Noir comme dans un trou.

C’en est donc fini de la circulation entre la Belgique et la France. Les rues sont désertes. Beaucoup de gens entreprennent des démarches pour obtenir des laissez-passer, mais, après de nombreuses démarches, ceux-ci ne sont accordés qu’aux personnes dont l’emploi est indispensable à la Ville. Les ouvriers belges travaillant en France et les Français travaillant en Belgique ne peuvent plus franchir la frontière. Pour les consultations médicales, il faudra s’adresser aux médecins belges ou à celui de la Commandantur.
À partir de ce jour, les cartes de ménage sont délivrées selon un système de numéros. Chaque détenteur se voit attribuer une heure précise pour se rendre à l’hôtel de ville. Cela doit éviter les bousculades et les attentes prolongées.
Depuis quelques jours, de violentes attaques se déroulent sur le front, principalement le soir et la nuit. Le soir, lorsqu’on rentre, il fait noir comme dans un trou. C’est triste de voir Comines ainsi. Pour la première fois, on remarque des lueurs plus au nord, c’est-à-dire en direction du Cruyseecke.
Au Godshuis, un tracé a été réalisé. Les uns disaient qu’il était destiné à des tranchées, d’autres à une voie ferrée. On peut maintenant en juger : il s’agit d’une barrière de fil de fer barbelé, qui prolonge celle venant de la Montagne à Wervicq en direction des châteaux Hassebroucq.

