Second anniversaire.

La nuit est restée calme, contraste bienvenu après les alertes et bombardements des jours précédents.
En ce deuxième anniversaire du déclenchement de la Grande Guerre, le moral est au plus bas. Deux années se sont écoulées depuis l’entrée en guerre et les souffrances semblent ne devoir jamais prendre fin. Les rumeurs d’une évacuation générale de Comines se multiplient et alimentent les inquiétudes de la population. Les bruits les plus alarmants circulent, mais chacun espère qu’ils se révéleront, une fois encore, infondés.
« Un jour à la fois ; peut-être sortirons-nous de cette pénible situation. »
Les difficultés économiques continuent de s’aggraver. Faute de malt, une brasserie fabrique désormais de la houblonnette, une boisson élaborée à partir de sucre et de houblon, afin de maintenir un minimum d’activité. Les Allemands font encore brasser un peu de bière pour leur propre consommation chez Froidure, tandis que Van Elslande produit pour Comines Belgique. De son côté, Bille va s’approvisionner en bière à Wervik pour compléter les maigres disponibilités locales.
Le ravitaillement demeure extrêmement précaire. Voilà plus de quinze jours que nous sommes privés de viande. Les œufs, devenus très rares, se vendent 40 centimes pièce, tandis que le beurre atteint 10 francs, des prix qui les rendent inaccessibles à une grande partie de la population.
Le bombardement de la veille a frappé principalement le territoire de Wervik, où l’on déplore un mort, confirmant que les communes situées à proximité immédiate du front restent particulièrement exposées.
Les autorités allemandes renforcent également les contraintes liées au travail obligatoire. Les jeunes gens issus de familles aisées sont avertis qu’ils seront sanctionnés s’ils se présentent aux convocations vêtus d’un gilet blanc, avec col et manchettes, une tenue jugée incompatible avec les travaux auxquels ils sont susceptibles d’être affectés.
Sur le front de l’Yser, près de Dixmude, le capitaine belge Jacquet remporte un succès aérien en abattant un appareil ennemi à l’est de la ville.

À Reningelst, un tragique accident coûte la vie à un motocycliste britannique, décapité par un train. Ce drame conduit les autorités militaires à envisager l’installation de passages à niveau gardés afin de mieux sécuriser les traversées ferroviaires.
Sources :
Référence :
- Tome 12 – SHCWR
- La Guerre
- Ieper 1916 – 1917
- Journal de guerre
Auteur :
- Bernard Vernier
- Ivan Vanherpe
- Dumortier Henry
- Achiel Van Walleghem
Lieu :
- Comines – Belgique
- Dixmude
- Reninghelst
