Calendrier de travail
Permission exceptionnelle Aujourd’hui, un violent duel d’artillerie secoue la région. Monsieur Goethals, curé de Wervicq, obtient exceptionnellement l’autorisation de venir confesser les religieuses cominoises. Henry Dumortier dort à peine, tant la question de la cave le tracasse. Dès 9 h 30, il retourne avec son père à la Commandantur. Quelques instants plus tard, ils ressortent sans résultat. Vers 11 h 30, Henry apprend que le commandant vient de quitter son bureau; il l’accoste aussitôt. Le commandant accepte de se rendre à la brasserie et, une fois sur place, déclare que les travaux ne se feront pas. Henry respire enfin :…
400 cylindres déchargés au Touquet. Le temps est assez clair. De nombreux aéros apparaissent; vers 9 h, on peut en compter une dizaine, dispersés dans le ciel. Quelques bombes tombent au Mai-Cornet et au Vieil-Dieu. Au Touquet, à Warneton, quatre cents « cylinders » anglais sont brusquement déchargés de leur gaz toxique face à la 25ᵉ Division allemande. NDLR : Petit film d’illustration, un amas de plusieurs centaines de très longues bonbonnes de gaz. On peut imaginer les mêmes manipulations pour le Touquet. Dans l’après-midi, les obus frappent Warneton-Deûlémont et les environs immédiats; depuis le centre de Comines, on les…
Journée relativement calme. La journée est relativement calme, bien que le canon se fasse entendre à plusieurs reprises. À Comines France, une rumeur circule : les Allemands auraient utilisé hier du gaz asphyxiant. Les Cominois comprennent désormais ce que contiennent les boîtes de conserve que les soldats transportent depuis peu : des masques à gaz. Respirator, anti-gas, M1917 Lederschutzmaske & Container: German (EQU 3918) Respirator comprising leather face mask with fitted mica eyepieces mounted in circular metal frames. The mask has an elasticated head harness and is fitted with detachable metal filter. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/30015959 Pendant l’absence…
Cela passe au dessus de la ville Durant la nuit, des fûts de sirop sont déchargés à la brasserie Dumortier, en provenance de la gare. On brasse aujourd’hui pour la première fois et, fait remarquable, les ouvriers habituels ne sont pas rappelés : ils sont remplacés par ceux de la brasserie Dumont (Mortreu, etc.). Concernant les travaux de fortification, il semblerait désormais que la cave à bétonner se situe à la brasserie Dumortier plutôt qu’à la maison du brasseur. Dans l’après-midi, vers 14 h 45, un bombardement se produit ; quelques obus passent au-dessus de la ville sans y tomber.…
Artillerie toute la journée. Hier soir, le canon a tonné longuement ; des obus ont sifflé au-dessus de la ville en direction de Bousbecque. Durant la nuit, une très forte détonation retentit, proche d’une explosion. Toute la journée suivante, l’artillerie se répond sans relâche. Ce matin, vers 9 heures, cinq décharges puissantes secouent l’air. On ignore leur nature exacte : bombes, obus lourds ou explosions de mines — impossible à déterminer depuis la ville. Il est désormais possible, munis d’un passeport, de se rendre à Wervik pour s’approvisionner en cigarettes, médicaments, viande ou miel. Les prix ne sont pas meilleurs…
Des rats en circulation. Les canonnades se poursuivent sans relâche et résonnent jusque dans les faubourgs. À Comines France, le pharmacien Deschildre se prépare à passer trois jours en prison pour avoir refusé de délivrer un médicament à un soldat allemand. Celui-ci réclame une potion que l’officine ne possède pas, mais l’absence de produit ne suffit pas à convaincre l’autorité militaire qui impose la sanction. Depuis hier soir, un second capitaine du 182ᵉ régiment saxon et ses ordonnances s’installent dans la maison du brasseur Dumortier. Le premier officier, quant à lui, part loger à Bousbecque. L’inconvénient est qu’en quittant les…
