Des avions lancent des fusées

On se croirait revenu au mois de mars, tant le temps reste froid et capricieux, malgré quelques éclaircies.
Vers 16 h 30, profitant d’une amélioration momentanée, plusieurs aéroplanes alliés apparaissent dans le ciel. L’artillerie antiaérienne ouvre immédiatement un feu nourri. Des éclats retombent à proximité de la population tandis que des gerbes de feu s’échappent dans les airs, formant un véritable feu d’artifice qui se transforme aussitôt en nuages blancs, laissant derrière eux de longues traînées jusqu’au sol. Le spectacle est aussi magnifique que saisissant. Déjà, certains se demandent s’il ne s’agit pas de signaux destinés à guider l’artillerie. Les soldats, quant à eux, rentrent précipitamment à couvert. Une dizaine de ces projectiles-fusées sont observés.
Vers 17 h 30, on ose une petite promenade. L’occasion est donnée d’assister à une scène devenue fascinante : un ballon d’observation est extrait de son hangar et s’élève lentement dans le ciel, symbole de cette guerre où l’observation aérienne est devenue indispensable.
Pour la première fois depuis le début du conflit, Wervik est touchée par les bombardements. La guerre, qui semblait jusqu’alors épargner la localité, vient désormais frapper à sa porte, faisant entrer un peu plus la région dans la réalité quotidienne des destructions du front.

