Une Visite de politesse

La journée est calme et le froid est vif.
On annonce que le prix du pain augmentera de 10 % à partir de lundi. Le charbon est devenu introuvable, les autorités ne se rendent plus à Courtrai. Les farines arrivent toutefois régulièrement, l’argent est remis entre les mains des autorités de Wervicq.
Par l’intermédiaire du Comité hispano-américain, on peut parfois obtenir de la confiture pour remplacer le beurre, du saindoux, des allumettes, des bougies et du savon ; on espère recevoir bientôt des pommes de terre, car le riz et les haricots ne suffisent plus à nourrir la population.

Contrairement aux rumeurs qui circulaient le mercredi 16 février, Mademoiselle Maes serait sortie saine et sauve du bombardement de sa ferme. Les obus tombant en grand nombre autour des bâtiments, elle aurait détaché ses bêtes avant de s’enfuir. Ses parents, quant à eux, ont été emmenés en Allemagne.
Vers 17 heures, le lieutenant allemand Lorentz, homme d’une grande correction et juge de paix dans son pays, déjà logé chez nous en juin 1915, repasse par Comines et rend une visite de politesse à la brasserie Dumortier, accompagné de son ordonnance.
