Une forte attaque.

Depuis midi, le canon tonne avec une violence soutenue : tout indique qu’une attaque de grande ampleur est en cours.
Le commandant logé à la brasserie, parti aux tranchées depuis trois semaines, est ensuite envoyé directement vers Wervicq. Nul ne sait encore qui viendra le remplacer.
À la brasserie Dumortier, de nouveaux projets émergent : il est question d’y installer une laiterie ainsi qu’une fabrique de fromages. La chaudière destinée aux chevaux, pour laquelle le propriétaire, Henry Dumortier, avait réclamé un bon, est finalement revenue.
Dans la maison paternelle, les autorités souhaitent aménager un casino d’officiers dans la salle flamande et la véranda. Le propriétaire tente de s’y opposer en invoquant l’état critique de Marie-Antoinette, alors à l’agonie. L’argument ne convainc d’abord pas, mais il finit par obtenir gain de cause, à condition toutefois de céder le piano pour un temps.
À Comines, côté français, la présence militaire en ville est devenue plus discrète. Il semble que les soldats soient désormais maintenus en réserve, en arrière des lignes de tranchées, dans des baraquements que les habitants ont vu passer récemment en convois nombreux.
Les Australiens sont à Fleurbaix.

