vraiment à nous réjouir. À Comines Belgique, tout le monde doit travailler et l’appel des classes aura lieu comme les autres mardis, sans tenir compte de la fête. À Comines France, il n’en est pas de même : ceux qui le désirent sont libres de cesser le travail aujourd’hui. Il n’y a pas d’appel et, le soir, l’heure de sortie est prolongée d’une demi-heure. À la brasserie, on poursuit le démontage et la destruction des cuivres. Après les deux chaudières et la…
Réquisition à la Brasserie Omer Dumortier. Lors de l’appel d’aujourd’hui, concernant les hommes âgés de 40 à 50 ans, dix volontaires sont demandés. Personne ne se présente. Quatre ouvriers reçoivent chacun une amende de 30 marks. Vers 13 h 30, quelques bombes sont larguées par des avions du côté de Ten-Brielen. Parmi les civils employés à la limonaderie, qui ont beaucoup de temps libre et discutent fréquemment avec les servantes, l’un d’eux s’est épris de l’une d’entre elles. Les conversations entre eux deviennent suffisamment fréquentes pour que les patrons doivent leur faire quelques remarques. En temps de paix, il aurait…
Déclarer les tissus. Hier soir, deux nouvelles compagnies sont arrivées. Ce matin, du mobilier de salon est enlevé dans différentes maisons, notamment chez Longcamp, le receveur, et chez Devos, afin d’aménager un salon de lecture protestant chez les Sœurs d’Orléans. La réquisition est effectuée par un pasteur accompagné de l’adjudant. Le lazaret allemand, installé au Couvent de la rue de Wervicq, chez les soeurs d’Orléans. – Fonds SHCWR Comme aumônier catholique, il n’y en a qu’un qui vient régulièrement de Wervicq, et c’est tout. Cette après-midi, un orage accompagné d’une ondée épouvantable s’abat sur la ville. Les obus d’hier soir…
Quesnoy bombardé. Depuis quelque temps, le pain est devenu très mauvais, non pas tant par son goût que par son odeur, qui est aigre, et surtout par son aspect. Les cas d’entérite se multiplient, parfois jusqu’aux saignements, y compris chez les enfants. Ce sont, pour la plupart, les farines qui ont été échauffées. Le docteur Vouters conseille de supprimer le pain, mais par quoi le remplacer ? Lui-même le remplace par des pommes de terre, mais encore faut-il en avoir. Que d’estomacs délabrés après la guerre ! Quelle calamité ! À la Coopérative, on a enfoui dans les prés des…
Tout nus. Henry Dumortier refait un inventaire détaillé de tous les cuivres de la brasserie afin d’en établir une nouvelle déclaration. Il précise une nouvelle fois qu’un ressortissant d’un pays neutre est directement concerné par l’affaire. Qui ne tente rien n’a rien… En Belgique, on affiche aujourd’hui un nouvel avis interdisant la circulation, sans motif bien déterminé, de toute personne, quel que soit son sexe ou son rang, dans les rues, les chemins et les champs. Cette mesure vise principalement les flâneurs et les oisifs qui ont refusé de travailler. On affiche également que les personnes qui hébergent des officiers…
Le Corentje est puni Le Corentje est puni pour trois semaines à la suite de l’enterrement d’Henri Knockaert, décédé au Corentje le 17 août 1915. Les participants sont sans doute rentrés trop tard. Installation des pioniers allemand Compagnie 322 au Corentje. – Fonds SHCWR Une nouvelle affiche précise que, pour sortir de chez soi entre 21 h et 6 h, il faut désormais avoir un motif valable. C’est déjà mieux qu’auparavant, car les prêtres peuvent ainsi se rendre auprès des malades, même en pleine nuit si nécessaire. Les soldats des baraques ont empoisonné les poissons. Malades, ceux-ci remontent tous à…
Une caisse de grenades. Les Allemands ont de nouveau bombardé toute la nuit. Mais, fait qui ne s’était pas remarqué auparavant, nous percevons désormais l’éclatement des obus longtemps après leur sifflement. Ce matin, une caisse de grenades explose près du canal. Nous croyons aussitôt à un obus et nous voilà tous à la cave. Que d’émotions ! Cylindrical Stick Grenade (Stielhandgranate) (MUN 2035) German First World War hand grenade of the friction-igniter type. Several types of the famous ‘Stielhandgranate’ (‘stick grenade’) were produced during the war including a percussion version, as well as the Automatic Lighting Time Stick Grenade. Known…
