On orne les baraques.

Le canon a grondé de plus belle durant toute la nuit, principalement dans la direction de Zillebeke et de Hooge, où les combats continuent avec acharnement.
À l’approche de la Pentecôte, les soldats se préparent à célébrer la fête à leur manière. Les jardins sont dépouillés d’une partie de leur verdure afin d’orner les baraquements et les logements militaires. Les boulangers de la région reçoivent l’ordre de confectionner des gâteaux pour les troupes ; la farine, les œufs et le beurre sont fournis par l’autorité allemande.
À Poperinghe, la gare demeure le théâtre d’une activité incessante. Des convois de blessés alliés affluent vers les hôpitaux de l’arrière. Des prisonniers allemands sont évacués également vers l’arrière. À l’est de la ville, un canon de très gros calibre a été installé, renforçant encore l’importance stratégique du secteur.
La présence de cette artillerie lourde entraîne de nouvelles mesures de sécurité. Tous les enfants résidant à l’est de la Grand-Place doivent être évacués. Cette décision illustre l’évolution du conflit : le front ne concerne plus seulement les combattants. Peu à peu, toute la société se trouve entraînée dans l’effort de guerre et exposée à ses dangers, signe que l’on s’enfonce toujours davantage dans une guerre devenue totale.

