Il faut faire queue.

Depuis quelque temps, le calme règne relativement dans la région. Mais on s’observe…

D’après plusieurs soldats, des troupes africaines seraient arrivées au front depuis quelques jours.
Ce matin, des ouvriers viennent examiner les puits de la brasserie Dumortier. Ceux-ci doivent être nettoyés afin de pouvoir à nouveau servir à la fabrication des limonades. L’eau, stagnante depuis plus d’un an, est devenue impropre et doit être entièrement pompée avant le nettoyage, réalisé par des maçons.
Aujourd’hui, une vache est distribuée par la Commune. Pour espérer obtenir un morceau de viande, il faut patienter dans la file de 13 h jusqu’à 16 h.
Chaque soir, à la brasserie, la chasse aux poux recommence. On redouble d’attention pour tenter d’empêcher la propagation du fléau. En inspectant aujourd’hui le lit du capitaine, reparti avant-hier vers les tranchées, on découvre encore des poux dans les draps. La chambre occupée par les trois ordonnances est particulièrement sale et infecte, même si l’on n’y trouve heureusement pas encore de vermine.
À Comines France, le nouveau général de corps d’armée impose une discipline de fer à ses soldats et se fait détester pour sa brutalité. Le commandant de la place se dit lui-même peiné des mesures qu’il doit appliquer et qui frappent durement la population civile.
Près d’Ypres, un grave accident touche le détachement belge d’artillerie. Lors de la manipulation d’une fusée, une explosion blesse grièvement trois soldats. L’un d’eux succombera à ses blessures le lendemain à l’hôpital de Poperinge.
