Déclarer les tissus.

Hier soir, deux nouvelles compagnies sont arrivées.

Ce matin, du mobilier de salon est enlevé dans différentes maisons, notamment chez Longcamp, le receveur, et chez Devos, afin d’aménager un salon de lecture protestant chez les Sœurs d’Orléans. La réquisition est effectuée par un pasteur accompagné de l’adjudant.

Le lazaret allemand, installé au Couvent de la rue de Wervicq, chez les soeurs d’Orléans. – Fonds SHCWR

Comme aumônier catholique, il n’y en a qu’un qui vient régulièrement de Wervicq, et c’est tout.

Cette après-midi, un orage accompagné d’une ondée épouvantable s’abat sur la ville.

Les obus d’hier soir ont causé des dégâts importants. Le premier est tombé sur une maison appartenant à Degryse et occupée par Strubbe, ouvrier à la gare. Son fils, âgé de quinze ans, était occupé à écrire lorsqu’un éclat provenant du plafond l’a blessé dans le dos. Transporté au lazaret, il en est ramené mort ce matin.

Le deuxième obus est tombé sur la voie ferrée, en face de la même maison. Des morceaux de rail, pesant 3,50 kg, sont retrouvés chez Debrouckère, près de chez d’Ennetières ; d’autres, de 7 kg, chez Émile Poncheau et dans la rue.

Le troisième tombe sur un arbre dans la pâture Bonte, le quatrième dans le jardin des Sœurs d’Orléans, le cinquième dans la cité Desmarets et le sixième dans la cour Berghe, rue de la Gare.

Ce matin, la brasserie reçoit un bon provisoire pour le cuivre.

Dans la soirée, on affiche l’arrêté concernant la réquisition des cuivres. Pour les cuivres industriels, une déclaration doit être faite avant dimanche ; pour les cuivres de ménage, des agents viendront directement à domicile. La semaine dernière, il avait déjà fallu déclarer les tissus.

Certains habitants rencontrent des difficultés au sujet de leurs cuivres. Le sous-officier chargé de leur enlèvement les accuse d’en avoir soustrait une partie. Le commandant intervient pour vérifier la situation, puis l’affaire en reste là.

Les baraques de la rue de Wervik sont désormais vides ; les soldats sont partis s’installer plus loin.

On parle d’une épidémie de gale. Ce qui n’est guère ragoûtant, c’est de voir combien de soldats et de civils, principalement des enfants, couverts d’éruptions à la tête, aux bras et ailleurs, viennent se faire soigner.

Sources :
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