Calendrier de travail
Permission exceptionnelle Aujourd’hui, un violent duel d’artillerie secoue la région. Monsieur Goethals, curé de Wervicq, obtient exceptionnellement l’autorisation de venir confesser les religieuses cominoises. Henry Dumortier dort à peine, tant la question de la cave le tracasse. Dès 9 h 30, il retourne avec son père à la Commandantur. Quelques instants plus tard, ils ressortent sans résultat. Vers 11 h 30, Henry apprend que le commandant vient de quitter son bureau; il l’accoste aussitôt. Le commandant accepte de se rendre à la brasserie et, une fois sur place, déclare que les travaux ne se feront pas. Henry respire enfin :…
400 cylindres déchargés au Touquet. Le temps est assez clair. De nombreux aéros apparaissent; vers 9 h, on peut en compter une dizaine, dispersés dans le ciel. Quelques bombes tombent au Mai-Cornet et au Vieil-Dieu. Au Touquet, à Warneton, quatre cents « cylinders » anglais sont brusquement déchargés de leur gaz toxique face à la 25ᵉ Division allemande. NDLR : Petit film d’illustration, un amas de plusieurs centaines de très longues bonbonnes de gaz. On peut imaginer les mêmes manipulations pour le Touquet. Dans l’après-midi, les obus frappent Warneton-Deûlémont et les environs immédiats; depuis le centre de Comines, on les…
Journée relativement calme. La journée est relativement calme, bien que le canon se fasse entendre à plusieurs reprises. À Comines France, une rumeur circule : les Allemands auraient utilisé hier du gaz asphyxiant. Les Cominois comprennent désormais ce que contiennent les boîtes de conserve que les soldats transportent depuis peu : des masques à gaz. Respirator, anti-gas, M1917 Lederschutzmaske & Container: German (EQU 3918) Respirator comprising leather face mask with fitted mica eyepieces mounted in circular metal frames. The mask has an elasticated head harness and is fitted with detachable metal filter. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/30015959 Pendant l’absence…
Cela passe au dessus de la ville Durant la nuit, des fûts de sirop sont déchargés à la brasserie Dumortier, en provenance de la gare. On brasse aujourd’hui pour la première fois et, fait remarquable, les ouvriers habituels ne sont pas rappelés : ils sont remplacés par ceux de la brasserie Dumont (Mortreu, etc.). Concernant les travaux de fortification, il semblerait désormais que la cave à bétonner se situe à la brasserie Dumortier plutôt qu’à la maison du brasseur. Dans l’après-midi, vers 14 h 45, un bombardement se produit ; quelques obus passent au-dessus de la ville sans y tomber.…
Artillerie toute la journée. Hier soir, le canon a tonné longuement ; des obus ont sifflé au-dessus de la ville en direction de Bousbecque. Durant la nuit, une très forte détonation retentit, proche d’une explosion. Toute la journée suivante, l’artillerie se répond sans relâche. Ce matin, vers 9 heures, cinq décharges puissantes secouent l’air. On ignore leur nature exacte : bombes, obus lourds ou explosions de mines — impossible à déterminer depuis la ville. Il est désormais possible, munis d’un passeport, de se rendre à Wervik pour s’approvisionner en cigarettes, médicaments, viande ou miel. Les prix ne sont pas meilleurs…
Des rats en circulation. Les canonnades se poursuivent sans relâche et résonnent jusque dans les faubourgs. À Comines France, le pharmacien Deschildre se prépare à passer trois jours en prison pour avoir refusé de délivrer un médicament à un soldat allemand. Celui-ci réclame une potion que l’officine ne possède pas, mais l’absence de produit ne suffit pas à convaincre l’autorité militaire qui impose la sanction. Depuis hier soir, un second capitaine du 182ᵉ régiment saxon et ses ordonnances s’installent dans la maison du brasseur Dumortier. Le premier officier, quant à lui, part loger à Bousbecque. L’inconvénient est qu’en quittant les…
Les chiens ratiers sont réquisitionnés. Hier devait se tenir le contrôle des chevaux. Tous les animaux sont rassemblés au Godshuis mais, une fois sur place, la vérification est reportée au lendemain. Aujourd’hui, vingt-sept chevaux sont réquisitionnés, parmi lesquels ceux de Madame Dumont. Le mulet de la brasserie Dumortier est quant à lui rendu, mais les autres mulets et trois ânes sont emmenés. À Comines France, on réquisitionne cette fois les chiens ratiers. Pour les autres chiens, les propriétaires doivent s’acquitter de la taxe imposée. photograph (Q 115420) Pet dog of the Middlesex Regiment with its catch of rats in the…