Les italiens en Grèce. L’adjudant Sievert est parti en congé ; à l’appel, c’est son remplaçant qui nous compte. Toute la journée, les Allemands procèdent à des essais d’artillerie comme nous n’en avons encore jamais entendu. Les maisons sont ébranlées au point que des carreaux se brisent. À chaque détonation, nous croyons à un obus. Le vicaire de Dickebusch se rend à Poperinghe. Il en profite pour rendre visite à l’hôpital de campagne situé près du lieu-dit « De Leene ». Il se montre admiratif devant l’organisation de ce centre de soins militaire, installé à proximité de la voie ferrée…
Un nouvel avion. Le calme est complet. Les soldats sont peu nombreux et, hormis certains mouvements de compagnies se rendant au front ou au bain, il arrive que l’on ne se croie presque plus en temps de guerre tant les rues sont désertes. Quel contraste avec ce qu’était Comines il y a encore un an ! Les numéros des régiments sont désormais supprimés et remplacés par des lettres sur les inscriptions des uniformes, tandis que de petites bandes de couleur apparaissent sur les épaulettes. Ainsi, le 213e est désigné par « WD » et le 215e par « BO ».…
Regard d’un Cominois Perché dans la toiture de la maison où il est hébergé, le jeune Alphonse Bernier, fils de Madame Hassebroucq, est un témoin privilégié de la campagne environnante. Il observe avec attention les mouvements des aéroplanes. Il note les caractéristiques de chaque appareil et parvient à les reconnaître, qu’ils soient allemands, britanniques ou français. Son journal fait également référence aux différentes unités allemandes qui circulent et stationnent en ville. Cette fois, il est intrigué par la disparition soudaine des insignes régimentaires portés sur les épaulettes des soldats et des officiers. Les quartiers occupés par les différents régiments stationnés…
Réquisition du cuivre Pour la première fois, l’occupant réquisitionne le cuivre. Aussitôt, chacun s’empresse de mettre à l’abri ce qu’il peut. C’est d’ailleurs le conseil que nous donne un ordonnance, Auguste Groze, de l’Ostpreußen. Lui-même affirme avoir caché de nombreux objets chez lui avant de quitter sa région, car là-bas aussi, les Allemands procédaient à des réquisitions. À la brasserie Dumortier, sont notamment réquisitionnés : une chaudière à lessive d’environ 150 litres ; un entonnoir en étain ; un plateau de balance pèse-bébé ; des barres d’escalier en fer avec revêtement en cuivre ; des tringles de brise-bise ; un…
Les Australiens arrivent. L’armée australienne arrive en force dans la région. Précédés par un important convoi de matériel et de canons, les artilleurs australiens se manifestent d’abord à Reninghelst, avant de prendre la direction de Vlamertinghe, puis de Dickebusch. À Dickebusch, ils rejoignent les artilleurs belges déjà installés sur place. Ceux-ci ne cessent de pilonner régulièrement les positions allemandes, tandis que les Britanniques se montrent, quant à eux, beaucoup plus parcimonieux dans leur emploi de l’artillerie. THE BRITISH ARMY ON THE WESTERN FRONT, 1914-1918 (Q 701) A 6 inch gun (Mark VII) of the 7th Siege Battery, Royal Garrison Artillery…
Neutralisation d’une mine. La mine disposée à la ferme de la Petite Douve est neutralisée par les Allemands. Elle fait partie des mines qui n’avaient pas été utilisées jusque-là. Ces trois mines restées intactes auraient été conservées dans l’éventualité d’une contre-attaque allemande. Celle-ci n’eut finalement jamais lieu. Plan des mines – fonds SHCWR Plan des charges placées par les sapeurs britanniques sous les tranchées allemandes. La dernière explosion eut lieu le 17juillet 1955 au Chemin des Loups, au hameau du Gheer. Elle creuse un immense cratère propre à contenir plusieurs habitations. Elle a été provoquée par la foudre tombée sur…