Les chiens ratiers sont réquisitionnés. Hier devait se tenir le contrôle des chevaux. Tous les animaux sont rassemblés au Godshuis mais, une fois sur place, la vérification est reportée au lendemain. Aujourd’hui, vingt-sept chevaux sont réquisitionnés, parmi lesquels ceux de Madame Dumont. Le mulet de la brasserie Dumortier est quant à lui rendu, mais les autres mulets et trois ânes sont emmenés. À Comines France, on réquisitionne cette fois les chiens ratiers. Pour les autres chiens, les propriétaires doivent s’acquitter de la taxe imposée. photograph (Q 115420) Pet dog of the Middlesex Regiment with its catch of rats in the…
Tué dans son jardin La nuit, le canon tonne sans discontinuer. Les batteries allemandes bombardent et l’on perçoit aisément le roulement de leurs obus. Au matin, le temps est très clair, avec une gelée blanche qui recouvre les toits et les jardins. De nombreux aéroplanes sillonnent le ciel et l’on assiste à des combats aériens. L’autorité allemande supprime les passeports jusqu’à nouvel ordre, même pour Wervicq. Il est désormais impossible de quitter Comines, et l’entrée en ville est interdite aux étrangers, à l’exception de quelques habitants de Bas-Warneton autorisés à venir se ravitailler. Vers quatorze heures, plusieurs appareils survolent la…
De gros obus éclatent. On s’attendait, ce matin, à la reprise du bombardement, mais la journée demeure étonnamment calme. De lourds projectiles continuent toutefois d’exploser dans les tranchées ou dans les localités voisines, faisant vibrer les maisons jusque dans leur charpente. Le 6th Royal Scots Fusiliers arrive à Ploegsteert, non loin de la ville où le sergent C.H. Rowland venait de composer la célèbre rengaine « Mademoiselle from Armentières ».À proximité, Winston Churchill passe sa première nuit à l’ouvroir des Sœurs de Charité. Il dispose d’une chambre agréable, donnant sur les champs en direction des lignes allemandes situées à trois kilomètres à…
Pas notre Albert. Anniversaire de Guillaume II.En Belgique, seuls trois ou quatre drapeaux sont visibles (chez Madame Ferrant, chez Isebart et à la gendarmerie). À Comines-France, en revanche, les drapeaux sont omniprésents, certains même bavarois. Sur la Grand-Place, les mâts dressés sont pavoisés. Les cabarets doivent rester fermés à partir de treize heures jusqu’au lendemain à onze heures. En Belgique, ce régime est déjà quotidien : avec la retraite fixée à seize heures, les estaminets ne peuvent rouvrir avant le lendemain. À Comines-France, arrivent deux compagnies de « mal foutus », comme les surnomment les Cominois : jeunes trop frêles,…
Les allemands attaquent. La nuit est marquée par un duel d’artillerie.Au matin, trois enterrements civils ont lieu, dont celui du boucher Decruyenaere ; la veille déjà avait eu lieu celui du domestique de Mahieu. Lorsqu’un décès survient, la Commandantur doit en être informée afin qu’un médecin militaire allemand en constate officiellement la mort. Les vicaires de La Clyte et de Dickebusch rendent visite aux enfants de leur paroisse, regroupés aux environs de La Panne dans une colonie dirigée par la Reine des Belges. Sur la route, ils croisent d’abord les militaires anglais jusqu’au nord de Poperinge, puis des territoriaux français…
Paris attaqué. D’importants mouvements de troupes se succèdent, arrivées et départs se relayant jour et nuit. Aucun coup de canon ne se fait entendre ; on se croirait presque en temps de paix, sauf l’agitation constante de la rue. Le bourgmestre n’a pas pu se rendre à Courtrai : aucun passeport n’est délivré, pas même pour aller à Wervicq. Depuis Bas-Warneton, seules quelques personnes désignées sont autorisées à venir se ravitailler à Comines. Toute circulation en dehors du territoire communal et des barrières est désormais interdite. Un seul passeport est accordé par famille. En ville, le couvre-feu reste fixé à…
