Le plancher à disparu.

Le gel s’intensifie et une couche de neige épaisse de quatre doigts recouvre le sol. L’hiver s’installe tardivement : après un mois de janvier clément et presque doux, février se révèle froid, pluvieux et maussade. Beaucoup d’habitations étant détruites ou inhabitables, ces rigueurs deviennent difficilement supportables. On se blottit près du feu pour tenter de se réchauffer ; les rhumes se multiplient et l’on redoute des complications chez les enfants qui achèvent leur coqueluche.

Durant la nuit, le canon a continué de gronder comme la veille. Hier, des obus sont tombés sur Le Quesnoy, causant la mort de civils. Faute de charbon, Comines peut obtenir pour quinze jours quarante hectolitres de coke provenant de l’usine à gaz ; on s’en procure afin de le mélanger au combustible restant.

On découvre aujourd’hui que de belles pièces de chêne entreposées dans le grenier de la brasserie — poutres de deux mètres sur dix centimètres carrés — ont été prises par les brasseurs allemands, sciées puis brûlées avec de l’anthracite que le chauffeur ne parvient pas à utiliser. Une centaine de pièces ont disparu, ainsi que deux planchers de grenier. Le charpentier évalue les pertes à trois francs la pièce et cent francs pour les cent mètres carrés de planchers. Une plainte est adressée par lettre à la Kommandantur.

Sur le front de Verdun, la prise du fort de Douaumont par les Allemands provoque un moment de panique. Le général Philippe Pétain reçoit le commandement, réorganise le front en secteurs et ordonne de tenir les positions à tout prix.

Vue du fort de Douaumont. Photographie aérienne de1916 avant la prise par les Allemands – Creative Communs Wikimédia Commons

Dans le même temps, une commande de chars français est passée aux usines du Le Creusot, signe que la guerre entre dans une ère industrielle toujours plus mécanisée.

Sources :
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