Que manger.

On recommence à délivrer des passeports pour les environs ; il était temps, car tout se fait rare. Le beurre se vend 9 francs, les œufs 7 sous pièce, la viande 3 francs la livre, et seulement quelques jours par semaine. On ne mange plus de beurre : il est remplacé par du sirop distribué par la mairie.
Par ce froid intense, les enfants font une rechute de coqueluche. Les quintes sont violentes ; ils vomissent abondamment, parfois jusqu’à cinq fois dans une seule soirée. Il est très difficile de se procurer du lait Nestlé pour les enfants.

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positioned in the upper right. All held within a red border.
image: the head and shoulders of two British soldiers. One soldier, a Highlander, holds… Copyright: © IWM. Original Source: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/31655
Les condamnations pleuvent : cinq, dix, parfois vingt marks. Le bourgmestre lui-même est condamné parce que son secrétaire a délivré un certificat d’identité à un illettré qui, arrivé à la Commandantur, s’est empressé de signer son passeport, ce qui constitue une infraction aux règlements allemands.
Henry Dumortier réclame à plusieurs reprises l’indemnité du mois de janvier pour cinq brassins, mais rien ne vient encore. Beaucoup de familles sont sans pommes de terre. Une question revient sans cesse : que manger ?
À Comines France, on procède à la vente de viande de cheval provenant d’animaux tués par des schrapnels. Les bouchers cominois débitent la viande en commun au cabaret de l’Étoile. Le prix est fixé à 1 franc 25 la livre de filet. Les bouchers sont rémunérés par la ville.