Tué dans son jardin La nuit, le canon tonne sans discontinuer. Les batteries allemandes bombardent et l’on perçoit aisément le roulement de leurs obus. Au matin, le temps est très clair, avec une gelée blanche qui recouvre les toits et les jardins. De nombreux aéroplanes sillonnent le ciel et l’on assiste à des combats aériens. L’autorité allemande supprime les passeports jusqu’à nouvel ordre, même pour Wervicq. Il est désormais impossible de quitter Comines, et l’entrée en ville est interdite aux étrangers, à l’exception de quelques habitants de Bas-Warneton autorisés à venir se ravitailler. Vers quatorze heures, plusieurs appareils survolent la…
De gros obus éclatent. On s’attendait, ce matin, à la reprise du bombardement, mais la journée demeure étonnamment calme. De lourds projectiles continuent toutefois d’exploser dans les tranchées ou dans les localités voisines, faisant vibrer les maisons jusque dans leur charpente. Le 6th Royal Scots Fusiliers arrive à Ploegsteert, non loin de la ville où le sergent C.H. Rowland venait de composer la célèbre rengaine « Mademoiselle from Armentières ».À proximité, Winston Churchill passe sa première nuit à l’ouvroir des Sœurs de Charité. Il dispose d’une chambre agréable, donnant sur les champs en direction des lignes allemandes situées à trois kilomètres à…
Pas notre Albert. Anniversaire de Guillaume II.En Belgique, seuls trois ou quatre drapeaux sont visibles (chez Madame Ferrant, chez Isebart et à la gendarmerie). À Comines-France, en revanche, les drapeaux sont omniprésents, certains même bavarois. Sur la Grand-Place, les mâts dressés sont pavoisés. Les cabarets doivent rester fermés à partir de treize heures jusqu’au lendemain à onze heures. En Belgique, ce régime est déjà quotidien : avec la retraite fixée à seize heures, les estaminets ne peuvent rouvrir avant le lendemain. À Comines-France, arrivent deux compagnies de « mal foutus », comme les surnomment les Cominois : jeunes trop frêles,…
Les allemands attaquent. La nuit est marquée par un duel d’artillerie.Au matin, trois enterrements civils ont lieu, dont celui du boucher Decruyenaere ; la veille déjà avait eu lieu celui du domestique de Mahieu. Lorsqu’un décès survient, la Commandantur doit en être informée afin qu’un médecin militaire allemand en constate officiellement la mort. Les vicaires de La Clyte et de Dickebusch rendent visite aux enfants de leur paroisse, regroupés aux environs de La Panne dans une colonie dirigée par la Reine des Belges. Sur la route, ils croisent d’abord les militaires anglais jusqu’au nord de Poperinge, puis des territoriaux français…
Paris attaqué. D’importants mouvements de troupes se succèdent, arrivées et départs se relayant jour et nuit. Aucun coup de canon ne se fait entendre ; on se croirait presque en temps de paix, sauf l’agitation constante de la rue. Le bourgmestre n’a pas pu se rendre à Courtrai : aucun passeport n’est délivré, pas même pour aller à Wervicq. Depuis Bas-Warneton, seules quelques personnes désignées sont autorisées à venir se ravitailler à Comines. Toute circulation en dehors du territoire communal et des barrières est désormais interdite. Un seul passeport est accordé par famille. En ville, le couvre-feu reste fixé à…
Fièvre des tranchées. Du côté de Saint-Éloi, on observe un phénomène pour le moins étrange. Soudainement, certains soldats britanniques sont pris de fortes fièvres et présentent des pieds comme gelés. En réalité, le froid intense combiné à la station debout prolongée serait à l’origine de ce mal. Les Canadiens, plus habitués aux rigueurs du climat, y semblent moins sensibles. Par mesure de précaution, il est recommandé aux soldats de se mouvoir autant que possible et d’enduire leurs pieds d’huile de foie de morue. Il est également jugé indispensable de changer régulièrement de chaussettes. Les hommes atteints doivent être mis au…