Relevé de son commandement. Le jeune Alphonse Vernier continue d’observer les événements depuis son grenier. Cette fois, il est debout dès 7 heures du matin lorsque deux Fokker allemands, rapides et volant à haute altitude, viennent survoler les lignes du côté de Ploegsteert. Il note avec une certaine ironie l’efficacité des artilleurs alliés : « Les Anglais ont malheureusement tiré comme des pieds, le plus mal qu’on puisse tirer ; toujours trop court. Je crois que les artilleurs avaient trop bu de champagne, à l’occasion de la déclaration de guerre de l’Italie à l’Allemagne. » À Poperinghe, les Australiens arrivent…
Violent orage. Dans l’après-midi, un violent orage éclate et se prolonge toute la soirée. Le temps est véritablement détraqué et la pluie continue de tomber. Du côté de Kemmel, les Allemands lancent une attaque. Les Alliés résistent malgré l’emploi de gaz, dont les effets sont ressentis jusque dans le village même. À Poperinghe, les autorités britanniques annoncent la réquisition du blé. Sur la Grand-Place, une musique militaire anglaise donne régulièrement des concerts, apportant une animation inhabituelle au cœur de la ville. THE BRITISH EXPEDITIONARY FORCE ON THE WESTERN FRONT, 1914-1915 (Q 53137) A halt in Poperinghe, whilst on the march…
Déclarer les appareils de photo. Il fait toute la journée un temps de chien, gris, humide et désagréable. La maréchalerie est partie durant la nuit, dans un grand vacarme qui a réveillé les habitants. Ce matin, ce sont à leur tour de nombreux chariots et chevaux qui quittent les lieux. À la brasserie, personne ne s’attendait à un départ aussi précipité : la veille encore, un plancher neuf avait été installé dans les locaux. Une nouvelle affiche ordonne de déclarer les appareils photographiques encore en possession des habitants. PHOTOGRAPHY DURING THE FIRST WORLD WAR (MH 29845) A Kodak No 1…
De fortes grenades Cette nuit, entre 1 h 30 et 2 h 30, une vive canonnade résonne entre Hollebeke et Wijtschate. Le grondement continu de l’artillerie est d’une intensité que l’on n’avait plus entendue depuis longtemps. Ce matin, un important convoi d’artillerie quitte la ville. Vers 11 h 30, des avions bombardent le « Pionier Park », situé près de l’église et de la place Sainte-Anne. Depuis quelque temps, les soldats avaient pris l’habitude de s’exercer au lancer de grenades à main derrière la cure. Parc Pionnier Eglise Comines-Belgique – Fonds SHCWR Le curé, Jean-Baptiste Delporte, vient justement de rentrer…
On sentait quelques émanations. Cette nuit, comme durant la précédente, le grondement du canon se fait entendre dans la même direction, mais il se prolonge davantage, pendant environ une demi-heure. Ce devait être une attaque aux gaz, car on en perçoit quelque peu les émanations. Le temps est redevenu sombre ; tant mieux, cela nous évitera peut-être de nouveaux malheurs. Chez Dumortier père, le casino est définitivement parti durant la nuit. On est venu enlever en chariot les tables, la vaisselle, les tapis et tout ce qui pouvait être emporté. Deux ordonnances sont restées sur place pour débarrasser le restant.…
Arrivée en masse de troupes Funérailles du fils Warnez et de Sœur Marie-Bernard, garde-malade des Sœurs d’Orléans. À Comines France, Lemenu, grièvement blessé jeudi, est décédé. Le bilan s’alourdit donc : trois morts jeudi et un enfant blessé. Les soldats se préparent de plus en plus à quitter la ville. Ils s’en vont par petits groupes. Au lazaret de la brasserie Dumortier, on trouve de plus en plus de saletés dans les sentiers, malgré la présence de trois cabinets : un commun à tous, un réservé aux malades dangereux et un pour le personnel. À partir de midi, des troupes…
Vous êtes bien franc Un concert a lieu dans la cour de la brasserie Dumortier. C’est la musique du 213e qui, disposée en cercle, joue quelques morceaux à l’occasion de l’anniversaire du capitaine qui y loge. Toute la journée, c’est un défilé d’officiers venus lui présenter leurs vœux. Le mouvement des troupes se poursuit toute la journée. Elles continuent d’arriver ou de partir par groupes d’une cinquantaine d’hommes, espacés de quelques centaines de mètres, car malgré le temps sombre, les aéros continuent de circuler. À la limonaderie, on travaille toute la journée afin d’utiliser les sirops restants. On compte une…
