Des aéros dans le ciel de Comines

Après avoir passé une nuit peu tranquille, nous voici réveillés à 5 h 15 par des bombes qui tombent une nouvelle fois sur Comines France. Il nous faut tirer les enfants de leur sommeil pour aller à la cave.

Dans l’obscurité et le brouillard, les projecteurs fonctionnent constamment, mais ne parviennent pas à percer le brouillard. Les aéros sont très bas, à peine à hauteur des maisons. Vers 6 heures, nouvelles bombes sur Comines France.

Pas de victimes, heureusement, mais beaucoup de dégâts.

Un obus est entré par la façade de la maison de Madame Gallant et a éclaté à l’intérieur. Cinq autres sont tombés dans le jardin de la municipalité, quatre sur la fabrique Sigier et quatre sur la nouvelle usine Ducarin, où ils ont creusé un trou immense, sans toutefois casser un seul carreau.

Un autre est tombé rue de Quesnoy, sur une maison déjà atteinte ; un autre rue de Lille ; un autre encore à « L’Arbalète ». Celui-ci traverse la demi-cave de la maison voisine, où se trouvent cinq personnes. Elles ne reçoivent que des débris de mur et, heureusement, ne sont pas blessées. L’obus va ensuite éclater dans la citerne à eau de pluie du voisin. Des éclats traversent sa cave, qui est inondée, et la maison est complètement ébranlée.

Les bombes, quant à elles, sont tombées à plusieurs endroits. La première, sur la place du Rond-Point, ne brise que quelques pavés. La deuxième tombe près de la gare, dans l’écurie allemande, sans éclater. Deux autres tombent derrière, dans un jardin.

La journée se passe dans l’inquiétude. Les soldats, qui avaient prévenu hier qu’il tomberait des obus, en annoncent encore pour aujourd’hui. C’est qu’« ils » ont dû terriblement bombarder Armentières ou Poperinghe.

Ruines Comines – France / Fonds SHCWR

Les bombardements et la population civile

L’artillerie anglaise répond en effet souvent aux bombardements allemands par des tirs de représailles sur les positions et les arrières ennemis. Les Allemands, de leur côté, visent principalement les villes d’Armentières et de Poperinghe, dont ils ne sont jamais parvenus à s’emparer. Tout au plus avaient-ils pu, au début d’octobre 1914, faire une brève incursion à Armentières, au cours de laquelle ils avaient fait sauter les ponts.

Quesnoy est encore moins bien loti que nous et, presque chaque jour, ce sont des obus ou des bombes.

Comment comprendre que l’on nous bombarde à chaque instant et que nous ne puissions pas évacuer ? Horreur ! Il est certain que la population civile ne compte pour rien dans cette guerre et que l’on sacrifie vieillards, femmes et enfants sans aboutir à des résultats certains.

Nous ne pouvons comprendre comment les baraques, remplies de soldats et situées hors de la ville, ne reçoivent pas d’obus. Cette situation déprime la population et bien des personnes ne pourront supporter l’hiver dans ces conditions.

Un nouveau ballon est déjà venu remplacer celui qui avait été victime de l’attaque d’avant-hier.

Sources :

Retour en haut