Toujours aux aguets.

Nous avons pu dormir un peu mieux, quoiqu’un aéro soit passé à minuit, jetant des bombes dans le lointain. Heureusement, nous n’avons rien entendu, mais beaucoup de gens passent des nuits blanches et restent constamment aux aguets.

Il fait un temps superbe, un véritable été de la Saint-Michel. Mais si les grandes personnes osent un peu sortir, il n’en est pas de même pour les enfants, qu’il faut laisser enfermés.

Appel à 15 heures, sans aéros, heureusement. Les vicaires et l’abbé Plovier ne doivent plus se rendre à l’appel en raison de l’heure des vêpres, mais ils doivent, après l’office, se présenter à la Commandantur.

Vers 16 heures, des aéros lancent des bombes entre Ten-Brielen et Comines. Vers 17 h 30, quatre obus vont éclater près de la fabrique Hassebroucq.

Vue aérienne Comines Ten Brielen – Fonds SHCWR

On affiche un appel aux ouvriers : maçons, charpentiers, mécaniciens, etc., ainsi qu’aux travailleurs de tous les métiers. Ceux qui connaissent un métier seront payés 4 francs par jour, ceux qui n’en connaissent aucun 3 francs, et les femmes appelées à travailler dans les blanchisseries 2 francs.

De plus, en abandonnant un tiers de leur salaire, les ouvriers peuvent se procurer des vivres dans les cantines aux prix pratiqués pour les soldats. Si un nombre insuffisant d’ouvriers se présente, la Ville devra les fournir.

On affiche également un arrêté interdisant de constituer des provisions de viande, de beurre, de graisse et d’œufs, à l’exception des vivres fournis par le Comité hispano-américain.

Les provisions ne peuvent dépasser les besoins de deux mois, à raison de vingt-six œufs par personne, 1,50 kg de viande et 1 kg de beurre ou de graisse.

De nombreux aéros circulent toute la soirée.

À Comines France, on s’étonne du manque de réaction des Allemands face aux passages incessants des avions alliés. Pas de Fokker à l’horizon et aucun tir depuis le sol.

L’abbaye Saint-Sixte de Westvleteren abrite également de nombreux Anglais dans des tentes installées aux alentours.

Les moines continuent à produire du fromage, sans toutefois pouvoir satisfaire l’ensemble des demandes. Les visiteurs sont priés de signer le livre à l’accueil.

On y trouve de nombreux éloges, mais aussi quelques piques acerbes concernant l’avarice des Pères. Ces derniers n’ont pas perdu leur temps à les effacer.

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