Grand dîner des officiers.

L’installation des officiers se poursuit. Les habitants qui refusent de céder davantage de place sont même menacés d’emprisonnement. Il faut laisser les pièces entièrement libres et vider les meubles de tout ce qui pourrait être jugé nécessaire.
Le soir même, un grand dîner d’officiers est organisé, accompagné de musique. Un piano est installé pour l’occasion, donnant à cette soirée un contraste saisissant avec la guerre qui se déroule tout autour.
La construction des baraquements en bois a repris cet après-midi.
Pendant ce temps, un correspondant de guerre hollandais effectue le trajet de Dunkerque à Poperinge en passant par le Mont Cassel. Il se dit émerveillé par cette colline boisée où la vie semble presque normale, à seulement trente-cinq kilomètres du front. Trois obus seulement sont tombés sur la ville, sans provoquer de dégâts. D’autres pourraient suivre, mais cela paraît à peine troubler la population.
Tout au long de son parcours, il est frappé par la résignation des habitants, qui affirment ne vouloir partir qu’en cas d’obligation absolue.

