Entre Saint-Eloi et Hooge.

Nuit un peu plus calme.

Le temps est encore plus froid et plus maussade que la veille. La pluie tombe sans interruption et, depuis une quinzaine de jours, il faut à nouveau porter le pardessus. La température n’est guère plus élevée qu’au mois de mars, ce qui accentue encore la morosité ambiante.

Dans l’après-midi débute, entre Saint-Éloi et Hooge, une attaque d’une violence exceptionnelle. Le fracas de l’artillerie va crescendo au fil des heures et se prolonge durant toute la soirée ainsi que pendant la nuit. Une fois de plus, le secteur d’Ypres est le théâtre d’affrontements acharnés dont les échos parviennent jusqu’à Comines.

THE BRITISH ARMY ON THE WESTERN FRONT, 1914-1918 (Q 707) Gunner of the 89th Siege Battery, Royal Garrison Artillery writing his wishes to the enemy on a 12 inch howitzer shell; near Dickebusch, 14th June 1916. He has written ‘With Best Wishes’ on one of the shells. All shells are transit-plugged. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205072177

Comines-France avait obtenu, pour hier et aujourd’hui, une prolongation exceptionnelle du couvre-feu de trente minutes en soirée. En Belgique occupée, en revanche, rien ne change : chacun doit toujours être rentré pour 19 heures.

À Elverdinghe, Vlamertinghe et Dickebusch, la population se plaint du comportement d’un inspecteur belge de la Sûreté. Multipliant les interventions et les injonctions parfois jugées arbitraires, il suscite l’agacement de nombreux habitants déjà éprouvés par les contraintes de la guerre.

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