Paris attaqué.

D’importants mouvements de troupes se succèdent, arrivées et départs se relayant jour et nuit. Aucun coup de canon ne se fait entendre ; on se croirait presque en temps de paix, sauf l’agitation constante de la rue.
Le bourgmestre n’a pas pu se rendre à Courtrai : aucun passeport n’est délivré, pas même pour aller à Wervicq. Depuis Bas-Warneton, seules quelques personnes désignées sont autorisées à venir se ravitailler à Comines. Toute circulation en dehors du territoire communal et des barrières est désormais interdite. Un seul passeport est accordé par famille. En ville, le couvre-feu reste fixé à seize heures.
À Comines France, la taxe sur les chiens est exigée en marks : dix marks par animal. Il est possible d’obtenir cette monnaie au bureau allemand de change, moyennant une perte de quinze pour cent.
Ce lundi a lieu une visite sanitaire : vingt-six jeunes filles et femmes sont examinées par Mademoiselle Pottel et un médecin allemand. Ces contrôles se répètent régulièrement ; les personnes jugées malades sont envoyées à Tourcoing.
Les Allemands, assistés de civils, procèdent à l’abattage des frênes, noyers et autres bois précieux dans les jardins, notamment chez Ferrant et Van Elslande.
Au cimetière de Comines France, on dénombre pas moins de trois cents noms gravés sur les Massgräben.
Dans le même temps, des zeppelins attaquent Paris.
C’est aujourd’hui que le nouveau Vicomte de Ypres, le Maréchal Franch, passe l’inspection de l’infanterie et de l’artillerie lors de sa nomination comme commandant en chef des forces intérieures.