.Certains travailleurs suivent. Le temps est pluvieux et froid ; il faut se couvrir comme en hiver. L’artillerie allemande a tiré de formidables coups durant la nuit. Impossible de dormir, tant l’inquiétude est grande. À chaque instant, nous devons nous attendre à des obus. Nous avons le pressentiment que, partout où nous allons, un obus va nous atteindre. C’est devenu une obsession perpétuelle. À Comines France, enterrement des deux victimes de jeudi. Aucun Allemand n’est présent ; le commandant de place est sur le départ. Il sera remplacé par celui de Sainte-Marguerite, le capitaine Bloch. Toute la journée, c’est un…
Bombardement malgré la pluie Toute la nuit, c’est un défilé incessant. Des camions automobiles emportent le 213e et les troupes restant de l’ancienne division vers Comines France. Les officiers partent en autobus, suivis d’une vingtaine de camions bondés de soldats. Les camions reviennent à vide et repartent aussitôt, de nouveau chargés, jusque dans la matinée. Les officiers et les ordonnances qui logent à la brasserie ont fait un potin du diable toute la nuit pour préparer leur déménagement. Les officiers crient après les ordonnances ; ils ne partent finalement que vers 5 h du matin, sans même nous en avertir.…
Survol d’avions Le temps est superbe toute la journée, aussi passe-t-il beaucoup d’aéros ; à chaque instant, il faut courir à la cave. Les obus d’hier sont tombés sur Comines Belgique et Comines France, mais Warneton en a reçu énormément également. Le château de Louis Ghesquière a été détruit hier ; ce n’est plus qu’un monceau de ruines au milieu desquelles on aperçoit, couché et presque intact, le clocheton. Quesnoy a reçu hier quatre-vingt-deux obus et vingt-six dimanche. Tous les habitants pensent à partir. Ruines rue de Lille à Quesnoy – Fonds SHCWR Ce matin, vers 8 h 30, le…
Bombes d’aéroplanes sur Comines Il y a eu deux victimes hier, dans la rue du Moulin, à Comines France : une femme a eu la tête tranchée dans sa maison par un éclat provenant d’une bombe tombée à une vingtaine de mètres, dans sa cour. Son petit-fils, âgé de douze ans, grièvement blessé, est décédé aujourd’hui. D’autres bombes sont également tombées hier près de l’abattoir et de l’hospice-hôpital. Deux aéros sont passés durant la nuit ; les projecteurs ont fonctionné continuellement. Le temps est clair aujourd’hui et les aéros sont nombreux. À cela s’ajoutent de formidables essais de mines :…
Des avions au dessus de la tête. Toute la matinée se passe à la cave, car des aéros circulent et tournent continuellement juste au-dessus de nous. Que cherchent-ils ? Au jardin de la brasserie Dumortier, le responsable du « Revierkrankenstube », le lazaret pour malades, trouve le moyen, pour remiser une voiture, de nous faire abattre le seul beau sapin à plusieurs branches qui restait. Il faut compter qu’il y a déjà au jardin pour plus de deux mille francs de dégâts, rien qu’aux arbres et aux pelouses. À la brasserie, un seul soldat reste. On ne sait encore quand…
La crainte des obus. Sont-ce des obus ? Certains prétendent les avoir entendus siffler. Toujours est-il que, vers 4 h 30 du matin, de fortes explosions se font entendre non loin de Comines. Très tôt, une nouvelle artillerie nous arrive. On place six chevaux dans un jardin et la cuisine qui s’y trouvait a été déménagée. Quesnoy reçoit des obus presque chaque jour. Place de Quesnoy – Fonds SHCWR Vers 13 h 30, on tire de nouveau sur des aéros. Un combat aérien se déroule au-dessus des maisons, rue de Wervik. Les schrapnels tirés contre les aéros sont plus nombreux…
