Un char en projet.

Après une matinée assez calme, hormis les explosions de grenades à main qui recommencent ces jours-ci, le canon gronde tout l’après-midi et les obus tombent vers Warneton, faisant tout trembler. Lorsqu’ils éclatent, ils donnent l’impression d’une déchirure brutale.

Les vivres se raréfient : le beurre est introuvable, le sucre cristallisé atteint un franc la livre et le café devient difficile à obtenir. Seul le charbon reste accessible. Le bourgmestre obtient de moins en moins l’autorisation de se rendre le lundi à Courtrai pour le ravitaillement par le Comité hispano-américain.
À Comines France, on ne délivre plus d’autorisations pour se rendre à Lille, la ville étant isolée pour cause de typhus. Un camion traverse la ville chargé d’une vingtaine de cercueils.
À Dikkebusch, le 7ᵉ d’artillerie belge, stationné depuis mai 1915, se retire en France pour repos. Cette longue présence était exceptionnelle : jamais un détachement n’était resté aussi longtemps actif au même endroit.
Joffre définit son projet de char.
