Du malt emmagasiné.

La veille, à midi, Henry Dumortier est averti précipitamment, sans avoir reçu au préalable la moindre information, que 3 000 kg de malt sont mis à la disposition des brasseurs belges à la brasserie Froidure. Le grain doit être enlevé ce matin à 7 heures, payé comptant au prix de 71 francs, auxquels s’ajoutent 0,85 pfennig pour le transport. Les sacs doivent être restitués le jour même. Il faut d’abord se procurer des marks, que l’on obtient çà et là en payant une prime de 10 %.

Faute de place à la brasserie Dumortier, il est décidé que cette part sera entreposée dans les greniers Dumont. La Commandantur ayant fait savoir qu’elle interviendrait si les brasseurs ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur la répartition, Madame Dumont et Henry Dumortier décident de laisser 1 000 kg à Van Elslande, bien que ses versements de 1913 ne lui donnent même pas droit au tiers de cette quantité.

Van Elslande n’a pas encore fixé ses conditions pour brasser à façon avec les autres. Il semble traîner les choses et fait valoir que le houblon, le sucre, la colle et le colorant font défaut. Madame Dumont et Henry Dumortier décident alors d’écrire une lettre collective à Glorieux, à Courtrai, afin de se procurer ces différents produits. L’envoi de cette lettre doit toutefois passer par la Commandantur ; sa réponse ne pourra donc pas parvenir avant quinze jours. Dans l’attente d’une décision, Van Elslande utilise son malt, tandis que Madame Dumont et Henry Dumortier prennent de grands risques en conservant le leur en entrepôt.

Le duc Albert de Wurtemberg, Kronprinz, arrive à Comines en automobile. Le 119e régiment lui rend les honneurs en défilant sans armes dans les rues. Il est reçu au casino de Paul Schoutteten. Le bruit court que la division va partir et être remplacée par des Prussiens de la Garde, qui viendraient de Russie.

Albert de Wurtemberg, Kronprinz / Domaine public- Commons Wikimedia
Sources :
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