Pas se ranger par cinq. Appel à 15 heures des hommes âgés de 16 à 50 ans, répartis en trois catégories sur la place d’appel. Il semble que la nouvelle Commandantur se montrera plus souple, car, contrairement aux autres fois, il ne faut pas se ranger par cinq. De plus, il est permis de fumer et de parler. Place de Comines France – Fonds SHCWR Le nouveau commandant vient assister à l’appel et vérifie chaque carte d’identité. Pour cette fois-ci, aucune difficulté n’est faite. En zone non occupée, les habitants remarquent que les soldats australiens sont très pratiquants. Sources :…
Les enfants font trop de bruit. À minuit, les propriétaires de la brasserie Dumortier sont réveillés par la sonnerie de la porte. Comme ils ont déjà un docteur et une ordonnance à loger, ils ne vont pas ouvrir. Peu après, ils entendent la personne s’éloigner, puis revenir quelques minutes plus tard par la porte de derrière, qui est toujours ouverte. Au réveil, ils constatent que de nouveaux « hôtes » sont arrivés avec leurs ordonnances. Très tôt, ceux-ci s’occupent de préparer leur premier déjeuner, si bien que la cuisine est rapidement encombrée. Dans la journée, l’officier qui demeure au salon…
Trop calme. Il fait toujours aussi calme sur le front. Que se prépare-t-il ? Pour les vivres, nous sommes de plus en plus exploités par certains civils. N… et N… auraient, paraît-il, par l’intermédiaire d’Austreig, acheté aux Allemands pour 1 300 francs un cheval tué par les bombes jeudi et, au lieu de le vendre à Comines, auraient obtenu l’autorisation de le céder à Tourcoing pour 2 000 francs. Cheval mort – Fonds SHCWR Certains achètent également dans les cantines du sucre, du café et des œufs, qu’ils revendent à des prix exorbitants. On cite notamment du sucre acheté 1,25…
Le double pont-levis est achevé. Depuis quelques jours, Henry Dumortier est occupé à emmagasiner les pommes de terre qu’il avait fait planter sur un terrain loué à Louis Mahieu. Il n’avait pas pu obtenir l’autorisation de les rentrer, car ce terrain se trouve sur le territoire dépendant de la Commandantur du Corentje. Finalement, il a obtenu cette autorisation. Le temps est assez sombre ces jours-ci. Peut-être est-ce pour cela que nous sommes assez tranquilles. Le grand pont, avec son double pont-levis, est achevé. Des remorqueurs et des bateaux arrivent déjà jusqu’à Comines, tandis que des barquettes transportant du macadam remontent…
Près de la fabrique Derville. Le temps ayant été assez clair aujourd’hui, des aéros ont circulé toute la journée. Vers 18 heures, ils ont laissé tomber des bombes à Comines France, près de la fabrique Derville et de l’abattoir. Pas de victimes. Abattoir de Comines – France / Fonds SHCWR Il paraît que l’aînée des filles N…, boucher, aurait fourni des vivres à un soldat partant en congé. Ce qui est certain, c’est que N… n’est pas logique avec lui-même. Son fils se fait emprisonner à deux reprises pour avoir demandé à la Commandantur un écrit prouvant qu’il était obligé…
Les chars d’assaut anglais font leur apparition. Les nouveaux soldats de la limonaderie sont au nombre de quatre. Le commerce ne va plus du tout et huit civils ont été congédiés. Il en reste encore une dizaine qui n’ont rien à faire et gagnent 3,80 francs par jour. L’argent communal est gaspillé dans les grandes largeurs. L’officier qui s’était plaint du bruit fait par les enfants quitte la maison de la brasserie Dumortier et va loger chez l’abbé Plovier. Il est aussitôt remplacé. Un jeune officier vient à la brasserie Dumortier et entre partout. On lui demande s’il vient pour…
De la musique dans l’église. À Comines France, réunion du Conseil à huis clos chez le maire. Austreig y assiste sans avoir été prévenu. La nuit dernière, des combats violents ont lieu sur tout le front. Dans l’obscurité, c’est saisissant de voir les lueurs des obus, les réflecteurs, etc. De plus, les cloches sonnent au loin, annonçant une attaque aux gaz. Il paraît que, dans la Somme, beaucoup de civils meurent asphyxiés. Certains habitants, déjà très inquiets des dangers que la guerre peut faire courir aux membres de leur famille résidant dans la Somme, voient maintenant s’ajouter la menace des…