Fièvre des tranchées. Du côté de Saint-Éloi, on observe un phénomène pour le moins étrange. Soudainement, certains soldats britanniques sont pris de fortes fièvres et présentent des pieds comme gelés. En réalité, le froid intense combiné à la station debout prolongée serait à l’origine de ce mal. Les Canadiens, plus habitués aux rigueurs du climat, y semblent moins sensibles. Par mesure de précaution, il est recommandé aux soldats de se mouvoir autant que possible et d’enduire leurs pieds d’huile de foie de morue. Il est également jugé indispensable de changer régulièrement de chaussettes. Les hommes atteints doivent être mis au…
Attaque anglaise à Wulverghem. A Comines France, une arrivée impressionnante d’officiers est signalée. Que préparent-ils ? Les rosiers portent déjà des boutons, et ce malgré le froid intense. Un calme absolu règne sur le terrain des hostilités. Dans la nuit, un poste avancé allemand a été anéanti par les Anglais à Wulverghem. La section a été entièrement détruite ; deux officiers allemands ainsi qu’un soldat ont été faits prisonniers. Fin du repos pour la compagnie anglaise, qui retourne en première ligne, cette fois au nord de la côte 60, au mont Sorrel. Le secteur est particulièrement boueux, traversé par un…
Des magasins bien remplis. Le temps est clair, mais le froid est vif et la gelée blanche recouvre les sols ; malgré cela, on observe peu d’aéros.Dans l’après-midi, vers 16 h 30, on entend le départ de deux obus qui passent en sifflant pour aller frapper plus loin ; on n’en perçoit cependant pas l’éclatement. Les dégâts causés à Wervicq par les obus du 26 janvier sont considérables. Les vivres deviennent extrêmement difficiles à obtenir. Pourtant, et plus que jamais, les étalages de nombreux magasins et estaminets regorgent de gâteaux de Savoie, mokas, tartes aux fruits, aussi appétissants qu’en temps…
Il fait très froid. Il fait très froid. Le canon recommence à gronder, faiblement mais dans presque toutes les directions.Henry Dumortier est convoqué au bureau pour le paiement de l’emploi du mulet : vingt jours à 2 francs, soit 40 francs, auxquels s’ajoutent 55 francs pour l’avoine et la rémunération du domestique chargé des soins. Comment s’en sortir, d’autant plus que ce mulet ne peut être utilisé que par les Allemands ? À Comines France, un communiqué allemand annonce que Paris a été bombardée, causant la mort de seize personnes. Les nouveaux officiers mènent grand train ; certains se font…
Pas d’obus sur Comines. Le temps est clair. Le ciel est très animé : de nombreux avions sillonnent l’espace, jusqu’à sept appareils évoluant simultanément autour d’un aéro allemand. Parmi les avions alliés, on remarque trois magnifiques Voisin français. L’un d’eux lance une sorte de grenade près de la route de Sainte-Marguerite, sans provoquer de dégâts. Venant du secteur de Messines, les appareils prennent ensuite la direction de Bondues. THE FRENCH AIR FORCE ON THE WESTERN FRONT, 1914-1918 (Q 67018) A French Voisin biplane fitted with a 47 mm Hotchkiss gun at the Savy-Berlette aerodrome, 24 February 1916. Copyright: © IWM.…
Que manger. On recommence à délivrer des passeports pour les environs ; il était temps, car tout se fait rare. Le beurre se vend 9 francs, les œufs 7 sous pièce, la viande 3 francs la livre, et seulement quelques jours par semaine. On ne mange plus de beurre : il est remplacé par du sirop distribué par la mairie. Par ce froid intense, les enfants font une rechute de coqueluche. Les quintes sont violentes ; ils vomissent abondamment, parfois jusqu’à cinq fois dans une seule soirée. Il est très difficile de se procurer du lait Nestlé pour les enfants.…
