Recensement des poules.

La journée est calme, mais le temps reste épouvantable depuis une quinzaine de jours. Aujourd’hui encore, une pluie abondante tombe sans discontinuer.

Le recensement des poules a été effectué. Désormais, chaque foyer devra fournir un œuf par semaine pour deux poules possédées. Ces œufs doivent être déposés chaque samedi à la brasserie Dumortier, où ils sont réceptionnés par un employé communal. Pour cette première mise en application, beaucoup d’habitants, par habitude, sonnent encore à l’habitation plutôt qu’à la brasserie, signe d’une organisation nouvelle encore mal assimilée.

À Comines, côté français, les évacuations massives de civils venus de Lille, Roubaix et Tourcoing suscitent une vive inquiétude. La population comprend peu à peu que le blocus anglais produit ses effets. Ces déplacements forcés de milliers d’hommes et de femmes viseraient à exploiter les terres agricoles laissées en friche faute de main-d’œuvre.

On dit que les réquisitions se font au hasard. Un train de trois mille habitants serait déjà parti. Les Cominois français doivent désormais se tenir prêts à un éventuel départ, avec un bagage limité à une trentaine de kilogrammes par personne. Il leur est en outre interdit de sortir entre neuf heures du matin et dix-huit heures, mesure supplémentaire qui accentue encore le sentiment d’oppression.

Pendant ce temps, le roi Albert Ier de Belgique et la reine Élisabeth de Belgique passent en revue leurs troupes.

Au cœur de la guerre, leur présence auprès des soldats revêt une portée particulière. Elle incarne à la fois le soutien moral de la nation et une volonté de rester au plus près de ceux qui combattent. Dans un contexte où les populations civiles vivent l’angoisse des réquisitions et des déportations, cette image d’un couple royal aux côtés de l’armée prend une dimension presque symbolique, rappelant que, malgré les épreuves, l’État et ses représentants demeurent engagés dans la lutte.

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