Des projecteurs dans le ciel.

Des rumeurs avaient circulé annonçant un bombardement massif de Comines pour le 18. La veille, nombre d’habitants vivaient dans l’attente, certains réfugiés dans leurs caves, redoutant le pire.
Ce soir, un combat d’artillerie d’une violence exceptionnelle éclate, sans précédent dans la région. Le fracas s’étend sur tout le front, avec une intensité particulière du côté de Saint-Éloi. Le ciel semble en feu, illuminé par les explosions. À intervalles réguliers, des projecteurs balaient l’obscurité, scrutant le ciel à la recherche d’aéroplanes ennemis. Le spectacle est à la fois fascinant et terrifiant — une vision encore jamais observée ici.
Pendant ce temps, Winston Churchill se rend à Londres pour assister à une séance à huis clos à la Chambre des Communes. Il ne peut toutefois s’y attarder : rappelé par son supérieur, le général Furse, il doit regagner son unité, appelée à être fusionnée avec le 7th Royal Scots Fusiliers, désormais sous les ordres du lieutenant Gordon. Avant de repartir pour le continent, Churchill avait fait annoncer son prochain retour à la vie civile, mais, arrivé à Ploegsteert, il tente d’en empêcher la publication par télégramme, avant de finalement s’y résoudre.

À Comines, côté français, le nouveau commandant de la place, le capitaine Richter, impose des mesures strictes : dès la tombée de la nuit, toute lumière visible de l’extérieur doit être éteinte, sous peine de sanction. Une discipline rigoureuse s’installe peu à peu, dictée par les exigences de la guerre.