Combat en l’air. Le temps est clair mais venteux. De nombreux aéros sillonnent le ciel ; plusieurs escadrilles apparaissent matin et soir, entre six et sept heures. On tire moins sur eux, mais les combats aériens sont fréquents. THE GERMAN AIR FORCE ON THE WESTERN FRONT, 1914-1918 (Q 105765) A crashed German plane, 5th February 1916. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205348727 De violents coups de canon se font entendre et des obus éclatent dans les tranchées. Les Cominois apprécient ce temps clément, annonciateur d’un beau printemps, mais leur humeur demeure sombre, tant les conditions de survie restent pénibles. En…
Plus y faire attention. Le canon gronde assez fort ; il est vrai que nous y sommes désormais si habitués que, bien souvent, nous n’y prêtons presque plus attention. Pour le moment, aucun obus ne tombe, et de ce fait nous nous sentons un peu plus à l’aise. Mais comment tout cela va-t-il finir ? Quand et comment ? Espoir et confiance. Il est affiché que chacun doit nettoyer à grande eau son trottoir et la moitié de la rue chaque jour. Le trou à fumier de la brasserie Dumortier est infect ; on y jette de tout sauf du…
Fête de saint Chrysole Fête de saint Chrysole. Grande affluence aux offices dans la chapelle, où l’on est serré comme des harengs en boîte. Les paroissiens de Comines font le « pirentche » — coutume purement cominoise qui consiste à tourner autour de la châsse de saint Chrysole en priant, durant la neuvaine de février. Faute de place, des soldats emportent le baldaquin hors de l’église ; il est installé sous le hangar Decoutere. Toute la matinée, le pont-frontière est gardé par deux sentinelles supplémentaires. Tous ceux qui se rendent en France avec des marchandises sont arrêtés et contrôlés ;…
Clairon vers Warneton. Forte canonnade durant la nuit.Temps clair au matin ; nombreux aéros, sept évoluant ensemble dans le ciel. Quelques personnes disent avoir entendu le clairon du côté de Warneton. On procède au recensement de la population pour l’autorité militaire. Chacun doit déclarer : nom, prénom, âge, nationalité, profession avant la guerre et actuelle, aptitude au travail et état de santé (bon, mauvais, besoin de repos).Nous apprenons qu’à Comines France, ce recensement se fera à domicile par les gendarmes jeudi prochain. Sans même mentionner explicitement le recensement, une affiche précise que personne ne pourra sortir dans la rue ce…
Le service militaire devient obligatoire en Angleterre. Vers 10 heures, une affiche annonce qu’à Comines Belgique, il est désormais permis de sortir de 6 heures du matin à 17 heures. Jusqu’à présent, il fallait être rentré à 16 heures et il était interdit de se rendre dans les jardins. Plusieurs personnes ont d’ailleurs été surprises par des patrouilles dans les prairies et contraintes de rentrer immédiatement. À la brasserie Dumortier, on décide de ne plus utiliser le mulet, devenu trop coûteux. Le voiturage se fait désormais à la charrette à bras. Le mulet, inutilisé depuis huit jours, est rendu à…
Bombardement terrible Vers 4 heures, de violents départs d’obus sont entendus en direction de Wervicq : cinq coups successifs. Plusieurs civils sont tués, notamment à la jonction des rues Neuve et Verte. Aux environs de 6 heures, cinq gros obus passent de nouveau, semblables à ceux de l’aube : tout tremble, aussi bien au départ qu’à l’explosion. Vers 7 h 30, le bombardement allemand s’intensifie : un obus toutes les cinq minutes. Le spectacle est saisissant. On s’interroge : les Alliés répondront-ils ? À 8 h 30, on entend le premier coup de départ d’une série de dix obus qui…
Des enterrements en musique. On peut désormais constater les dégâts causés par les obus : rue de Quesnoy, rue Basse-Bretagne, maisons détruites, Café du Beffroi, blanchisserie Vandewynckèle, chez Madame Charles Catteau, au jardin Meurillon, etc. Ruines Rue Basse Bretagne – Fonds SHCWR Parmi les civils blessés, on ne déplore qu’un seul cas : une petite fille habitant rue de Quesnoy. Elle était couchée au moment de l’explosion et n’a été que légèrement atteinte. Tous les deux jours environ, des convois funèbres en musique passent, venant du lazaret de la rue de Wervicq et se dirigeant vers le cimetière de Comines…
