Quinze avions planent

Les Allemands ont de nouveau ouvert le feu au cours de la nuit. Comme chaque matin, une même question hante les habitants : les Anglais répondront-ils aujourd’hui ? Personne ne sait ce que la journée lui réserve. Cette attente permanente des bombardements entretient une angoisse constante qui épuise les nerfs. Au moindre passage d’avions, chacun se précipite vers sa cave.

C’est précisément ce qui se produit vers 12 h 30. Une quinzaine d’avions alliés apparaissent soudainement et survolent Comines en tous sens avant de prendre la direction de Wervik. Le ciel, chargé de petits nuages, rend leur approche difficile à distinguer et accroît encore l’effet de surprise.

Les appareils larguent plusieurs bombes entre Comines et Wervik, puis entre Wervik et Menin. D’abord, les explosions ne sont perçues que dans le lointain, du côté de Wervik, avant de se rapprocher progressivement. Des éclats de projectiles retombent jusque dans la rue de Wervik, rappelant combien les combats débordent désormais largement les objectifs militaires.

Lorsque le calme revient, on apprend que deux bombes sont tombées près de la ferme Louis Bonte, à proximité de la voie ferrée. Les nouvelles qui parviennent ensuite de Wervik sont plus graves encore : une bombe a coulé un bateau, causant la mort d’un civil et faisant plusieurs blessés.

Bateaux à quai à Wervik – Fonds SHCWR

La journée ne s’achève pas pour autant dans le calme. En soirée, une nouvelle alerte est déclenchée lorsque quatre avions alliés reviennent bombarder les environs de Wervik, obligeant une fois encore les habitants à chercher refuge. Les alertes aériennes sont désormais devenues une composante quotidienne de la vie des populations civiles vivant à proximité du front.

Sources :
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