Touchée par un éclat d’obus chez elle.

Il pleut. La nuit a été un peu plus calme, mais le canon continue de rouler sans discontinuer.
Vers 13 h 30, l’artillerie reprend avec une intensité ininterrompue. Par moments, des coups formidables font trembler les maisons ; on est littéralement balloté chez soi. Il s’agit de tirs d’artillerie allemands préludant à la prise, par le 6e I.R. Württemberg n° 124, du Grosse Bastion, bientôt suivis par les terribles tirs de représailles de l’artillerie anglaise.
Le Grosse Bastion, ouvrage fortifié, était situé au nord du canal Ypres–Comines — le Kleine Bastion lui faisant face au sud — approximativement à mi-chemin entre les deux coudes assez prononcés que décrit le canal pour relier les deux tracés rectilignes menant l’un à Ypres, l’autre à Comines.
Alors que le général d’artillerie Tudor a ordonné un violent pilonnage des positions faisant face au 6th Royal Scots Fusiliers, les Allemands ne manquent pas de riposter. Churchill n’hésite pas à se rendre sur place avec le capitaine Sinclair afin de constater ce qui s’est déroulé durant la nuit.
Par instants, les coups de départ sont si saisissants que l’on se demande s’il ne s’agit pas d’obus tombant à proximité. Vers 18 heures, le feu ralentit, avant de reprendre de plus belle durant toute la soirée et la nuit. Le moment le plus terrible se situe entre minuit et une heure : beaucoup n’osent pas aller se coucher.

Décès aujourd’hui de Martin Melzer, né à Reichenhain le 23 juillet 1891. Il demeure le seul soldat allemand encore enterré à Houthem. Selon toute vraisemblance, l’église actuelle, reconstruite après les combats, serait plus large que l’ancienne, réduite à l’état de ruines ; le corps reposerait ainsi sous le carrelage actuel.
Il était arrivé dans la région pour la première fois le 13 juillet 1915, cantonné dans les prés entre Wervicq et le Godshuis. Il appartenait à la 123e division d’infanterie, intégrée au 2e corps d’armée bavarois.
Enfin, un accord franco-anglais est conclu en vue de l’attaque sur la Somme.
Victime civile :
MARICHAL Ernestine, née à Ploegsteert, le 13 novembre 1896. Domiciliée à Ploegsteert et décédée aujourd’hui à 15h à l’hôpital civil de Bailleul. Agée de 20 ans, elle habitait au Petit Canard. Ses parents sont bouchers et tiennent un café. Elle a été blessée chez elle d’un éclat d’obus.
Sources :
Référence :
Auteur :
- Potié Jules
- Walle Jean-Claude
- Dumortier Henry
- Bourgeois Henri
- Jacques Fremaut