Essais de grenades à main. Combat d’artillerie ; essais de grenades à main ; chocs terribles qui secouent toute la région. Le soir, vers 17 h 30, trois obus aux départs saisissants passent au-dessus de la ville pour aller tomber du côté de Wervicq. À chaque impact, les maisons tremblent encore longtemps. Les Allemands bombardent ensuite avec insistance, à intervalles réguliers. Que nous réserve la nuit ? Attaque allemande à Boezinghe. À Dickebusch, les artilleurs belges venus en renfort sont regardés avec suspicion par les Britanniques. Ceux-ci s’étonnent en effet de constater que les Belges ne sont presque jamais pris…
Canon sans arrêt. Depuis hier soir, le canon tire pour ainsi dire sans arrêt; la nuit, les Allemands ont beaucoup bombardé et ce matin, le canon gronde toujours. Dans la journée, le combat d’artillerie continue vers Zonnebeke jusque dans la soirée. Dans l’après-midi, le temps clair amène des aéros alliés et allemands qui s’éparpillent; vers 16h, on peut en compter dix-huit en même temps. Les Allemands se rendent maîtres des tranchées anglaises au « bluff » au sud ouest de Hill 60 où une mine allemande anéantit tout un peloton anglais. Grâce à un officier-mitrailleur, le cratère demeure cependant préservé d’Allemands. photograph…
Touchée par un éclat d’obus chez elle. Il pleut. La nuit a été un peu plus calme, mais le canon continue de rouler sans discontinuer. Vers 13 h 30, l’artillerie reprend avec une intensité ininterrompue. Par moments, des coups formidables font trembler les maisons ; on est littéralement balloté chez soi. Il s’agit de tirs d’artillerie allemands préludant à la prise, par le 6e I.R. Württemberg n° 124, du Grosse Bastion, bientôt suivis par les terribles tirs de représailles de l’artillerie anglaise.Le Grosse Bastion, ouvrage fortifié, était situé au nord du canal Ypres–Comines — le Kleine Bastion lui faisant face…
Une épaisse fumée Quelle nuit ! Impossible de fermer l’œil. Au matin, le canon tonne toujours, mais avec moins d’intensité. Vers 9 h 30, au moment où un enterrement en musique s’apprête à passer, alors que la tempête qui sévit depuis la veille bat son plein, une épaisse fumée s’élève du côté de l’église. Visible depuis la rue de Wervicq, venant de la rue Masson, à hauteur du couvent des Sœurs de Saint-Aignan — dites Sœurs d’Orléans — elle annonce une terrible explosion qui brise et fracasse tout à nouveau. Un bruit effroyable retentit aussitôt. Il s’agit d’une cave située…
La ferme Maes à Houthem. Le canon tonne violemment durant une partie de la nuit. Une affiche annonce que les Allemands ont pris 800 mètres de tranchées. De minuit à 2 heures, un immense incendie éclaire toute la région : c’est la ferme Maes, à Houthem. Le sinistre, provoqué par les obus, embrase le bâtiment qui, rempli de soldats, abrite également un dépôt de munitions. On évoque la mort dans les flammes de Mademoiselle Maes et de son domestique. Sinon, la journée se révèle plus calme que les précédentes. Les Allemands reprennent cependant le feu sur Laurence Farm : les…
Pour orner les cercueils. La nuit se révèle plus tranquille, bien que le canon gronde encore par moments. Le jardin de la brasserie Dumortier est de plus en plus dépouillé par des soldats qui, sans rien demander, enlèvent aucubas, houx et sapins pour orner les cercueils ; des branches entières sont arrachées. Enterrement d’un soldat allemand – Fonds SHCWR Il devient difficile de trouver du lait Nestlé pour les enfants. Dans l’après-midi, le canon reprend de plus belle ; des nuages de fumée s’élèvent du côté des combats. Le soir et une partie de la nuit, le duel d’artillerie se…
