3,5 cm d’épaisseur.

Malgré un vent violent, le ciel reste suffisamment dégagé pour permettre une intense activité aérienne. Des escadrilles alliées de quatre à cinq appareils se succèdent au-dessus de Comines. À plusieurs reprises, les habitants se précipitent dans leurs caves, redoutant un nouveau bombardement.

Vers 15 heures, un premier obus s’abat sur la ville. Dix minutes plus tard, un second explose, projetant une pluie d’éclats dans les cours, les jardins et les rues. Le bombardement se poursuit avec cinq obus de 305 mm, qui visent le secteur du nouveau pont du Bonaparte.

L’un de ces projectiles provoque les dégâts les plus importants constatés jusqu’alors. Il pénètre dans le pignon de l’estaminet du Moulin Blanc avant de traverser quatre maisons, qu’il détruit jusqu’au plafond du rez-de-chaussée. Par un véritable miracle, aucun civil n’est blessé. La maison Schindeler, située en face, subit d’importants dommages, tandis qu’un autre obus atteint l’usine Henri d’Ennetières.

Les éclats des projectiles sont retrouvés dans toute la ville. À la gare belge, un soldat est blessé. Aux Trois Ballots ainsi que sur la place, on ramasse de nombreux fragments de métal atteignant 10 à 20 centimètres de longueur pour environ 3,5 centimètres d’épaisseur, témoignant de la puissance destructrice de ces obus de très gros calibre.

THE BRITISH ARMY ON THE WESTERN FRONT, 1914-1918 (Q 711) 12 inch howitzer (Mark I) on railway mounting of the 89th Siege Battery, Royal Garrison Artillery being prepared for action; near Dickebusch, 14th June 1916. Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205072181

Depuis deux nuits, des baraques restent éclairées, faisant craindre qu’elles ne servent involontairement de repères pour l’artillerie ennemie. La Ville en informe la Commandantur, espérant éviter de nouveaux accidents.

À la brasserie du père Dumortier, une nouvelle organisation est mise en place. Le petit casino, réservé aux officiers demeurant à l’arrière lorsque leurs camarades sont au front, est supprimé. Désormais, les dix ou douze officiers restant sur place ne prendront plus leurs repas dans cet établissement.

Enfin, les habitants de Comines France sont toujours autorisés à se rendre en Belgique occupée, mais ils ne peuvent désormais franchir les barrières de la voie ferrée. Cette nouvelle restriction illustre le renforcement progressif du contrôle exercé sur les déplacements de la population civile.

Sources :

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