L’escadrille La Fayette.

L’attaque s’est prolongée durant une grande partie de la nuit, laissant derrière elle une tension encore palpable au matin. Comme chaque semaine, les hommes sont appelés, rituel devenu presque banal dans ce contexte d’occupation.
Les troupes restent nombreuses en réserve, notamment du côté du Mai-Cornet, de Bas-Warneton et du lieu-dit de la Garde de Dieu, signes d’une activité militaire toujours soutenue à l’arrière du front.
À Comines, côté français, une nouvelle suscite une vive émotion : à Bruxelles, Gabrielle Petit a été condamnée à mort. Dans le même temps, Louise de Bettignies est frappée d’une peine de travaux forcés à perpétuité. Ces décisions résonnent fortement dans les esprits, rappelant la dureté de la répression.
Au front, le 6e Northumberland vient relever le bataillon de Francis Buckley, qui se retire vers Loker, au couvent des sœurs, où les hommes retrouvent pour un temps le réconfort d’un bain et d’une nourriture abondante.
Plus au sud, en Lorraine, on annonce la création de l’escadrille La Fayette, composée de pilotes américains venus s’engager aux côtés de la France, symbole d’un engagement international croissant dans le conflit.

L’escadrille La Fayette est en effet une unité emblématique de la Première Guerre mondiale. Constituée en 1916, elle rassemble des volontaires américains venus combattre sous commandement français, bien avant l’entrée officielle des États-Unis dans le conflit.
Son nom rend hommage à Gilbert du Motier de La Fayette, figure française devenue héros de la guerre d’indépendance des États-Unis. Ce choix symbolise une forme de retour d’amitié entre les deux nations : après l’aide apportée par la France aux insurgés américains au XVIIIe siècle, ce sont ici des Américains qui viennent soutenir la France en guerre.
Composée de pilotes souvent idéalistes et audacieux, cette escadrille s’illustre rapidement par son engagement et ses combats aériens. Elle incarne à la fois l’esprit chevaleresque de l’aviation naissante et une dimension profondément internationale du conflit, annonçant l’implication croissante des États-Unis dans la guerre.