Une Visite de politesse La journée est calme et le froid est vif. On annonce que le prix du pain augmentera de 10 % à partir de lundi. Le charbon est devenu introuvable, les autorités ne se rendent plus à Courtrai. Les farines arrivent toutefois régulièrement, l’argent est remis entre les mains des autorités de Wervicq. Par l’intermédiaire du Comité hispano-américain, on peut parfois obtenir de la confiture pour remplacer le beurre, du saindoux, des allumettes, des bougies et du savon ; on espère recevoir bientôt des pommes de terre, car le riz et les haricots ne suffisent plus à…
Le clocher de l’église de Ploegsteert. Grand calme : il semble annoncer un combat d’importance. On entend toujours des essais de grenades et l’on s’effraie de ces détonations extraordinaires. Vers 20 h 30, dans le silence du soir, un coup violent retentit, semblable au départ d’un obus ; on apprendra un peu plus tard qu’il s’agit d’une petite explosion dans les environs. Winston Churchill, revenu à l’ouvroir pour y trouver le calme, connaît un moment de chance : la cave où il aurait normalement dû se trouver est dévastée par un obus de trente livres qui, heureusement, n’explose pas. Il…
Clocher de Warneton. Nuit calme. Dès l’aube, les tirs éclatent de toutes parts contre les aéros : Allemands et Alliés s’y livrent à l’envi, et cette chasse dans le ciel se poursuit toute la journée. Vers 17 heures, des avions alliés larguent des bombes sur l’église de Warneton, dont le clocher est abattu. Après celui de Ploegsteert détruit la veille, la série se poursuit… On peut lire sur la photo « Waesten 26-2-1916 » – Fonds SHCWR. À Comines France, la distribution de pommes de terre commence : il s’agit d’une restitution allemande des 100 000 kg réquisitionnés dans le pays. Sur…
Un rayon de lumière Il est passé des aéros durant la nuit. À la brasserie, où personne ne veille pourtant, la lumière est restée allumée jusqu’au matin. Le capitaine cantonné ici rentre de son casino à 5 h 30 — hier encore à 3 h 30 — et doit repartir demain vers les tranchées avec son ordonnance et son cuisinier. Ce matin, deux énormes automitrailleuses se sont arrêtées à quelques pas du centre de Comines, suivies d’une grande voiture de munitions et occupées par une vingtaine d’hommes. Après un court repos, elles ont pris la direction de Ten-Brielen et ont…
Présent à l’appel. Il tombe une neige fine qui fond aussitôt en touchant le sol. La journée demeure calme ; le soir, quelques coups de canon viennent seulement troubler le silence. Aujourd’hui a lieu, à 16 heures dans la rue Masson, l’appel des hommes de trente à quarante ans. Le froid est mordant et l’appel se fait en pleine rue, en commençant par les plus âgés. Deux hommes ne doivent plus se présenter : un sourd-muet et le boiteux Rousseau. Les autres devront désormais comparaître chaque semaine à la même heure. À l’appel de leur nom par le garde champêtre…
A l’appel toutes les semaines Il fait un froid très vif ; la gelée persiste sous un vent de nord-est. Toute la journée se déroule un mouvement continu de troupes : départ du 64e régiment, cantonné côté français, et arrivée du 242e régiment saxon, déjà présent en juillet. A lieu aujourd’hui l’appel des hommes de quarante à cinquante ans. Parmi eux figurent les deux vicaires ainsi que l’abbé Plovier. Les vicaires doivent désormais se présenter chaque semaine à cet appel que les Allemands nomment le « contrôle ». Depuis longtemps déjà, les civils y sont soumis ; à une certaine…
Les artilleurs anglais font mouche Il gèle très fort, le thermomètre oscillant entre –5° et –6°. Durant la nuit, le canon roule en direction de Deûlémont. Toujours dans l’obscurité, le poste d’observation du Belvédère de Kemmel signale un mouvement inhabituel du côté de la ferme Maes à Houthem, sur le chemin de Dadizele. L’artillerie pilonne ce site utilisé comme dépôt de munitions allemandes. Au trente-neuvième obus, la ferme s’embrase et le dépôt explose, projetant des projectiles jusqu’à un kilomètre à la ronde. La nuit est tragique pour les habitants des environs. Toute la journée, des troupes arrivent par petits détachements,…
