Obligé de renvoyer les enfants de l’école

De 8 h 30 à 10 h 30, Comines-France est violemment bombardée. Les enfants doivent être renvoyés précipitamment de l’école et plusieurs parents, affolés, viennent les chercher eux-mêmes. Des soldats montent au clocher pour observer les environs.

La veille, vers 20 h 30, une intense préparation d’artillerie avait déjà débuté entre Wijtschate et Hooge. Vers 23 h, une forte odeur de gaz envahit les habitations. Dans les rues flotte un véritable brouillard, provoquant une vive inquiétude parmi la population. Il est impossible de déterminer s’il s’agit de gaz allemands, dont le vent aurait ramené les émanations, ou des premiers gaz employés par les Britanniques. Les combats se poursuivent toute la nuit.

À 4 h, des tirs contre des avions attirent de nouveau l’attention des habitants. Puis, vers 8 h, les premiers obus sifflent au-dessus de Comines-France. Une quarantaine de projectiles s’abattent sur la ville, les premiers à cadence très rapide, les suivants espacés d’une dizaine de minutes. Le bombardement cesse vers 11 h, laissant derrière lui un spectacle de désolation.

Les quartiers de la rue Gambetta, des Trois Ballots, de la Gaie-Perche et de la rue de la Gare sont particulièrement touchés. La tragédie frappe aussi les civils : la jeune Debray est tuée en sortant de l’école, tandis que la petite Gombert, âgée de dix ans, est grièvement blessée avant de succomber à ses blessures. La servante Brulein est tuée dans son magasin, tout comme l’épouse d’un ouvrier. Le fils Brulein compte également parmi les victimes. En fin de journée, le bilan s’élève à sept morts et plusieurs blessés, transportés vers l’ambulance de Bousbecque. Les dégâts matériels sont considérables.

Les bombardements sont également très violents sur Dranoutre, Kemmel et Dickebusch dans la matinée. En soirée, ce sont Messines et Wijtschate qui subissent à leur tour un déluge d’obus.

Malgré ce contexte dramatique, la procession de Comines-France est maintenue.

Pendant ce temps, sur le front de la Somme, débute la grande bataille de la Somme. Lancée par les armées britanniques et françaises, cette immense offensive vise à percer les lignes allemandes. Elle deviendra l’une des batailles les plus meurtrières de toute la Première Guerre mondiale, marquant durablement l’histoire par l’ampleur des pertes humaines et des combats.

Sources :
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