Moi ce sera la même chose.que le cheval

Le bourgmestre, qui ne s’est plus rendu à Kortrijk depuis six semaines, peut enfin s’y rendre aujourd’hui, accompagné de deux officiers.
La brasserie Dumortier reçoit son indemnité : neuf brassins comptabilisés depuis le début de 1916 et quarante-cinq journées pour l’emploi du mulet durant le mois de février. On ne brasse plus, faute de malt ; seule la fabrication de limonade se poursuit encore. Les derniers Bavarois affectés à l’établissement s’apprêtent à partir, tandis que leurs successeurs prennent déjà connaissance des lieux et des méthodes.
À Verdun, les tirs de barrage de l’artillerie française parviennent à enrayer la poussée allemande, freinant la ruée engagée depuis plusieurs jours.
En Afrique, la conquête du Cameroun touche à son terme, marquant la fin de la présence coloniale allemande dans ce territoire.
Victimes civiles :
- BOUCHER Alfred, né à Ploegsteert le 20 mars 1867. Décédé ce jour à l’hôpital de Bailleul, rue d’Ypres, âgé de 52 ans.
Témoignage d’Augusta Bouchery : son mari tenait une forge non loin de la douane belge, à l’endroit même où un obus tomba le 3 janvier 1916. Atteint au dos, il fut grièvement blessé. La plaie s’infecta rapidement. Transporté à l’hôpital de Bailleul, déjà saturé de blessés, il y trouva des conditions précaires : les malades étaient installés dans des baraquements mal chauffés, exposés au froid de l’hiver. Le médecin, jugé incompétent, ne parvint pas à enrayer l’infection. À un visiteur venu prendre de ses nouvelles, il déclara avec amertume : « Tu as vu le cheval Sérout, blessé en même temps que moi et qui est mort ; pour moi, ce sera la même chose. ». Le même obus avait également blessé Léon Muylle et Prudence Caenen, élargissant encore la liste des victimes de cette journée tragique. - THOREZ Charles, né à Ploegsteert le 13 octobre 1910
- THOREZ Henri, né à Messines le 27 janvier 1841. Décédé à l’hôpital de Bailleul ce jour à 9 h.