Le plancher à disparu. Le gel s’intensifie et une couche de neige épaisse de quatre doigts recouvre le sol. L’hiver s’installe tardivement : après un mois de janvier clément et presque doux, février se révèle froid, pluvieux et maussade. Beaucoup d’habitations étant détruites ou inhabitables, ces rigueurs deviennent difficilement supportables. On se blottit près du feu pour tenter de se réchauffer ; les rhumes se multiplient et l’on redoute des complications chez les enfants qui achèvent leur coqueluche. Durant la nuit, le canon a continué de gronder comme la veille. Hier, des obus sont tombés sur Le Quesnoy, causant la…
Tirs amis. La nuit est calme. Il a encore neigé, mais le dégel commence au cours de la journée. À cause de la neige, l’un des deux camions de ravitaillement de Comines, venant de Lille, a versé dans un fossé. On apprend qu’il est récupéré aujourd’hui en présence d’un gendarme et qu’il contient de la fraude : quatre fûts et quatre caisses de liqueurs. À son arrivée à Comines, le gendarme fait conduire le camion directement à la Kommandantur où les fûts sont déposés. Des affiches apportent des nouvelles déprimantes concernant Verdun : l’un des forts aurait été pris après…
En panne à Wambrechies. Le garde champêtre, accompagné d’un gendarme, mène enquête sur le bois disparu à la brasserie Dumortier. Après avoir recueilli les explications nécessaires, ils se rendent au bureau allemand ; pour l’heure, aucun résultat n’est connu. L’affaire de fraude suscite beaucoup de commentaires. Les liqueurs ont été livrées à Lille par un négociant de Tourcoing à un voiturier du ravitaillement. Le chariot est resté en panne à Wambrechies ; un garde civil est demeuré sur place durant la nuit. On recherche toujours les destinataires, qui restent inconnus. Wambrechies – Fonds SHCWR Comme la veille, mais cette fois…
Moi ce sera la même chose.que le cheval Le bourgmestre, qui ne s’est plus rendu à Kortrijk depuis six semaines, peut enfin s’y rendre aujourd’hui, accompagné de deux officiers. La brasserie Dumortier reçoit son indemnité : neuf brassins comptabilisés depuis le début de 1916 et quarante-cinq journées pour l’emploi du mulet durant le mois de février. On ne brasse plus, faute de malt ; seule la fabrication de limonade se poursuit encore. Les derniers Bavarois affectés à l’établissement s’apprêtent à partir, tandis que leurs successeurs prennent déjà connaissance des lieux et des méthodes. À Verdun, les tirs de barrage de…
Année bissextile. Le bourgmestre, de retour de Kortrijk, laisse entendre qu’un prochain arrivage de pommes de terre — attendu de Gullegem — ainsi que de charbon pourrait améliorer la situation du ravitaillement. L’affaire d’alcool prend une tournure plus grave : Achille Lambin est destitué alors qu’il devait entrer en fonctions le lendemain. Le commandant de place refuse désormais tout rapport avec lui. Vincent Cousin assurera provisoirement son remplacement. Aujourd’hui se tient pour la seconde fois l’appel des hommes de trente à quarante ans. Les intéressés se rangent à l’avance, ce qui réduit la formalité à quelques minutes. On évoque par…
Quantité de dépêches sur Verdun. Nuit assez calme ; journée également paisible. On affiche quantité de dépêches concernant Verdun, où les Allemands auraient remporté un grand succès ; le Kaiser aurait assisté à l’offensive. Ce « grand succès » est bien, cette fois, la prise du fort de Douaumont le 25 février. Elle est annoncée dans le célèbre — et mensonger — communiqué de Guillaume II : « Le fort cuirassé de Douaumont, pilier angulaire de la ligne principale des fortifications permanentes de Verdun, a été pris d’assaut par le 24e régiment de Brandebourg. »La réalité diffère sensiblement. Des soldats…
