Circuler au-delà des barrières

La nuit dernière, les combats ont repris avec une certaine intensité et le canon s’est fait entendre par intermittence.
La Ville a dû fournir cinquante ouvriers supplémentaires ; il paraît qu’ils sont destinés aux travaux des champs.
Depuis hier, il est permis de circuler au-delà des barrières dans le territoire dépendant de la Kommandantur de Comines. La situation demeure toutefois étrange : il est interdit de se rendre au Corentje, où se trouve une autre Kommandantur, ainsi qu’aux Cinq-Chemins qui en dépendent, mais il est autorisé d’emprunter le chemin de la Carotte et de revenir par le gravier du Godshuis. Beaucoup profitent de cette relative liberté, car certains habitants n’avaient plus revu ces endroits depuis près de deux ans.

Les autorités inspectent également les machines et les moteurs, sans que l’on sache réellement pourquoi. On ordonne aussi à tous ceux qui possèdent des peaux d’animaux abattus ou morts de les déclarer ; elles seront réquisitionnées contre paiement.
À Comines France, le pillage méthodique des outils de travail se poursuit dans les usines. Cette fois, c’est chez Froidure que des jeunes Cominois sont employés au démontage des machines. D’autres jeunes hommes sont affectés à des travaux de jardinage au cimetière.
Le révérend Declercq, aumônier des Écoles de la Reine, se rend en voiture à Neuve-Église afin d’escorter des enfants vers Wulveringem, où près de cinq cents jeunes sont déjà scolarisés à l’abri du front.
Sources :
Référence :
- Tome 12 – SHCWR
- La Guerre
- Journal de Guerre
Auteur :
- Bernard Vernier
- Dumortier Henry
- Achiel Van Walleghem
