Le Corentje encore puni

À Comines France, on affiche l’arrêté interdisant la circulation des civils entre Comines France et Comines Belgique à partir de demain, 30 octobre, et jusqu’au 1er décembre 1916.
Dès le matin, c’est un va-et-vient incessant entre les deux localités, un véritable jour de Nouvel An. Pour cette dernière journée, les sentinelles ne fouillent personne. Chacun en profite donc, de part et d’autre de la Lys, et, le soir, les magasins belges sont presque tous vides, surtout en ce qui concerne le tabac.
Certains viennent faire leurs adieux à leurs amis et à leur famille de l’autre côté de la Lys. Combien de temps cette mesure durera-t-elle ? On ne le sait pas, mais on pense qu’elle ne sera pas levée avant longtemps. Les uns estiment que les mercantis en sont responsables ; d’autres pensent que cette interdiction vise à mettre plus facilement la main sur les hommes. Enfin ! Nous attendrons.
Les habitants du Corentje, qui venaient ensemble à la messe du dimanche, encadrés par deux gendarmes, ne peuvent pas s’y rendre aujourd’hui, car l’un d’eux a été pris en faute la fois dernière en effectuant une commission.

Vendredi 27 octobre 1916, le délégué pour Lille, Gustave Cousin, a été prévenu à la dernière minute qu’il ne pouvait plus effectuer le trajet en voiture. Il doit désormais voyager sur le chariot et être accompagné partout par le gendarme. Il refuse de se soumettre à ces conditions pour les prochains déplacements.