Par la voie sacrée. À 4 h 30 du matin débute une offensive d’une violence exceptionnelle entre Hollebeke et Wijtschate ; le canon tonne sans discontinuer. Des soldats rapportent que les Anglais ont repris les tranchées perdues quelques semaines auparavant. Le Grosse Bastion — le « Bluff » — point d’observation tenu par l’IR n° 123 d’Ulm, est reconquis. Cette position, appuyée par des pièces de 240 et de 380, était défendue par une unité cantonnée à Wervicq et au Godhuis, qui tenait habituellement Sint-Elooi. Compte tenu des pertes subies par le régiment n° 124, deux compagnies viennent en renfort.…
Un jardin saccagé pour couvrir les cercueils. L’heure du couvre feu est modifiée depuis hier : une heure supplémentaire est accordée le soir, soit jusqu’à 18 heures. L’énorme quantité de bouteilles vides entreposées dans la serre et sous le bac du jardin de la brasserie Dumortier est enlevée par des chariots du parc des pionniers. La pluie et la neige ont transformé le jardin en un amas de boue. Pour faciliter leur passage, des soldats abattent de larges branches de marronniers, estimant l’opération naturelle. Henri Dumortier s’en plaint à l’officier responsable, qui s’irrite ; il se rend alors à la…
Grand mouvement de troupes. Un grand calme règne ces jours-ci ; à peine entend-on le canon. Pourtant, d’importants mouvements de troupes sont signalés, principalement d’artillerie, ce qui laisse pressentir de nouveaux préparatifs. À la brasserie, les discussions reprennent avec deux soldats occupés à arracher du feuillage ; ils persistent à saccager le jardin. On tente de les conduire à la Kommandantur, mais ils s’y refusent, l’un d’eux allant jusqu’à prétendre avoir été saisi violemment à la poitrine. THE GERMAN ARMY ON THE WESTERN FRONT, 1914-1918 (Q 87548) German graves in the winter snow. The grave in the middle is probably…
Treize cercueils. Enterrement : treize cercueils en ville et neuf du côté de Comines France. Le chiffre parle de lui-même et rappelle la lourde saignée de ces derniers jours. Nous apprenons que Georges d’Ennetières est sorti de prison et se trouve à Kortrijk ; il ne lui est toutefois pas permis de rentrer à Comines. Le journal néerlandais De Telegraaf confirme les succès remportés par les Anglais au « Bluff », aujourd’hui intégré au Provinciaal Domein Palingbeek, succès attribués à une préparation méthodique et soutenue de l’artillerie. Les canons de gros calibre de la Marine, amenés en renfort du côté…
Sur la rive gauche. Cette nuit, vers deux heures du matin, huit patrouilles de soldats ont fait irruption dans les estaminets encore ouverts. On ignore ce qui s’y est exactement décidé, mais il a été signifié aux cafetiers qu’il leur était désormais interdit de vendre du café. À dix heures, un gendarme vient prévenir Henry Dumortier qu’il doit se présenter à la Commandantur à onze heures. Reçu finalement à onze heures trente par le nouveau commandant, celui-ci évoque la lettre de plainte adressée par Dumortier et lui signale qu’un soldat s’est lui-même plaint d’avoir été empoigné et traité de «…
Au delà du chemin de fer En ce jour de Mardi gras, le temps est triste et lourd. C’est aussi jour d’appel : les hommes doivent se présenter malgré la neige qui tombe sans discontinuer. On patauge dans une boue froide et malsaine. Depuis dimanche, la neige fondante n’a cessé de tomber ; aujourd’hui elle se fixe enfin au sol sous l’effet d’un léger gel, mais le froid devient mordant. L’hiver semble arriver tardivement, dans une saison qui ne lui ressemble guère. À Comines, la présence militaire devient impressionnante. De nouvelles troupes arrivent par la route de Kortrijk. Un officier…
