On se contente de peu.

Profitant du beau temps, certains habitants se promènent jusqu’aux abords de Ten-Brielen. Comines et Ten-Brielen sont désormais entourés de baraquements militaires, mais au milieu de cette occupation massive, les travaux agricoles continuent activement. Les fermiers affirment que « le bon Dieu est avec eux », car les semailles sont magnifiques malgré l’absence d’engrais et de fumier. La culture du tabac est toutefois interdite cette année et plusieurs cultivateurs ont déjà été condamnés à de fortes amendes — jusqu’à 500 francs — pour avoir osé en planter.
La circulation dans les environs reste très surveillée. Les gendarmes arrêtent fréquemment les passants afin de contrôler leurs certificats d’identité. Il est pratiquement impossible d’obtenir un passeport pour sortir de la région. Même les colis rapportés de Lille par le délégué de la Ville de Comines France nécessitent une autorisation individuelle et sont contrôlés à l’arrivée. Se procurer le moindre objet devient chaque jour plus difficile. Heureusement, les habitants ont appris à vivre avec très peu.
Le ciel reste animé par de nombreux avions.
À midi, au casino installé chez Dumortier père, où vingt-huit officiers sont désormais revenus, un concert instrumental est donné dans le jardin.
Les habitants de Comines France sont autorisés à venir assister à la messe en Belgique. Ils remarquent, en face de la chapelle, des photographies vendues aux soldats. On y voit notamment l’avion anglais abattu dimanche dernier ainsi que l’impressionnant cratère de St Eloi, dont la profondeur frappe fortement les visiteurs.

À Berlin, des manifestations contre la guerre éclatent tandis que le dirigeant socialiste et communiste Karl Liebknecht est arrêté.
