Fête à la Soldatenheim

Les Allemands fêtent toute la nuit dans leur Soldatenheim, installé au couvent des Sœurs de Notre-Dame.
À 23 h (minuit, heure allemande), les salves commencent : coups de fusil, de révolver, qui se poursuivent durant près d’une heure.
Les ordonnances, qui célèbrent le réveillon avec quatre camarades dans leur chambre, rejoignent les soldats rassemblés dans la cour de la brasserie Dumortier et tirent également. Les balles sifflent ; on se demande s’il n’y a aucun danger. Les enfants sont saisis par le bruit. Le reste de la nuit se déroule dans un vacarme incessant.
C’est le premier jour de l’année. Il pleut. Le temps est mauvais et de nombreuses maisons ont encore leurs toitures à nu.
Personne ne se sent en état de formuler des vœux. Tout laisse penser que l’année sera pleine d’imprévus.
Comines est en danger, nul ne peut le nier. Aura-t-on le temps de fuir ? Que serait un départ précipité avec des enfants, dont certains sont malades ?
Les Allemands ont électrifié la ville de Comines.
Un soldat allemand, posant le pied sur un fil électrique sectionné par les tirs de la nuit, est foudroyé devant le café du Rond-Point. Dans la rue de Wervik, deux chevaux gisent, électrocutés de la même manière.
Durant la journée, le canon gronde fortement.
Comme sinistre cadeau du Nouvel An, on apprend qu’à partir de demain tous les habitants de Comines Belgique devront être rentrés chez eux à 16 h 30. La raison demeure inconnue. Serait-ce une conséquence de l’explosion du cimetière ?
Les obus de jeudi sont tombés pour la plupart dans le centre de Wervicq Belgique.
Le 65e régiment d’artillerie de Ludwigsburg revient ce jour devant Ypres, après un long séjour en Russie. À son arrivée, les soldats sont accueillis par des pancartes ironiques brandies au-dessus des parapets ennemis, portant l’inscription : « A friendly welcome to our old XXVIth division ». Piqués au vif, ils se mettent aussitôt à réparer les positions qui leur avaient été confiées auparavant à Terhand, Molenhoek, Deimlingseck et Eksternest, avant de coopérer activement aux combats de la Côte 60.

Winston Churchill est désigné aujourd’hui pour prendre le commandement du 6th Royal Scots Fusiliers, avec le grade de lieutenant-colonel.
