De la musique dans l’église.

À Comines France, réunion du Conseil à huis clos chez le maire. Austreig y assiste sans avoir été prévenu.
La nuit dernière, des combats violents ont lieu sur tout le front. Dans l’obscurité, c’est saisissant de voir les lueurs des obus, les réflecteurs, etc. De plus, les cloches sonnent au loin, annonçant une attaque aux gaz. Il paraît que, dans la Somme, beaucoup de civils meurent asphyxiés.
Certains habitants, déjà très inquiets des dangers que la guerre peut faire courir aux membres de leur famille résidant dans la Somme, voient maintenant s’ajouter la menace des gaz.
À partir d’aujourd’hui, on commence à vendre des pommes de terre à la population : un kilo par personne, puis cinq kilos lundi prochain.
Un arrêté de la Commandantur oblige ceux qui possèdent des marrons sauvages et des glands à les livrer à l’autorité allemande, aux prix respectifs de 11 et 14 marks les 100 kilos.
On affiche une nouvelle fois que la lumière ne peut, le soir, filtrer par les fenêtres. À Comines France, beaucoup de personnes sont prises en infraction et punies d’une amende.
À partir de lundi, les classes seront obligatoires le matin et facultatives le soir.
Les rails du chemin de fer endommagés hier sont réparés. Les dégâts aux vitres dans les environs sont importants, jusque dans la rue d’Hurlupin.
Le gaz est coupé à partir de 20 heures. La ville est triste et noire.
Nous entendons jouer de la musique à l’église.

Entre Voormezele et Vierstraat, une violente attaque anglaise permet de capturer une trentaine d’Allemands, après un bombardement inouï.
Le pont-frontière, baptisé Ludwigsburg par les Allemands en novembre 1915, est désormais doublé d’un pont de bois, dont les travaux sont réellement achevés aujourd’hui.
