Beaucoup de blessés.

Les blessés passent en grand nombre, à pied ou transportés dans des automobiles ; parmi eux, on voit également passer deux prisonniers canadiens.
Les maisons touchées par les obus sont tant bien que mal remises en état. On colmate, on rafistole avec les moyens du bord : papier bitumé, planches, matériaux de fortune. Partout, on tente de réparer sans vraiment reconstruire.
Une nouvelle ordonnance est affichée : il est interdit de conserver le moindre objet ayant appartenu à des soldats, sous peine d’une amende de mille marks ou de trois mois d’emprisonnement.
À Comines France, à partir du lendemain, les soldats ne pourront plus fréquenter les estaminets. Partout, on construit des baraquements, tandis que les cantines se multiplient. Les magasins, eux aussi, sont désormais fermés aux militaires.
Les hommes nés entre 1860 et 1870 sont convoqués au jardin public. Ils sont environ trois cents à répondre à cet appel, qui devra se renouveler toutes les quatre semaines, signe d’un contrôle de plus en plus organisé de la population.
À Comines, côté belge, certains cabarets sont supprimés pour être transformés en bureaux, preuve supplémentaire de l’emprise administrative qui s’étend sur la ville.
Au milieu de cette réalité lourde, une scène plus inattendue se déroule : un artiste peint la tour de l’église et le beffroi, vus depuis le jardin public. Cette œuvre est destinée à un musée de Munich.
Pendant ce temps, la ville de Furnes a été violemment bombardée ces derniers jours. Elle ne compte plus qu’une cinquantaine de civils. Malgré cela, les militaires s’apprêtent à célébrer, le lendemain, l’anniversaire du roi Albert Ier de Belgique, comme une parenthèse presque irréelle au cœur du conflit.

Paul von Hindenburg fête son jubilé d’or militaire.