Méfions nous des journaux. Demain, des œufs seront vendus aux malades et aux vieillards nécessiteux au prix de 0,30 franc. Pour le reste de la population, il est difficile, presque impossible, d’en trouver dans les fermes à 0,40 franc. Le curé a été très franc dans son sermon. Parlant des mauvais journaux, notamment du Vooruit, il dit que certains prétendent y trouver davantage de nouvelles. Il demande alors si l’on croit réellement aux nouvelles des journaux, car, dit-il, s’il fallait les croire, nous serions encore bien loin de la paix. Les liqueurs se font rares. À l’appel, il est interdit…
Très très bas. Chaque nuit, les combats sont très violents. Hier est passé un avion allié à une altitude extrêmement basse ; jamais nous n’en avions vu voler si bas. Aujourd’hui, il pleut, donc pas d’aéros. Nos propriétés ne semblent pas encore avoir suffisamment souffert des dégâts occasionnés par les soldats : les civils s’y mettent aussi. Ainsi, N… enlève, sans prévenir, les tuiles du « Jeu de boules de l’Est », au café du « Bœuf ». À Comines France, un boucher avait acheté pour 300 marks un cheval allemand abattu après un accident. N… et N…, par l’intermédiaire…
Très calme. Nous avons de la pluie sans interruption depuis deux jours. Calme complet ces jours-ci, ainsi que durant la nuit. Comme il fait très obscur, les projecteurs fonctionnent sans arrêt. THE GERMAN ARMY ON THE WESTERN FRONT, 1914-1918 (Q 57544) A mobile searchlight of a German anti-aircraft battery in action. Note an observer and a telephonist at work on the left. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205306893 Sources : Référence : Tome 12 – SHCWR Auteur : Dumortier Henry Lieu : Comines – Belgique Comines – France
Poursuite des combats sur la Somme. La bataille de la Somme se poursuit. Du 20 au 30 septembre 1916, des mouvements de troupes et des combats intenses se déroulent notamment dans le secteur de Rancourt. Les enrôlements dans l’Armée belge se poursuivent. Les jeunes hommes de moins de 30 ans sont désormais appelés à se rassembler à Watou le 26 septembre. photograph (Q 50365) Type of Belgian soldier, 1916. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205284165 Sources : Référence : Journal de Guerre Auteur : Achiel Van Walleghem Lieu : Watou
Les autels sont détruits ou abimés L’aumônier catholique allemand fait apporter dans l’église de Comines le maître-autel d’Houthem. Cela signifie donc que tous les autels de notre église ont été abîmés ou détruits. Le temps est encore obscur. Vers midi et demi, un aéro énorme surgit des nuages, venant de Warneton. À toute vitesse, il se dirige vers le ballon de la Carotte qui, par extraordinaire, est en l’air aujourd’hui. Sur sa route, l’avion mitraille. Il passe au-dessus des maisons de la rue de Wervik à très basse altitude. On tire sur lui d’énormes schrapnels et tout le monde se…
Ils viennent de deux directions. Calme durant la nuit. Aujourd’hui, le temps est clair et les avions sont nombreux. Il faut toujours se méfier des schrapnels ; l’un d’eux tombe ce matin et éclate dans la rue des Moulins, « À la Cloche », dans la cour. Le soir, vers 19 h 15, des obus sifflent et vont tomber à Comines France. Ils se suivent de près et semblent venir de deux directions. Malgré la demi-obscurité et le brouillard qui tombe, on voit très bien la trajectoire de ceux qui passent au-dessus des maisons de la rue de Wervik. Il…
Des aéros dans le ciel de Comines Après avoir passé une nuit peu tranquille, nous voici réveillés à 5 h 15 par des bombes qui tombent une nouvelle fois sur Comines France. Il nous faut tirer les enfants de leur sommeil pour aller à la cave. Dans l’obscurité et le brouillard, les projecteurs fonctionnent constamment, mais ne parviennent pas à percer le brouillard. Les aéros sont très bas, à peine à hauteur des maisons. Vers 6 heures, nouvelles bombes sur Comines France. Pas de victimes, heureusement, mais beaucoup de dégâts. Un obus est entré par la façade de la maison…
