.Certains travailleurs suivent.

Le temps est pluvieux et froid ; il faut se couvrir comme en hiver.
L’artillerie allemande a tiré de formidables coups durant la nuit. Impossible de dormir, tant l’inquiétude est grande. À chaque instant, nous devons nous attendre à des obus. Nous avons le pressentiment que, partout où nous allons, un obus va nous atteindre. C’est devenu une obsession perpétuelle.
À Comines France, enterrement des deux victimes de jeudi. Aucun Allemand n’est présent ; le commandant de place est sur le départ. Il sera remplacé par celui de Sainte-Marguerite, le capitaine Bloch.
Toute la journée, c’est un incessant va-et-vient de troupes. Il y en a rarement eu autant. Les sentinelles ont repris leur poste partout.
Des officiers viennent visiter la limonaderie et, le soir, l’un des deux soldats préposés aux limonades quitte Comines.
À la place de la forge, au pignon d’une maison, une écurie pour quatre chevaux a été installée, ainsi qu’une cuisine dans le bâtiment adjacent.
Les officiers qui logent à la brasserie semblent eux aussi sur le départ : les allées et venues sont nombreuses et l’on prépare les malles.
Le soir, de formidables coups de canon retentissent, comme durant la nuit précédente.
Les tirs effectués hier depuis des avions anglais sur Comines devaient vraisemblablement provenir de l’escadrille aperçue par le vicaire de Dickebusch. Venant de l’Abele, vingt-deux avions sont passés au-dessus de Kemmel avant de traverser le front.
Des usines textiles d’Armentières déplacées vers la Normandie
Lorsqu’en février 1916, un obus tombe sur l’usine Jeanson à Armentières, il est rapidement décidé de transférer une partie de la production à Condé-sur-Noireau, dans le Calvados.
L’usine reprend notamment les livraisons, tant attendues, de toile forte destinée aux aéroplanes et met au travail près de 1 800 ouvriers. Deux autres entreprises textiles de la région suivent cet exemple : Rogeau et Hurtel.
Parmi les ouvriers, on dénombre plusieurs familles belges :
- la famille Loncke, originaire de Neuve-Église et établie à Ploegsteert ;
- la famille Vandevelde, belge d’origine, établie à Armentières, ainsi que leur belle-fille, Hortense Bartier, originaire de Warneton ;
- la famille Turq, originaire de Neuve-Église et établie à Ploegsteert ;
- la famille Goudeseune, de Warneton ;
- la famille Mahieu, de Comines, ainsi que Désiré et Hortense Bonte ;
- Marguerite Tahon, de Ploegsteert.
Après la guerre, les sociétés Jeanson et Rogeau poursuivent leurs activités à Condé-sur-Noireau. Les trois entreprises, qui avaient développé leur activité durant le conflit, reviennent ensuite à Armentières afin d’y reconstruire leurs usines.
La plupart de leurs ouvriers regagnent alors leur chère région d’origine.

Sources :
Référence :
- La Guerre
- Tome 12 – SHCWR
- Journal de Guerre
- Oorlog in West-Vlaanderen (groupe Facebook)
Auteur :
- Dumortier Henry
- Bernard Vernier
- Achiel Van Walleghem
