Artillerie toute la journée.

Hier soir, le canon a tonné longuement ; des obus ont sifflé au-dessus de la ville en direction de Bousbecque. Durant la nuit, une très forte détonation retentit, proche d’une explosion. Toute la journée suivante, l’artillerie se répond sans relâche.

Ce matin, vers 9 heures, cinq décharges puissantes secouent l’air. On ignore leur nature exacte : bombes, obus lourds ou explosions de mines — impossible à déterminer depuis la ville.

Il est désormais possible, munis d’un passeport, de se rendre à Wervik pour s’approvisionner en cigarettes, médicaments, viande ou miel. Les prix ne sont pas meilleurs qu’à Comines, mais la marchandise s’y trouve plus aisément.

Au cours de la semaine, le lundi 17, cinq obus tombent sur Wervicq, causant d’importants dégâts. C’était le jour où les aéroplanes étaient nombreux : jusqu’à dix en même temps, visibles du matin au soir.

Ruines Wervik – Fonds SHCWR

À Comines France, à la ferme Lesaffre, un soldat alsacien égorge un soldat prussien. L’affaire circule rapidement et alimente les conversations.

À Dickebusch, le vicaire signale la déportation vers la France d’une fille « de mauvaise vie ». Chaque commune reçoit un avis concernant les femmes publiques, mais à Dickebusch, la prudence prévaut : on choisit de ne pas relayer officiellement la mesure, de peur d’aggraver une situation déjà tendue.

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