Les soldats meurent aussi sans prêtre

Le curé Delporte ne peut désormais presque plus aller visiter les malades du Korentje et de Bas-Warneton. À quatre reprises, on lui refuse l’autorisation de se rendre auprès d’un malade déjà administré depuis plusieurs jours. L’un des soldats lui répond froidement que des soldats meurent eux aussi sans prêtre.
Le calme semble quelque peu revenu pour l’instant.
Le casino des officiers est repeint et tapissé par les soldats eux-mêmes, jusqu’au coffre-fort. Les vingt-cinq officiers qui y séjournaient repartent ce soir vers les tranchées ; il n’en reste plus que six, mais toutes les salles demeurent à leur disposition. En outre, une chambre supplémentaire doit encore être cédée pour deux cuisiniers.

Ordre est donné d’évacuer le centre de Dickebusch ainsi que plusieurs rues voisines, à l’exception des cultivateurs et de leur personnel, pour autant qu’ils résident dans les fermes. L’évacuation est prévue pour le 25 du mois. Au 30 mai, tous les garçons de plus de quatorze ans et les filles de plus de seize ans devront également quitter le village.
À Dijon est présenté le premier drapeau de l’aviation militaire française, porté pour l’occasion par le célèbre pilote Georges Guynemer.
